Burkina/FMI : financement de $157 M pour l’économie et le climat

Le Fonds a validé, mercredi à Washington, les progrès économiques du Burkina Faso et porte son soutien financier total à près de 166 millions de dollars au titre de la facilité élargie de crédit.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé mercredi le décaissement immédiat de 24,08 millions de DTS, soit environ 33,2 millions de dollars, en faveur du Burkina Faso, à l’issue de l’achèvement de la quatrième revue de l’accord de 48 mois conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) le 21 septembre 2023. L’annonce a été faite dans un communiqué de presse publié mercredi. Ce nouveau versement porte le montant total des décaissements accordés au pays au titre de cet accord à 120,4 millions de DTS, l’équivalent de 165,8 millions de dollars.
Lors de la même réunion, le Conseil d’administration a également approuvé un nouvel accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d’un montant de 90,3 millions de DTS, soit environ 124,3 millions de dollars, valable jusqu’au 20 septembre 2027. Les premiers décaissements au titre de la FRD interviendront après l’achèvement de la première revue de cet accord.
Des indicateurs économiques en nette amélioration
Le décaissement est adossé à des performances macroéconomiques encourageantes. La croissance du PIB réel a accéléré à 5,0 % en 2025, contre 4,8 % en 2024, tirée principalement par l’exploitation minière artisanale, portée par la flambée des cours de l’or et les réformes engagées dans le secteur. L’inflation a quant à elle reculé à -0,5 % en moyenne en 2025, sous l’effet de la baisse des prix alimentaires, avant de converger vers 2,0 % à moyen terme.
Sur le front extérieur, la balance courante a enregistré un spectaculaire retournement : après un déficit de 3,4 % du PIB en 2024, elle devrait afficher un excédent de 1,1 % en 2025 puis de 0,8 % en 2026, grâce aux recettes d’exportation aurifère.

L’assainissement budgétaire progresse également au-delà des objectifs fixés : le déficit 2025 s’est établi nettement en dessous du plafond programmatique de 4,0 % du PIB, représentant un resserrement de 2,3 points de pourcentage par rapport à 2024.

Pour valider ce quatrième décaissement, le FMI a évalué positivement la mise en œuvre du programme. Tous les critères de réalisation quantitatifs à fin juin 2025 ont été satisfaits, de même que l’ensemble des critères continus. Un seul objectif indicatif a été manqué, à moins de 0,1 % du PIB près. Sur le volet structurel, huit repères sur dix ont été atteints. Le repère sur la réforme du secteur énergétique, initialement manqué à fin juin, a été mis en œuvre par la suite. S’agissant du repère relatif à la publication de l’évaluation diagnostique de la gouvernance, les autorités ont adopté trois mesures préalables correctrices et ont d’ores et déjà appliqué six des onze recommandations prioritaires issues de cette évaluation.
Un financement climatique pour sécuriser l’avenir
Le nouvel accord FRD approuvé en parallèle vise à ancrer la résilience dans les politiques publiques burkinabè. Il devra permettre d’intégrer les risques climatiques dans la gestion des finances publiques, d’améliorer les performances des entreprises publiques dans les secteurs exposés au climat et de mobiliser des financements verts. L’enjeu est considérable : l’agriculture de subsistance assure la sécurité alimentaire de 80 % de la population.
Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI, a salué la « résilience » de l’économie burkinabè et souligné que des « politiques économiques judicieuses » ont permis de dégager des marges budgétaires tout en maintenant la dette sur une trajectoire viable. Il a néanmoins rappelé l’impératif de préserver les dépenses sociales — santé, éducation, protection sociale — et de poursuivre les réformes de gouvernance dans les secteurs miniers et budgétaires.​​​​​​​​​​​​​​​​

APA avec islaminfo