l’auto-interrogatoire

Répandre l'amour de l'islam

En réalité, la repentance et l’interrogatoire de soi sont en corrélation et interaction, car la première conduit à la seconde et celle-ci influe sur l’application et la durabilité de celle-là (la repentance) d’une part, et elle conduit, avant la repentance, à la repentance d’autre part. En effet Allah dit: «O vous qui croyez! Craignez Dieu! Que chacun considère ce qu’il a préparé pour demain! Craignez Dieu! Dieu est parfaitement informé de ce que vous faites. Ne ressemblez pas à ceux qui oublient Dieu; Dieu fait qu’ils s’oublient eux-mêmes. Ceux-là sont les pervers». (S 59: 18-19) Or, l’énoncé «Que chacun considère ce qu’il a préparé pour demain» est un ordre pour chaque croyant de se demander des comptes, de s’interroger sur ses actes, et de voir ce qu’il a accompli pour la vie future: a-t-il fait un bien ou un mal? S’il a fait un bien, dans quelle mesure ce bien est fait purement pour la Face d’Allah et non pour un intérêt personnel? Sachant que ce qu’il accomplit pour l’amour d’Allah s’inscrira pour toujours à son crédit, alors que ce qu’il a fait pour lui-même disparaîtra, comme l’affirme le Noble Coran: «Ce qui se trouve auprès de vous s’épuise; ce qui se trouve auprès de Dieu, demeure».

(Sourate al-Nahl, 16: 96) Chose intéressante à remarquer, l’énoncé qui termine le dernier verset ci-dessus: «Ne ressemblez pas à ceux qui oublient Dieu; Dieu fait qu’ils s’oublient euxmêmes. Ceux-là sont les pervers» signifie que négliger de se demander des comptes est le fait de ceux qui oublient Allah et qu’Allah punit ceux qui L’oublient de l’oubli d’eux-mêmes, lequel oubli est on ne peut plus grave et lourd de conséquences même pour quelqu’un qui ne s’occupe que de ses propres intérêts ou qui ne s’intéresse qu’à soi-même. Il nous reste à noter que l’oubli de soimême consécutif à l’oubli d’Allah se produit ou s’explique de la façon suivante: 1- Celui qui oublie Allah oublie en fait ses propres intérêts eschatologiques (de la Vie future), lesquels sont les plus importants puisque, les seuls durables et éternels; or négliger ses propres intérêts équivaudrait à l’oubli de soi-même, autrement comment peut-on ne pas s’occuper de ses propres intérêts, si ce n’est par l’oubli de soi-même?! 2- Il oublie et néglige l’importante énergie de bonté qu’Allah a déposé, par Sa Grâce, dans sa nature innée; or l’oubli de cette importante énergie équivaudrait là également à l’oubli de soimême. Cette expression coranique (l’oubli du soi) ressemble à une autre expression significative employée à plusieurs reprises dans le Coran, à savoir la «perte de soimême» ou littéralement «ceux qui se perdent eux-mêmes».

(2) Il y a beaucoup de Récits sur la nécessité de se demander des comptes: 1- On rapporte que l’Imâm Zayn al-‘Âbidine (S) dit: «O fils d’Adam! Tout ira bien pour toi tant que tu resteras autoprédicateur, tant que tu te soucieras de ton examen de conscience, tant que la crainte d’Allah sera ta devise et la vigilance ta couverture! O fils d’Adam! Inévitablement tu mourras un jour, tu seras ressuscité et présenté devant Allah! Prépare donc ta réponse». 2- Selon Ibrâhîm Ibn ‘Omar al-Yamânî, l’Imâm Mûssâ Ibn Ja’far al-Kâdhim (S) dit: «N’est pas des nôtres quiconque ne s’interroge pas chaque jour sur ses actes pour ensuite prier Allah de le conduire à faire davantage, s’il constate qu’il a fait le bien, et demander pardon à Allah et se repentir devant Lui, s’il se rend compte qu’il a commis le mal». 3- Le Noble Prophète (saw) recommanda à son fidèle Compagnon Abû Tharr al-Ghifârî: «O Abû Tharr! Demande-toi des comptes avant qu’on te les demande, car ce sera plus facile pour toi, lorsque tu seras interrogé demain; metstoi dans la balance avant qu’on ne t’y mette et prépare-toi pour la Grande Exposition, où rien ne pourra être caché à Allah! O Abû Tharr! Un homme ne saurait être considéré comme pieux avant de s’être demandé des comptes d’une façon plus tatillonne que celle dont un associé demande des comptes à son coassocié. Qu’il s’interroge sur l’origine de ce qu’il mange, de ce qu’il boit et de ce qu’il porte! L’a-t-il obtenu d’une façon légale ou illégale?! O Abû Tharr! Lorsque quelqu’un ne se soucie pas de la façon dont il a obtenu ses gains, Allah ne se soucie pas de quelle façon IL le fera entrer en Enfer!».