Cheikh Aïma Ousmane Diakité : « L’arabe n’est pas seulement la langue du Coran, c’est aussi celle de l’avenir. »
Bingerville, Côte d’Ivoire – Du 21 au 25 juillet 2025, le Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques en Côte d’Ivoire (COSIM), en partenariat avec l’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO), organise une session de formation de haut niveau à Bingerville, dans le cadre de la « Caravane internationale ICESCO-Hamdan Bin Rashid pour la langue arabe ».

Cette initiative panafricaine, dédiée au renforcement des capacités pédagogiques des enseignants de langue arabe dans les pays non arabophones d’Afrique de l’Ouest, s’inscrit dans une dynamique de redynamisation de l’enseignement de l’arabe en milieu francophone, notamment en Côte d’Ivoire.
Une cérémonie d’ouverture sous le sceau de l’engagement et de la vision
La cérémonie d’ouverture s’est tenue le lundi 21 juillet à 9h au siège du COSIM à Akandjé-Oribat II. Plusieurs personnalités religieuses, éducatives et diplomatiques ont marqué de leur présence l’événement, notamment le Cheikh Al Aïma Ousmane Diakité, le Dr Haroune Konaté, président du comité d’organisation, le Dr Touré Bamara, représentant du Ministère de l’Enseignement Supérieur, ainsi que le Dr Youssef Ismaili, émissaire de l’ICESCO en provenance du Maroc.
Dans son mot d’ouverture, le Dr Haroune Konaté a salué la fidélité de l’ICESCO envers la communauté éducative ivoirienne :
« L’ICESCO renouvelle son engagement pour l’enseignement de l’arabe en Côte d’Ivoire. Ce séminaire s’inscrit dans le plan d’action 2025-2026 du COSIM. »

L’arabe, langue de foi mais aussi levier de développement
Prenant la parole au nom du gouvernement ivoirien, Dr Touré Bamara a insisté sur la dimension stratégique de la langue arabe :
« L’arabe ne se limite pas à son rôle religieux. C’est une langue de diplomatie, de commerce, de sciences et un atout géopolitique pour la Côte d’Ivoire dans un monde globalisé. »
Il a également exprimé la reconnaissance de l’État ivoirien envers la Fondation Hamdan Bin Rashid et l’ICESCO, soulignant la volonté du ministère de renforcer les coopérations éducatives internationales.

Un message fort du représentant de l’ICESCO : L’arabe, langue universelle
Dans une allocution vibrante prononcée en arabe, le Dr Youssef Ismaili a rappelé que la mission de l’ICESCO va au-delà de l’enseignement :
« L’arabe est une langue pour tous, sans distinction de culture ni de religion. Elle véhicule les valeurs de paix, de fraternité, d’universalité. »
Il a exhorté les enseignants à s’ouvrir aux méthodes pédagogiques modernes, à exploiter les outils technologiques, et à inscrire l’arabe parmi les grandes langues vivantes dans les systèmes éducatifs africains.

Le Cheikh Aïma Ousmane Diakité : « L’arabe est une langue vivante, pas uniquement liturgique »
Clôturant la série d’allocutions, le guide suprême du COSIM a livré un discours de fond, mêlant diagnostic, vision et appels à l’action :
« Nous aimons l’arabe car c’est la langue du Coran. Mais aujourd’hui, il faut aller plus loin : faire de l’arabe une langue d’enseignement, de commerce, de diplomatie. »
Il a aussi interpellé les écoles coraniques et les établissements confessionnels à professionnaliser leur enseignement en formant leurs enseignants :
« Il faut que chaque médersa ait un budget pour le renforcement des capacités pédagogiques. »

Une semaine pour changer les pratiques
Durant les cinq jours de formation, les participants issus de diverses structures islamiques bénéficieront d’ateliers pratiques, d’exposés méthodologiques et de partages d’expériences pour moderniser l’enseignement de l’arabe et mieux répondre aux attentes des élèves non arabophones.
Cette caravane constitue un maillon important dans le processus de promotion de l’arabe comme langue d’avenir sur le continent. Elle est également un message fort adressé à l’ensemble des acteurs éducatifs, religieux et politiques : former les formateurs, c’est bâtir les bases d’une société mieux éduquée, enracinée dans sa foi, et ouverte sur le monde.
DIANÉ MOUSSA
