Conflit à Yorobodi : Ce qui s’est réellement passé dans le village de Cheick Mounirou Ouattara.

Village situé à environ 17 kilomètres de Sandegué, dans la région du Gontougo, Yorobodi est connu pour l’attachement de sa population aux valeurs de l’islam et surtout du fait de la renommée du grand Cheick Mounirou Ouattara. Depuis lors les populations vivaient dans la paix jusqu’à la survenue de ce conflit qui a éclaté ces derniers jours dans ce village. Selon les témoignages recueillis sur place, à l’origine du conflit, les travaux de rénovation de la grande mosquée du village.
En effet, il y a quatre mois, le grand opérateur économique d’Agnibilékro, Ali Ouattara a accepté de financer des travaux d’extension de la grande mosquée du village suite à une sollicitation de son ami Mounirou Ouattara.  Or la mutuelle des jeunes de Yorobodi vivants à Abidjan, qui a initié depuis 2017 des cotisations pour la reconstruction de la même mosquée cinquantenaire voit en cette aide du célèbre fermier d’Agnibilékro, une opportunité qu’il faut saisir pour réaliser le projet de reconstruction de la mosquée.

Chose à laquelle Ladji Mounirou Ouattara, la chefferie et certains jeunes du village s’opposent farouchement car selon eux, il faut préserver l’œuvre des ancêtres en effectuant de simples travaux d’extension de la mosquée avec les mêmes minarets.

Pour le bailleur de fonds, pas question de démolir le lieu de culte.  Ce dernier a donc entamé les travaux avec ses manœuvres, sans remettre les fonds à qui que ce soit. ‘‘ le fonds même est sur un compte à Agnibilékro. Je n’ai rien donné à quelqu’un ”, révèle l’opérateur qui indique qu’il reçoit des menaces depuis que les travaux ont commencé.

Ce refus du Cheick Mounirou Ouattara de démolir la mosquée a laissé place à des suspicions du côté des jeunes qui arguent que le guide religieux aurait un intérêt personnel en la préservation de la mosquée. Ils vont même plus loin en insinuant que le Cheick Mounirou aurait caché un fétiche à l’intérieur du lieu de culte. D’où la décision des jeunes d’engager un bras de fer en vue d’obtenir la démolition de l’édifice.

Au village, les travaux ont démarré et 25 tonnes de ciment pour faire des briques. Tous les quartiers du village ont été mis à l’œuvre. Chacun a été chargé de prendre une quantité de ciment en vue de taper les briques.

Mais au niveau d’Abidjan, les jeunes n’ont pas adhéré au projet. Le vendredi 29 Mai dernier, après des tentatives de médiation des 37 villages du canton Baribô, les autorités administratives de Sandegué, la préfecture et la gendarmerie sont intervenues pour calmer les ardeurs.

Malheureusement, contre toute attente, dans la soirée de ce même vendredi, un convoi des véhicules de type Massa transportant des jeunes surexcités ont fait irruption dans le village et il s’en est suivi des explosions des pétards et coup de feu. Ces jeunes venus de la ville se sont attaqués au chantier de la mosquée, la transformant en décombres.

Dans ce mouvement, la villa d’Ismaël Djabir Samaraly est saccagée et celle du chef de la sécurité du Cheick nommé ”petit Karim” est complètement détruite. Ensuite les actions de vandalisme se sont poursuivies jusqu’à la résidence de l’érudit du village. Face à l’opposition du Camp Mounirou, la résidence est sauvée et le Cheick Mounirou a pu être exfiltré avec les membres de sa famille qui actuellement à Bondoukou.

Cette vive tension provoquée par ces actions de vandalisme ne vont laisser l’autre camp indifférent, un affrontement s’éclate alors la journée de samedi entre les deux camps causant la mort d’un jeune qui été fusillé.
Alertés, les brigades de gendarmerie de Sandegué et de Tanda sont dépêchées sur les lieux depuis samedi soir pour sécuriser la résidence du Cheick Mounirou Ouattara et établir l’ordre.

Rappelons le Yorobodi est un village qui est depuis des décennies considéré comme une enclave islamique en plein essor sous la houlette du célébrissime Cheick Mounirou Ouattara. Mais quel esprit maléfique a pu fouler aux pieds les valeurs cardinales de paix qui étaient les maîtres mots dans ce village pour qu’on en arrive là ?

Abou Soufyane