ENTRETIEN AVEC Dr FETEGUE TOURE (PRESIDENT DE L’ONG LES AMBASSADEURS DE L’ESPOIR)

‘’C’est l’occasion d’informer que nos actions ne se limitent pas seulement aux musulmans’’

Soucieux du devenir des étudiants arabophones après leur passage dans les universités islamiques de différents pays, des anciens étudiants ont décidé de mettre en place une organisation non gouvernementale. A travers cet entretien, le Président Fétégué Touré, docteur en dogme et philosophie obtenu en Egypte nous explique les stratégies menées par sa structure pour remédier à ce fléau.

Depuis quand cette structure existe ?

Depuis 2009. Soucieux de notre avenir une fois les études terminées en Egypte, des amis et moi avons réfléchi à la mise en place  d’une activité qui nous occuperait une fois rentrés au pays. Ainsi, l’idée de créer cette ONG avec pour siège social à Abidjan précisément dans la commune d’Abobo. Etait la bienvenue.

 Cette structure est-elle constituée seulement d’arabophones ?

Il est bien vrai que l’objectif visé est d’occuper les frères arabophones qui, une fois les études finies, se retrouvent sans emplois du fait de l’inadéquation de leur formation aux offres d’emplois de notre pays. Mais nous voulons nous rendre utiles en participant au développement de notre pays avec toutes les personnes désireuses de nous aider.

 Pensez- vous que c’est dans les actions sociales que vous pourrez contribuer au développement du pays alors que vous n’avez pas de formation dans ce domaine ?

Nous les membres fondateurs au nombre de 15 personnes, lorsque nous avons décidé de mettre en place cette structure, nous nous sommes donnés quelques moyens pour pouvoir la réussir. Au niveau de l’Egypte, nous avons participé à des formations et séminaires sur plusieurs thématiques. Ces formations assurées par des experts issus de plusieurs structures internationales nous ont permis d’apprendre la gestion des projets, la gestion associative, la gestion des structures caritatives et le développement personnel.

Depuis votre mise  en place, quelle ont été vos différentes réalisations ?

Il faut rappeler que notre objectif est de contribuer aux actions sociales dans le pays. Ainsi, grâce à nos différents partenaires, nous avons pu mettre en place des écoles professionnelles et des cliniques à Abidjan. Au niveau de l’intérieur notamment à Touba, Boundiali et Odienné, nous sommes en train de bâtir des édifices scolaires. Avec notre slogan ‘’Le pauvre d’abord’’ dans une situation de manque, nous apportons assistance à plusieurs familles à plusieurs niveaux (alimentation abri et soin) comme ce fut le cas lors des inondations dans les communes d’Anyama, Belleville  et dans la commune de Port-Bouët. Au niveau d’Aboisso et Azaguié, nous avons entrepris la construction de logements sociaux pour remédier aux problèmes des inondations. Permettez-moi de remercier Anzoumana Bamba ‘’Morino’’, cadre de Touba qui nous a offert un terrain d’une valeur de 70 millions FCFA pour la réalisation d’un projet.

Comment fonctionnent vos établissements sanitaires et éducatifs ?

Concernant les établissements, notre souhait est de les transformer en établissements confessionnels. Mais avant tout, nous les avons mis en conformité selon les normes établies par le Ministère de l’Education Nationale. L’objectif est de former des cadres avec un bon niveau en arabe, français et anglais. Quant aux établissements sanitaires, elles sont régies par les normes du Ministère de la Santé. Ainsi, elles sont gérées en collaboration avec des spécialistes comme l’ONG Islam en Action Sociale (ISLAS) composés des agents de santé.

Soucieux de l’insertion des élèves arabophones dans le tissu social, quel est votre collaboration avec les grandes structures islamiques ?

Lorsque nous parlons de contribution, ce qui sous-entend que des travaux ont été faits au préalable. C’est l’occasion de saluer nos ainés de la LIPCI, COSIM qui sont une fierté pour nous. Lorsque la structure a été constituée, nous avons été reçus par le défunt Cheick Boikary Fofana et le past Président de la LIPCI, Cissé Aboubacar Sidick. Nous leur avons présenté l’ONG et ils nous ont prodigué des conseils. Dans cette même lancée, nous échangeons avec le Cheick Mamadou Traoré, Président du Cosim et Imam Ibrahim Koné de la LIPCI.

Quel est votre  stratégie pour l’insertion professionnelle pour les futurs étudiants qui sortiront des universités des pays arabes ?

Etant en manque d’infrastructures, nous nous attèlerons  à réaliser ces infrastructures. Ces étudiants, une fois de retour, pourront intégrer nos établissements confessionnels et d’autres projets que nous comptons réaliser. Nous échangeons avec ces étudiants, et avons de  très bonnes relations quel que soit leur pays de formation.

Le problème d’insertion professionnel ne vient-il pas des étudiants arabophones qui font de mauvais choix lors des orientations dans ces universités ?

Tout à fait, en réalité, ils ne tiennent pas compte des réalités de leur pays d’origine. Certains pays comme l’Egypte vous donnent le choix de choisir des études islamiques en plus de d’autres domaines de formations. Tandis que d’autres pays, vous orientent sans aucune consultation. Mais avec les échanges, nous sommes en train de mettre des structures  d’accompagnement pour aider ces étudiants lors de leur orientation.

Au niveau de la formation, qu’est-ce que vous faites pour les étudiants arabophones qui négligent la langue arabe lors de leurs formations ?

Il faut rappeler que dans ces pays, la langue d’étude est l’arabe. Donc, c’est une chance de l’apprendre pour mieux comprendre les cours.  Depuis un moment, nous essayons à travers les échanges et les points focaux de ces pays d’orienter ces étudiants à apprendre les autres langues et les nouvelles technologies. En Côte d’Ivoire, la langue officielle est le français et malgré toutes vos connaissances, ne pas la maitriser est un handicap. Aujourd’hui, beaucoup de ces étudiants ont un niveau acceptable.

Quelle est votre relation avec certaines structures telles que  l’OEECI et la LECIM qui sont en charge des  programmes confessionnelles?

Effectivement, nous avons eu des rencontres avec certaines structures. Notre idée première  n’est pas de les coacher ou partager des expériences. Mais, prendre connaissance de leur programme, comprendre leur méthode de travail. Il faut respecter le travail abattu et ne pas les balayer du revers de la main. Notre souhait est d’apporter une contribution pour une étude de qualité et les faire suivre à travers des actions concrètes.

Dans trois mois, il aura les échéances électorales, est ce que vous des actions en ce sens ?

C’est une structure apolitique, mais nous faisons des prières pour son bon déroulement. Et que chacun accepte le résultat des urnes.

 Votre projet par rapport à la tabaski ?

Cette fête est la réjouissance et chacun doit être heureux ce jour. Nous sommes en train de nous organiser pour pouvoir apporter des kits alimentaires aux différentes familles. C’est l’occasion d’informer que nos actions ne se limitent pas seulement aux musulmans. Nous pouvons être sollicités par toues les couches sociales, et toutes les confessions religieuses.

Ibrahima Khalil