Affaire Tariq Ramadan : la version d’Henda Ayari remise en cause par les enquêteurs

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En octobre 2017, elle avait été la première à déposer plainte pour viol contre Tariq Ramadan. Entendue par la police judiciaire de Rouen, Henda Ayari, 40 ans, avait alors expliqué avoir été battue et violée par l’islamologue suisse dans une chambre d’hôtel parisien au printemps 2012.

Selon des informations du Point publiées jeudi 19 juillet et dont Le Monde a eu confirmation, les magistrats disposent désormais de « plusieurs éléments recueillis par les enquêteurs venant contredire les déclarations d’Henda Ayari sur le jour précis où elle assure avoir été violée ». Ce jeudi en fin de matinée, Henda Ayari et Tariq Ramadan ont été confrontés pour la première fois, pendant environ deux heures, dans le cabinet des trois juges d’instruction parisiens chargés de l’affaire.

Après avoir d’abord situé les faits entre la fin de mars et le début d’avril 2012, l’ancienne salafiste devenue militante féministe était revenue sur ses déclarations, assurant en fait avoir été violée le 26 mai 2012, dans une chambre de l’hôtel Crowne Plaza, place de la République, à Paris. Pour étayer ses déclarations, celle qui est domiciliée à Rouen a remis aux juges, lors d’une audition, le 24 mai 2018, un agenda de 2012 dans lequel elle avait noté, à la page du 26 mai, les horaires de départ et d’arrivée de son train Paris-Rouen (20 h 8 – 21 h 40).

Deux clichés photographiques

Or, les enquêteurs ont découvert que le 26 mai 2012 correspondait à la date du mariage de son demi-frère. Interrogé le 9 juillet, celui-ci a assuré aux policiers qu’Henda Ayari était présente à la cérémonie. Après avoir visionné des clichés et revu le DVD de son mariage, il ajoutait que sa demi-sœur était présente de 20 heures à 3 heures du matin environ. Après les déclarations du demi-frère de Mme Ayari, qui qualifie par ailleurs sa sœur de « manipulatrice » et de « mythomane ». Le lendemain de son audition, le demi-frère a remis aux policiers deux photos où il apparaît avec sa femme et Henda Ayari.

Autant d’éléments qui mettent en doute la version de la première plaignante. Elle avait assuré avoir pris contact avec M. Ramadan sur Facebook, afin de lui demander des conseils d’ordre religieux. Selon son témoignage, elle l’avait retrouvé dans un hôtel. Une fois dans la chambre, il aurait « sauté » sur elle, l’aurait giflée et violée, avant de lui proposer de l’argent pour prendre un taxi.

Après la plainte de Mme Ayari, deux autres plaintes pour viol avaient été déposées par deux autres femmes. Mis en examen au mois de février pour des faits de « viol sur personne vulnérable » et « viol », avant d’être placé en détention provisoire, Tariq Ramadan a toujours réfuté un quelconque viol. En revanche, il a reconnu avoir eu plusieurs relations extraconjugales.

Le Monde