🕋 Hadj 2025 : Le défi du premier vol raconté par l’Imam Sy

🕋 HADJ 2025 – Interview exclusive avec l’Imam Oumar Moustapha Sy

« Le groupe 1 porte l’image de toute la Côte d’Ivoire »

Chef du vol inaugural du Hadj 2025, l’Imam Oumar Moustapha Sy  est une figure bien connue de l’encadrement religieux du pèlerinage en Côte d’Ivoire. Habitué des lieux saints depuis plus d’une décennie, il revient ici pour Islam Info sur l’organisation du groupe 1, les consignes données aux pèlerins, et les enjeux spirituels de ce voyage sacré.

 

Islam Info : Présentez-vous à nos lecteurs.
Imam Oumar Moustapha Sy : Je suis Imam Omar Moustapha Sy, chef du groupe 1 du Commissariat du Hadj pour cette édition 2025. Je suis également imam dans une mosquée à yopougon . C’est pour moi un honneur et une grande responsabilité d’accompagner le tout premier groupe de pèlerins ivoiriens vers les lieux saints de l’Islam.

Est-ce la première fois que vous participez au Hadj en tant qu’encadreur ?
Non, pas du tout. Depuis 2013, je suis impliqué dans l’organisation du Hadj, et depuis 2019, je pars chaque année avec les pèlerins. Donc j’ai l’habitude. L’expérience m’a beaucoup appris sur la gestion des groupes et les réalités du terrain à La Mecque et Médine.

 

Le départ du premier vol est souvent délicat. Est-ce un moment stressant ?
Oui, c’est toujours un peu stressant, surtout pour le premier vol. Il y a une forte pression car tout le monde nous regarde. Mais grâce à Dieu et à l’expérience accumulée, nous arrivons à bien gérer. Il faut saluer aussi le travail remarquable du Commissariat du Hadj, qui, depuis plusieurs années, fait de l’organisation ivoirienne une référence au niveau international.

 

Quelles sont les consignes spirituelles et pratiques que vous transmettez aux pèlerins avant le départ ?
Nous insistons sur quatre aspects de préparation : physique, mentale, spirituelle et intellectuelle. Le Hadj n’est pas un simple déplacement, c’est un acte d’adoration majeur. Il faut être prêt à faire face à la foule, à la chaleur, à la fatigue, tout en gardant la foi, la patience et la discipline. Le pèlerin qui a suivi les formations préalables est bien armé pour accomplir son Hadj dans de bonnes conditions.

Quels dispositifs sont en place pour garantir la sécurité et le confort des pèlerins ?
Plusieurs commissions ont été mises en place par le Commissariat : sécurité, hébergement, santé, accompagnement social, etc. Chaque pèlerin est suivi et encadré dès son départ d’Abidjan, jusqu’à son retour. Nous avons des équipes spécialisées qui travaillent 24h/24 pour veiller sur eux. Le pèlerin est vraiment pris en charge comme un membre de la famille.

 

Quelles difficultés rencontrez-vous le plus souvent sur le terrain ?
Ce qui complique souvent les choses, ce sont les pèlerins qui n’ont pas suivi la formation. Ils ne sont pas préparés à ce qu’ils vont vivre : les longues files d’attente, la diversité des langues, des cultures, les consignes religieuses à respecter, etc. Le Hadj demande énormément de patience, de persévérance, et aussi de solidarité. Ceux qui sont préparés savent à quoi s’attendre et vivent mieux cette expérience unique.

 

Y a-t-il un caractère particulier lié au groupe 1 ?
Absolument. Le groupe 1, c’est le tout premier vol. Il ouvre la voie aux 17 autres convois qui suivront. C’est donc un groupe symbolique, car il donne l’image de toute la Côte d’Ivoire dès l’arrivée en Terre Sainte. C’est une responsabilité importante. Le comportement, l’organisation, la discipline du groupe 1, tout cela influence la perception des organisateurs saoudiens et des autres délégations sur les pèlerins ivoiriens. Nous devons donc être exemplaires.

 

Combien de personnes compose ce premier groupe ?
Nous avons 388 pèlerins à bord du vol numéro 1, accompagnés de 26 encadreurs bien formés, chacun avec des rôles précis dans les différentes commissions. C’est un groupe conséquent, mais bien structuré. Oui, c’est une lourde tâche, mais c’est aussi une mission spirituelle. Avec l’aide de Dieu, tout se passera bien.

Un mot de fin ?
Je remercie Islam Info et l’ensemble des médias qui nous accompagnent. Votre présence permet de rassurer les familles, de transmettre les bonnes informations, et de valoriser le travail fait sur le terrain. Le Hadj n’est pas un voyage ordinaire. C’est un mois loin de sa famille, dans un pays étranger, avec des milliers d’autres pèlerins. Cela demande une foi sincère, beaucoup de patience, et une grande solidarité. Que Dieu accepte le Hadj de tous nos frères et sœurs.

 

🖋️ Propos recueillis par : Diané Moussa – Journaliste à Islam Info.