Attaque au couteau à Paris : «cela devait arriver !»

Répandre l'amour de l'islam

François Dagnaud, le maire PS du XIXe arrondissement, s’insurge contre le retour du crack dans le quartier de Stalingrad et l’absence de réponse de la préfecture.

Sept personnes ont été blessées, dont quatre grièvement, par un homme armé d’un couteau et d’une barre de fer, dimanche soir à Paris, le long du quai de Loire, dans le XIXe arrondissement. Selon les premiers éléments de l’enquête, la piste terroriste n’est pas retenue, l’hypothèse privilégiée étant celle d’un individu souffrant de troubles psychiatriques sur fond de consommation de stupéfiants.

Ce drame intervient alors que depuis plusieurs mois, les riverains et la mairie s’inquiètent du retour du crack aux abords de la place Stalingrad. Entretien avec François Dagnaud, le maire PS du XIXe arrondissement.

Comment réagissez-vous à ces attaques au couteau dans votre arrondissement ?

FRANÇOIS DAGNAUD. Je fais le même constat que les parents d’élève et les habitants : malheureusement cela devait arriver ! Et nous avons la même exigence : cela ne doit plus se reproduire. Au printemps dernier, j’ai saisi la maire de Paris, Anne Hidalgo, et la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, sur la résurgence à ciel ouvert du trafic de crack dans le quartier de Stalingrad. Au mois d’août, j’ai écrit au préfet de police sur cette situation alarmante. Il m’a répondu très aimablement que le commissariat faisait son travail. Ce n’est pas le travail de la police ou du commissariat qui sont en cause, mais le manque d’effectif. Qu’attend-on de la police : qu’elle assure la sécurité des habitants et démantèle les filières de drogue.

Qu’est-ce qui vous permet de faire un lien entre le retour du crack et cette attaque au couteau ?

Il faut rester prudent et attendre les expertises toxicologiques. Mais beaucoup de témoignages concordants avancent que l’agresseur était connu comme toxicomane dans le quartier. On l’a vu errer, zoner. Par ailleurs, les témoins des agressions décrivent l’individu hagard, silencieux avec des yeux exorbités.

VIDÉO. «J’ai cru que j’allais mourir»

La réponse policière n’est pas suffisante ?

Même après cette attaque spectaculaire il n’y a pas plus de policiers dans le quartier. J’ai demandé un car de CRS supplémentaire et c’est impossible de l’obtenir. Je trouve cela consternant et inacceptable. Depuis plusieurs mois on constate une dégradation de la situation de la sécurité dans le quartier : mendicité agressive, intrusion dans les immeubles, comportement de violence… Cela plombe l’ambiance de ce quartier populaire où les habitants aiment flâner au moindre rayon de soleil.

Aujourd’hui, j’en appelle au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Il est impératif de prendre les mesures nécessaires pour rétablir la sécurité dans le quartier. J’ai des parents qui me disent qu’ils ont peur de conduire leurs enfants à l’école. Bien sûr, la réponse policière ne suffira pas à elle seule. Il faut aussi qu’elle soit accompagnée d’une politique sanitaire et sociale.

leparisien.fr