Il fut l’un des rocs de la défense du FC Barcelone, un guerrier au maillot frappé de blaugrana, un champion du monde sous le maillot tricolore. Mais en 2007, Eric Abidal a vécu un tournant bien plus intime que la signature d’un contrat ou la levée d’une Coupe aux grandes oreilles : sa conversion à l’islam. Une révélation foudroyante, qu’il raconte aujourd’hui avec une franchise déconcertante.
« Tout mon parcours est naturel. Le choix de me convertir à l’islam ne s’est pas fait à cause de ma femme, mais plutôt grâce à un don qui est soudainement apparu. »
L’ancien numéro 22 du Barça coupe court aux rumeurs. Pas de pression familiale, pas de stratégie médiatique. Une évidence. Une illumination qui le cueille en pleine carrière, au sommet de la gloire. « C’est arrivé d’un coup. Je me suis senti concerné par cette religion, elle m’a conquis et j’ai embrassé l’islam en toute confiance. »
Le test de la vie : la maladie comme révélation
Ce choix de cœur allait bientôt être mis à l’épreuve par le plus cruel des adversaires : la maladie. En 2011, Abidal apprend qu’il souffre d’une tumeur au foie. Opération, greffe, combat de chaque instant. Hors des terrains, loin des projecteurs, c’est un autre match qui commence.
« La foi m’a beaucoup aidé, surtout pendant ma maladie. L’islam m’enseigne la patience et l’endurance face aux épreuves de la vie. Quand on passe par des moments aussi difficiles, on réalise ce qui est vraiment important. »
À l’hôpital, plus question de dribbles ni de tacles. Seule compte la lumière intérieure. Le défenseur se confie : « Pour moi, la prière et la lecture du Coran étaient des moments de paix absolue à l’hôpital. Cela m’a donné la force mentale de ne jamais abandonner, de me battre pour ma famille et de revenir sur les terrains. »
Et il est revenu. Non seulement à la vie, mais à ce terrain qu’il aimait tant, pour soulever une dernière fois un trophée sous les acclamations du Camp Nou, en larmes, symbole vivant de la résilience.
« Une religion de paix, de partage et de respect »
Aujourd’hui, Eric Abidal ne prêche pas. Il témoigne. Avec la même élégance qu’il mettait à couper les ailes des attaquants adverses, il pose un regard apaisé sur sa foi.
« L’islam est une religion de paix, de partage et de respect d’autrui. C’est ainsi que je la vis au quotidien, que ce soit dans le football ou dans ma vie de famille. »
Du vestiaire à la maison, du terrain à la mosquée, le défenseur français incarne une spiritualité discrète mais chevillée au corps. Une foi qui ne s’étale pas, mais qui se vit. Une force tranquille, à l’image de l’homme qui, après avoir terrassé les attaquants, a terrassé la maladie.
Eric Abidal avait conquis le monde du football par son talent. En 2007, il s’est laissé conquérir par une foi qui, selon ses mots, lui a offert bien plus qu’un trophée : une raison de se battre, même quand tout semblait perdu.
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