Comment accueillir le mois de Ramadan ?

Répandre l'amour de l'islam

À l’arrivée du mois de Rajab, nos prédécesseurs invoquaient Dieu en ces termes : “Ô Allah ! Bénis Rajab et Sha`bân et fais que nous atteignions le mois de Ramadân “. A notre tour, nous implorons Dieu : “Ô Seigneur des mondes, fais que nous atteignions le mois de Ramadan et que nous soyons recouverts de bien, d’aisance et de bien- faits”.

Il convient que le musulman accueille le mois de Ramadan avec une langueur fervente. Il s’agit en effet d’un mois béni que Dieu a généreusement offert à la communauté musulmane. C’est un mois où les musulmans célèbrent — en leur nom d’abord, mais aussi au nom de toute l’humanité — la guidance divine. Selon le hadîth rapporté par Wâthi- lah Ibn Al-Asqa` d’après le Prophète (saw), les Livres Di- vins ont tous été révélés pendant le mois du Ramadan. C’est pour cela que Dieu nous a demandé de le jeûner et de veiller dans la prière durant ses nuitées. Il nous a aussi appelé à y multiplier les œuvres pies et les gestes de bienfaisance afin d’imprégner nos cœurs des signes du bien et des valeurs de la religion. Ainsi, pendant le mois du Rama- dan, le musulman jeûne-t-il du lever au coucher du soleil, il prie la nuit, offre de la nourriture à ses frères et récite le Livre de Son Seigneur. Aucune autre communauté ne possède une telle pratique religieuse : seule la communauté musulmane récite dans la prière nocturne pendant le Ramadan le Livre qui contient sa Législation ; les musulmans — hommes et femmes, jeunes et vieux — se réunissent dans les mosquées pour écouter, mémoriser et réciter le Noble Coran pendant ce mois béni…

En répondant à la question du noble frère qui demande “Comment accueillir le mois du Ramadân”, je dirais : Nous devons l’accueillir en purifiant et en rectifiant nos intentions. Oui, nous devons corriger nos intentions et nous devons être habités par une langueur fervente pour l’adoration de Dieu en ce mois. Nous devons ressentir, au fond de notre cœur, que Dieu veut que nous célébrions à travers le Ramadan, la Législation Divine qu’Il a établie pour nous, la Législation de l’Islam, et non pas la législation de l’obscurantisme qui s’est répandue parmi nous. Hélas, tant de gens passent ces soirées à écouter des chansons et à suivre des feuilletons télévisés, alors que les nuits du Rama- dan sont destinées à la prière et la récitation du Noble Coran — les journées étant quant à elles destinées au jeûne et au travail.

Le Ramadan ne doit guère être la saison de la paresse et de l’oisiveté. Au contraire, c’est un mois où nous devons être pleins d’énergie et d’activité pour plaire à Dieu. C’est un entraînement et une éducation pour la communauté. C’est aussi pour cela que les batailles majeures dans l’His- toire de l’Islam eurent lieu pendant le mois du Ramadan.

Nous nous rappelons la grande bataille de Badr qui se dé- roula pendant le Ramadan. Nous n’oublions pas non plus que notre bataille contre les Tatars eut lieu pendant le Ramadân ; les musulmans remportèrent une victoire insoupçonnée.

C’est pour cela que nous devons purifier nos intentions et rectifier nos actes. Nous devons faire du mois de Ramadân une saison de bien et de bénédiction. L’Ange Gabriel venait au Messager de Dieu (saw) pendant le mois du Ramadân pour lui enseigner le Coran. Lorsqu’il s’en allait, le Messager de Dieu (saw) allait voir les gens et il était plus généreux que le vent envoyé par Allah [3].

Le Ramadan doit être une saison d’éducation pour pro- mouvoir l’éthique et les bonnes manières. Les gens qui fument ou ceux qui font éclater leur colère prétextant que les autres en sont la raison, ceux-là contredisent l’esprit et la lettre de l’Islam… Pendant le mois du Ramadân, le musulman doit être calme, serein et pacifique. Si jamais quelqu’un l’insulte, sa réponse doit être : “Je jeûne… Je jeûne”, sans lui rendre les insultes. Le Prophète (saw) a dit : “Lorsque vous jeûnez, point de rapport intime et point de perversité pendant le jeûne”.

Pendant ce mois, le musulman a tant de choses à apprendre sur le plan de l’éthique et celui de la pratique.