À travers la lecture intensive du Saint Coran, les pèlerins ivoiriens mobilisent leurs invocations pour la stabilité, l’unité et la paix durable en Côte d’Ivoire.
Samedi 16 mai 2026 correspondant au 29 zoul qa’ada 1447H à La Mecque. Dans une atmosphère de recueillement et de spiritualité intense, les pèlerins ivoiriens ont entamé ce matin à La Mecque les traditionnelles séances de lecture du Saint Coran, un moment fort du Hadj ivoirien marqué par des invocations pour la paix, la stabilité et la prospérité de la Côte d’Ivoire.
Pour retracer l’origine de cette pratique devenue incontournable au sein de la communauté ivoirienne, l’imam Moumine Ouattara, imam principal de la grande mosquée de Genève 2000 à Abidjan et chef du département Hadj du COSIM, a livré un éclairage historique riche de sens.

« Depuis que l’État a confié l’organisation du Hadj aux musulmans en 1993, nos aînés ont estimé qu’en venant sur cette terre sainte, il fallait prier pour notre pays, pour les autorités et pour la paix », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette initiative est née sous l’impulsion de grandes figures religieuses ivoiriennes, notamment le défunt Cheikh Boikary Fofana, l’imam Koudous ainsi que plusieurs autres guides spirituels.
À l’époque, les pèlerins passaient jusqu’à huit jours à Médine avant de rejoindre La Mecque, ce qui permettait d’effectuer plusieurs lectures complètes du Coran. Aujourd’hui, avec un séjour réduit à trois jours dans la ville du Prophète (PSL), la majeure partie des lectures se poursuit désormais à La Mecque.

« Nous faisons ces lectures jusqu’à la veille du départ pour Mina. Ensuite viennent les bénédictions finales et les grandes invocations dirigées par les aînés désignés par le Cheickhoul Aïma », a précisé l’imam Moumine Ouattara.
Chaque année, ces séances se déroulent entre La Mecque et Mina, selon les circonstances organisationnelles du Hadj. Pour cette édition 2026, les responsables religieux espèrent tenir la grande bénédiction à Mina, lieu hautement symbolique du pèlerinage.
Présent lors du lancement des lectures coraniques, l’imam Timité Ahmed Koudouss, représentant du Cheickhoul Aïma Ousmane Diakité et Amir Hadj 2026, a insisté sur l’objectif principal de ces invocations collectives : la paix en Côte d’Ivoire.
« Nous devons prier pour nous-mêmes, pour notre pays, pour le président de la République et son gouvernement. Car sans paix dans un pays, personne ne peut être en paix », a-t-il déclaré.

L’autorité religieuse a rappelé que les pèlerins ivoiriens ont pour habitude de lire plusieurs fois intégralement le Coran durant le Hadj.
« Certaines années, nous lisons le Coran 20 fois, d’autres années 25 ou même 30 fois », a-t-il souligné.
Cette année, malgré l’arrivée progressive des pèlerins entre Médine et La Mecque, la mobilisation reste exceptionnelle. Dès cette première journée officielle à La Mecque, la communauté ivoirienne a réussi à effectuer trois lectures complètes du Saint Coran.
Face aux quelque 10 000 pèlerins ivoiriens attendus cette année en terre sainte, l’Amir Hadj 2026 a également adressé un message fort à ses compatriotes.
« La première chose, c’est la crainte d’Allah. Ensuite, il faut beaucoup prier. Ici à La Mecque, il faut multiplier les tawafs, lire le Coran et attendre les prières dans la sérénité », a conseillé l’imam Timité Koudous.
Il a aussi appelé les pèlerins à faire preuve de discipline, particulièrement dans les hôtels et les lieux de regroupement.
« La discipline fait partie des enseignements de l’islam », a-t-il insisté, évoquant notamment les mouvements de foule observés autour des ascenseurs.
Très reconnaissant envers les autorités ivoiriennes pour les conditions offertes aux pèlerins cette année, l’Amir Hadj n’a pas manqué de saluer les efforts du président de la République, Alassane Ouattara.
« Regardez où nous sommes logés. Les pèlerins ivoiriens sont dans d’excellentes conditions. Même ici en Arabie Saoudite, quand on dit qu’on vient de Côte d’Ivoire, les gens nous respectent », a-t-il affirmé avec émotion.
À travers ces lectures du Saint Coran et ces invocations collectives, les pèlerins ivoiriens veulent ainsi faire du Hadj 2026 un moment de spiritualité profonde, mais aussi un puissant acte de prière pour l’unité nationale, la stabilité et la paix durable en Côte d’Ivoire.
DIANE MOUSSA
