Côte d’Ivoire: le taux de sous-utilisation de la main d’œuvre estimé à 27%

Abidjan (Côte d’Ivoire) – En Côte d’Ivoire, le taux de sous-utilisation de la main d’œuvre est de 27%, a annoncé, jeudi, à Abidjan Sophie De Conninck du Bureau pays de l’Organisation internationale du travail (OIT).

S’exprimant au nom du Directeur pays de l’OIT à l’ouverture d’une session de sensibilisation des administrations publiques et des organisations du secteur privé partenaires du Comité de concertation État-secteur privé sur la déclaration de principes tripartites sur les entreprises multinationales et la politique sociale (Déclaration sur les EMN), Mme De Conninck a souligné que 35,5% des travailleurs sont pauvres en Côte d’Ivoire et le taux d’emploi informel culmine à 93,6%.

Pour elle, la situation de l’emploi en Côte d’Ivoire offre un tableau qu’il ‘’nous faut encore améliorer’’.

‘’Selon l’enquête sur la situation de l’emploi et le secteur informel (ENSESI 2016) en Côte d’Ivoire, le taux de sous-utilisation de la main d’œuvre est de 27%’’, a poursuivi Mme De Conninck.

Se fondant sur le rapport mondial sur l’investissement de juin 2017 qui indique que les flux des investissements directs étrangers (IDE) à destination de l’Afrique de l’ouest a augmenté, elle a exhorté les acteurs nationaux à faire en sorte que ‘’ces entreprises qui s’installent contribuent à la création d’emplois décents pour nos jeunes femmes et nos jeunes hommes’’.

Selon Mme De Conninck, cette session devrait permettre de définir les actions prioritaires afin de promouvoir et d’appliquer la ‘’déclaration sur les EMN’’ en Côte d’Ivoire.

‘’La déclaration sur les EMN à un double objectif. Notamment, celui d’encourager les entreprises multinationales à concrétiser le travail décent et celui d’atténuer et de résoudre les difficultés que leurs diverses opérations peuvent soulever’’, a-t-elle, par ailleurs expliqué annonçant que l’assistance de l’OIT se poursuivra dans les semaines à venir à travers des formations qui permettront à la Côte d’Ivoire d’avoir un groupe de personnes ressources.

A son tour, la Secrétaire exécutive du Comité de concertation État-secteur privé, Mariam Fadiga-Fofana s’est satisfaite de la tenue de cet atelier estimant qu’elle ‘’cadre avec notre ambition de faire du dialogue public-privé, un levier de promotion du développement socioéconomique’’.

‘’Il est de bon aloi de promouvoir la déclaration sur les EMN’’, car elle ‘’vise à maximiser l’impact socioéconomique des investissements directs étrangers’’, a-t-elle ajouté. Poursuivant, elle a soutenu que la ‘’bonne progression’’ des IDE en Côte d’Ivoire ‘’interpelle’’ son institution.

Pour ce faire, il y a lieu, selon elle que les pouvoirs publics tirent profit de cette bonne dynamique en s’assurant toutefois qu’elle ‘’engendre des retombées sociales’’. ‘’Il importe que le secteur privé dans sa globalité joue davantage un rôle social au-delà de son rôle économique’’, a exhorté Mme Fadiga-Fofana.

La déclaration de principes tripartites sur les entreprises multinationales et la politique sociale ( déclaration sur les EMN) du BIT, adoptée il y a quarantaine d’années puis révisée à deux reprises, est un instrument de ‘’portée mondiale’’ qui s’adresse aux multinationales, aux gouvernements et aux organisations d’employeurs et de travailleurs. Cette déclaration fournit une orientation directe aux entreprises sur leur politique sociale et sur les pratiques inclusives, responsables et durables en milieu de travail.

LB/ls/APA