«Les épinards sont très riches en fer» et 9 idées reçues sur l’alimentation

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Certaines de nos habitudes alimentaires sont dictées par des croyances bien ancrées. Le Figaro a choisi d’en décrypter quelques-unes.

  1. En vieillissant, on a moins besoin de manger

Il est vrai que nombre de personnes âgées ont peu d’appétit, parfois à cause de troubles digestifs ou métaboliques, du stress, voire d’une dépression. Mais il faut absolument y remédier en proposant aux seniors un régime équilibré, vitaminé et protéiné et évitant toute monotonie, pour répondre à des besoins nutritionnels et à des dépenses énergétiques en rien diminués par l’âge. Sans oublier le plaisir de manger, important à préserver: une part de gâteau ou un verre de vin, si possible en bonne compagnie.

  1. L’huile d’olive est la meilleure des matières grasses

Sans nier ses propriétés bénéfiques – ses acides gras mono et polyinsaturés jouent un rôle important dans la prévention des maladies coronariennes -, elle est relativement pauvre en oméga-3 prisés par les nutritionnistes. Ces derniers recommandent de mélanger au quotidien deux huiles, celle d’olive et celle de colza, pour un bon rapport oméga-3 -oméga-6. Et de faire attention à ne pas les faire chauffer à de trop hautes températures. Enfin, rien ne sert de diaboliser beurre et crème fraîche, si leur consommation reste modérée.

  1. Le procédé de conservation UHT préserve toutes les vitamines

Le procédé UHT (pour haute température) consiste à chauffer le lait pendant 5 secondes afin de détruire les microbes et de désactiver les enzymes. Ce faisant, une partie des vitamines A et B contenues dans le lait de vache est détruite. Mais cette perte est limitée, et les avantages du procédé (destruction des pathogènes et longue conservation) lui ont assuré le succès auprès des consommateurs. 

  1. Les épinards sont très riches en fer

Pas franchement. En tout cas, bien moins que les lentilles (3,3 mg/100 g), le boudin noir (20 mg/100 g) et les algues (plus de 100 mg/100 g)! C’est à une erreur de la secrétaire du biochimiste allemand Emil von Wolff, qui travaillait sur les données nutritionnelles des aliments, que l’on doit cette légende: une virgule mal placée, et la teneur en fer des épinards, de 2,7 mg/100 g, est devenue 27 mg/100 g! C’était en 1870… et l’arrivée de Popeye aux muscles dopés au fer a renforcé la croyance.

  1. Mieux vaut boire du thé vert que du thé noir

Pas exactement. La consommation des deux thés est bonne pour la santé, même si le vert bénéficie d’une image particulièrement favorable auprès du public. Ses feuilles séchées mais non fermentées sont en effet riches en antioxydants: pholyphénols, catéchines, et en particulier une substance bénéfique baptisée EGCg. Comme le processus de fermentation qui crée le thé noir transforme ce composé, on a conclu, un peu vite, que le thé vert était meilleur. Or on a découvert que les théarubigines, substances qui donnent la couleur et le goût au thé noir, sont également antioxydantes. Il reste à confirmer l’effet positif de ces molécules contre les affections cardiaques. Autant choisir son thé selon ses goûts.

  1. Manger de la soupe fait grandir

Pas du tout. Les enfants à qui l’on assène ce dicton savent bien qu’il s’agit d’une basse manœuvre parentale pour leur faire avaler des légumes… Lesquels, vitaminés, sont bons pour la croissance, mais certainement pas capables à eux seuls de vous faire gagner quelques centimètres. Les protéines, elles, sont le véritable carburant de la croissance au moment de l’adolescence, qu’elles soient d’origine végétale (légumineuses) ou animales (viandes, œufs…).

  1. Les huîtres sont trop riches en cholestérol

Pas vraiment. Elles contiennent autour de 50 mg pour 100 g de produit (en comparaison, 80 mg pour trois petites côtes d’agneau), soit une quantité modérée. Surtout, l’huître est riche en acides gras polyinsaturés, notamment ceux de la famille des oméga-3, bons pour la santé cardiaque.Il n’est donc pas pertinent de les exclure, d’autant qu’elles nous apportent des vitamines du groupe B, des minéraux et des oligoéléments. 

  1. Le pamplemousse regorge de bienfaits

Pas tout le temps. Sous forme de jus, il est à éviter pour ceux qui prennent certains médicaments contre le cholestérol, notamment la simvastatine. De même, pour des immunosuppresseurs prescrits contre les rejets de greffe. La raison: le jus de pamplemousse peut augmenter l’absorption de certains médicaments dans l’organisme, et augmente donc les effets secondaires. Il est recommandé d’éviter de boire du jus dans les deux heures avant la prise de médicaments et de limiter sa consommation. Et surtout d’en parler à son médecin.

  1. Les additifs alimentaires sont cancérigènes

Pas vraiment. Depuis des années, un document sur des additifs alimentaires soi-disant cancérigènes émanant d’un mystérieux «hôpital de Villejuif», circule en France. Les informations qu’il contient sont fausses. Les autorités sanitaires rappellent que chaque additif est soumis à autorisation officielle après études sur son innocuité. Ce qui ne veut pas dire que ces produits très largement utilisés par l’industrie agroalimentaire (colorants, antioxydants, agents de texture) ne soient pas, parfois, problématiques pour notre santé. Par exemple, certains peuvent provoquer des allergies, et d’autres, suspectés de provoquer des troubles et sont surveillés par les autorités sanitaires.

  1. Le lait de chèvre est le meilleur

Le lait de chèvre est devenue très populaire auprès du public parce que sa composition est la plus proche du lait maternel humain. Il est légèrement plus riche en protéines que le lait de vache et est mieux pourvu en vitamines et minéraux. Mais il est aussi plus gras. De plus, la consommation de laits de chèvre ou de brebis peut provoquer des allergies (différentes de celles liées au lait de vache).

lefigaro.fr

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