Avortements clandestins: Témoignages et Interview

 

Propos recueillis….

AMEN RADIÉ

(Agent en Communication-Marketing)

“Cet acte abominable comporte plusieurs risque”

L’avortement, c’est le fait de déclencher l’in­terruption volontaire d’une grossesse chez une femme par l’intervention humaine.

Il devient clan­destin lorsqu’il est prati­qué en dehors des conditions fixées par la loi. Cet acte abominable comporte des risques tant sur le plan anatomique et psycho biolo­gique que spirituel. Sur le plan anatomique, il y a des risques de perforation intestinale, hémorragie, infections, stérilité etc…

Psychologiquement, cet acte peut créer un traumatisme voire un sentiment de culpa­bilité à long terme. Sur le plan spirituel, la Bible, sainte écriture, est claire là-dessus car elle nous demande de ne pas tuer (cf. les 10 commandements « tu ne tueras point ») en d’autres termes, tu n’ôteras pas la vie à ton semblable. En pratiquant l’IVG de façon clandestine, on enfreint cette loi divine, on pèche contre notre Créateur et les consé­quences sont d’autant plus graves, car non seulement on s’attire la colère de Dieu, mais encore Dieu peut nous châtier en nous ren­dant stérile à vie. Pour conclure mon propos, si nous sommes confrontés à ce genre de si­tuation, si ce n’est par ordonnance médicale, le mieux serait de garder sa grossesse. Dieu saura prendre soin de l’enfant, si l’on n’en est pas capable. Par ailleurs, si l’acte est déjà commis, la solution c’est de revenir vers Dieu dans une attitude de repentance sincère afin d’obtenir son pardon.

 

BIENVENUE OBRO (Comédienne)

” Un enfant est une bénédiction…”

Moi, je n’en ai pas fait dans ma vie. Mais au la majorité des jeunes filles ont au moins une fois pratiqué l’avortement dans leur jeunesse, et plusieurs personnes d’ailleurs. Je ne le conseille pas car un enfant est une bé­nédiction et une grâce de Dieu, je demande aux jeunes filles de rester chastes, ou de se préserver l’enfant plutôt que de se faire avorter. Plus tard, il y aura des conséquences qu’elles ne pourront pas supporter. Pour moi, le mieux, c’est de se préserver afin d’éviter ce désagrément qui risque de vous coûter la vie.

 

3 questions à…

KONE LADJI

(Président et membre des Actions des Grossesses Non Désirées et à Risques

L’avortement médicalisé obéit à des régies”

L’AGnDR (Action contre les grossesses non désirées et à risque), dans le cadre de sa campagne de sensibilisation et de plaidoyer, vient de définir récemment un programme de E-campagne pour lutter contre les avortements clandestins en Côte d’ivoire. L’objectif de cette campagne, c’est de faire en sorte que la Côte d’ivoire puisse harmoniser ses textes avec le protocole de Maputo qui a été signé et ratifié. Koné Ladji Président-Administrateur général de l’Ong  ODDES et Membre de l’AGnDR nous donne de plus amples informations sur cette coalition d’organisations de la société civile qui œuvre à la réduction de la mortalité maternelle.

Aujourd’hui, vous luttez pour que le Protocole de Maputo soit mis en application par la Côte d’ivoire, de quoi il est question dans ce protocole ?

L’article 14 du protocole de Maputo met à la charge des États parties l’obligation de donner accès à l’avortement médicalisé aux femmes et aux filles enceintes à la suite d’un inceste, d’un viol ou toute autre forme d’agression sexuelle ou lorsque la santé mentale ou physique de la femme ou de la fille enceinte est en danger ou encore lorsqu’il y a risque pour la vie de la femme ou du fœtus. Ratifié et publié dans le journal officiel n° 2011-26 par l’État Ivoirien, le protocole de Maputo favorisant l’accès à l’avortement sécurisé ou médical n’a jamais été appliqué en Côte d’ivoire et pourtant les statistiques liées aux décès causés par les avortements provoqués font peur de jour en jour.

Et quelle est la différence entre l’avortement non sécurisé et l’avortement sécurisé ?

L’avortement est l’interruption d’une grossesse au cours de son évolution. Cela peut être spontané (fausse couche) ou provoqué (volontaire). On parle d’avortement non sécurisé lorsque la grossesse est interrompue par des personnes n’ayant pas les compétences nécessaires ou lorsque l’avortement est pratiqué dans un environnement ou les normes médicales minimales ne sont pas appliquées voire les deux (OMS). Différentes méthodes non sécurisées sont pratiquées pour interrompre une grossesse. À savoir : L’insertion d’objets ou plantes dans le col et l’utérus. Boire des décoctions à base de plantes ou des mélanges de toutes sortes (Nescafé, coca cola, médicaments chinois…). Utiliser les bouteilles broyées pour des lavages traditionnels (purgeoir. Utiliser des substances illicites (drogues). Alors qu’un avortement sécurisé obéit aux règles suivantes : Méthode chirurgicale (aspiration manuelle ou électrique) ou médicamenteuse avec le mifépristone / misoprostol et réalisé dans des structures de santé publiques ou privées adéquates sous la supervision d’un prestataire dûment formé.

Les conséquences des avortements non sécurisés sont :

  • Blessures ou ablations de l’utérus
  • Douleurs abdominales
  • Avortement incomplet (Infection post abortum)
  • Saignements abondants au niveau du vagin
  • Infertilité
  • Séquelle psychologique, physique
  • Malformation du fœtus
  • Décès

Bénéfices d’un avortement sécurisé

  • Une femme ou une fille sera conseillée et fera un choix éclairé
  • Réalisé sous la supervision d’un prestataire dûment formé
  • Pratiqué dans un établissement sanitaire par des prestataires qualifiés et dans un environnement respectant les normes
  • Réduire le nombre de décès liés aux avortements non sécurisés
  • Prise en charge en cas de complication

 

Propos recueillis par F. Edie

Source : FEMME d’Afrique N°092 – Juin – Juillet – Aout 2020 page 22-23

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