Dans un climat empreint de fraternité et de respect mutuel, la paroisse Saint-Jean de Cocody a accueilli, le jeudi 12 mars 2026, la deuxième édition de la rupture collective du jeûne réunissant la communauté catholique et des fidèles musulmans. Cette initiative, portée par l’Association des Cadres Catholiques (ACC) de la paroisse en partenariat avec le Club des Hommes d’Affaires Musulmans de Côte d’Ivoire (CHAMCI), s’est imposée comme un moment fort de dialogue interreligieux et de cohésion sociale.
Organisée dans la salle Saint-Dominique de la paroisse, la rencontre a rassemblé responsables religieux, cadres, hommes d’affaires et fidèles des deux communautés autour d’un même idéal : promouvoir la fraternité et le vivre-ensemble dans une Côte d’Ivoire marquée par sa diversité religieuse.

Prenant la parole au nom du CHAMCI, son président Sanissy Touré a salué l’initiative de l’ACC, qu’il considère comme un acte fort de rapprochement entre les croyants.
Selon lui, le fait que les communautés chrétienne et musulmane se retrouvent pour partager ce moment spirituel témoigne de la maturité religieuse et sociale de la Côte d’Ivoire.
« Le fait que nos frères catholiques nous invitent à rompre le jeûne avec eux est un message puissant. Cela montre qu’en Côte d’Ivoire, au-delà de nos appartenances religieuses, nous formons une seule et même famille », a-t-il déclaré.

Pour le président du CHAMCI, le jeûne, qu’il soit vécu pendant le Ramadan ou le Carême, est un exercice spirituel qui enseigne l’humilité, la discipline et la solidarité envers les plus vulnérables.
Il a également rappelé que les acteurs économiques ont, eux aussi, un rôle à jouer dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale.
« Au-delà de l’économie, nous devons être des bâtisseurs de paix, des promoteurs de dialogue et des artisans du vivre-ensemble », a-t-il souligné.
De son côté, la présidente de l’Association des Cadres Catholiques de la paroisse Saint-Jean de Cocody, Cynthia Wodié s’est réjouie du renouvellement de cette rencontre fraternelle.

Elle a expliqué que cette rupture collective va bien au-delà d’un simple partage de repas.
« Cette rencontre constitue un symbole fort de fraternité, de solidarité et de dialogue entre nos deux communautés religieuses », a-t-elle affirmé.
Selon elle, la coïncidence entre les périodes du Ramadan et du Carême offre une occasion unique de renforcer les valeurs spirituelles communes aux deux traditions.
« Le temps de jeûne, qu’il soit vécu pendant le Carême ou pendant le Ramadan, est un moment privilégié de prière, de conversion intérieure et d’attention aux autres. Il nous rappelle que la foi authentique nous conduit toujours vers le prochain », a-t-elle souligné.

Pour la responsable catholique, cette rencontre constitue également un message d’espérance dans un monde parfois marqué par les tensions religieuses.
« La foi doit être un pont qui rapproche les hommes et non un mur qui les sépare », a-t-elle insisté.
Placée sous le signe de la fraternité et du dialogue, cette rencontre s’inscrit dans la vision pastorale de l’Église catholique d’Abidjan pour l’année, axée sur le thème : « Église, famille synodale, autonome au service de tous ».

Dans cette perspective, les cadres catholiques entendent mettre leurs compétences professionnelles au service de la communauté à travers des actions sociales, humanitaires et éducatives.
La présidente de l’ACC a également salué l’engagement du CHAMCI dans les actions de solidarité et les initiatives en faveur du dialogue interreligieux.
Elle a par ailleurs exprimé sa gratitude aux guides spirituels qui accompagnent cette dynamique, notamment le Révérend Père Rodrigue Samant, aumônier diocésain, et le Révérend Père Dimitri assamoi, curé de la paroisse Saint-Jean de Cocody.

Au terme de cette rencontre, les participants ont partagé le repas de rupture dans une ambiance conviviale, marquée par les échanges fraternels et les témoignages d’amitié.
Pour les organisateurs comme pour les invités, cette initiative constitue un exemple concret de la capacité des communautés religieuses ivoiriennes à dialoguer, à se respecter et à œuvrer ensemble pour la paix.
« Aujourd’hui, les chrétiens sont heureux, les musulmans aussi sont heureux. Nous nous considérons comme une seule famille. En réalité, c’est la Côte d’Ivoire qui gagne à travers ces moments de partage », a conclu le président du CHAMCI.

Par cette deuxième édition, l’Association des Cadres Catholiques de la paroisse Saint-Jean de Cocody et le CHAMCI entendent inscrire durablement cette rencontre dans le calendrier des initiatives de dialogue interreligieux, avec l’espoir qu’elle inspire d’autres actions en faveur de la fraternité et de la cohésion nationale.
DIANE MOUSSA
