LE PDCI NE PEUT PAS FAIRE UNE ALLIANCE AVEC LE FPI

LOUIS-ANDRE DACOURY-TABLEY
Répandre l'amour de l'islam

Peu prolixe, l’ancien ministre, actuel député de Gagnoa-commune, Louis André Dacoury-Tabley, s’est ouvert à la presse, le dimanche 18 mars 2018, en sa résidence de Kpapékou (village à 13km de Gagnoa). C’était en marge de la célébration de sa nomination en qualité de vice-président du Rassemblement des républicains (Rdrl chargé du Goh, par ses frères du village voisin de Kokouézo Que représente, pour vous, cette cérémonie ? Je suis heureux que ce ne soient pas des opportunistes de la ville, mais plutôt des villageois de Gagnoa qui viennent me féliciter parce qu’on m’a fait une promotion au Rdr. Vous vous rendez compte ? Je leur ai dit qu’ils ont posé un acte fort et que, bien sûr, ils se feront apostropher par d’autres gens. Ici à Gagnoa, nous maintenons la paix dans la région grâce à des personnes comme Djédjé Bagnon qui sont venues nous trouver en chemin depuis 2011, quand nous sommes venus sur place. Voilà quelqu’un qui a le charisme dans la région, et tous ceux qui le boycottent n’ont rien compris. Ici, c’est la région de Laurent Gbagbo, comme Kong et ses environs sont la région d’Alassane Ouattara, ou encore Daoukro et ses environs, la région de Bédié. C’est l’harmonisation des différences qui forme nos républiques africaines. Les responsables qui y sont font ce qu’ils peuvent pour que le pays puisse fonctionner.

 

Redoutez-vous une alliance entre le Front populaire ivoirien (Fpi) et votre allié actuel, le Parti démocratique de Côte d’ivoire (Pdci) ?

Je n’y crois pas. Une telle alliance vous gêne ? Ça ne me gêne pas du tout. Contrairement à ce qu’on croit, c’est le Pdci que cela va gêner. Ils n’ont rien à voir l’un avec l’autre. C’est certainement parce que certains journalistes et acteurs de la vie sont jeunes qu’ils croient à cette alliance.  C’est théorique. Sinon le Pdci ne peut pas faire une alliance avec le Fpi. Ce n’est pas possible. Souvenez-vous demain de ce que je suis en train de vous dire aujourd’hui.

Qu’est-ce qui fonde votre certitude ?

Il y a des antinomies absolues qui ne peuvent pas marcher. Je veux bien me tromper, mais je ne sais pas ce que ça va donner. Une alliance avec le Pdci, moi qui prétends être informé de ce qui se passe en Côte d’ivoire, je ne crois pas du tout à cet attelage. Vous ne semblez croire qu’à une alliance entre Pdci et Rdr ? Nous sommes dans une situation difficile en Côte d’ivoire. On n’a vécu des crises. Qui va mettre fin à la crise ? Voilà la question. Pensez-vous que le Pdci et le Fpi, avec ces discours qu’ils ont (…), pensez-vous que cela peut apaiser la Côte d’ivoire ? On nous parle de choses qui nous ont effrayés, qui ont fait que des gens sont allés en exil. On nous les ramène encore aujourd’hui, et on menace de faire une alliance avec ça. Mais nous on vous regarde. Ça ne marchera pas, parce qu’on ne veut pas de ça. Ils peuvent s’allier, mais leur idéologie-là, on n’en veut plus : l’ivoirité.

L’opposition juge le Sénat inutile. Que dites-vous ? Eux, ils ont toujours caressé leur nombril.  La star du reggae Tiken Jah trouve aussi le Sénat inutile… Je ne le connais pas bien, mais j’aime bien ses chansons. Qu’il sache que chacun est chez lui. Je ne sais pas chanter. Quels sont vos rapports avec le professeur Maurice Kacou Guikahué, fils de Gagnoa comme vous et numéro deux du Pdci, actuellement dans la ligne de mire de dirigeants du Rdr ? Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas eu de difficultés pour la région. Sur les débats nationaux, je répète que tant que je n’ai pas entendu les présidents Bédié et Ouattara dire qu’ils ne sont pas pour le Rhdp, pour moi, le reste, c’est du décor. On écoute les gens et on regarde. Ce qui m’importe est que le Rhdp nous garantit la paix. On doit faire en sorte que cette alliance nous apporte d’autres choses bonnes en Côte d’ivoire. Ceux qui sont contre, c’est qu’ils ne voient pas le côté national, mais plutôt leur ambition personnelle. Ils ont peur de se perdre dans un grand ensemble, et donc il s’agit de mouvements de panique. Pour l’heure, on les écoute, sinon nous regardons Bédié et Ouattara.

 

 

                                                                                          Abraham Sahié TOURE

                                                                                           Correspondant régional