Mardi 09 juin 2026/ 23 zoul hidja 1447H. Après plusieurs semaines d’intenses adorations dans les Lieux Saints de l’Islam, les pèlerins s’apprêtent à retrouver leur quotidien. Mais comment préserver les bénédictions et les enseignements du Hadj ? Dans cet entretien exclusif accordé à Islam Info, le président de la Commission d’encadrement religieux rappelle que le véritable défi commence après le retour. Entre sincérité, vigilance spirituelle, assiduité dans l’adoration et transformation du comportement, il dévoile les clés pour faire du Hadj un tournant décisif vers le Paradis.
Le Hadj 2026 touche à sa fin. Quels enseignements majeurs les pèlerins doivent-ils retenir de cette expérience spirituelle ?
Le Hadj est le cinquième pilier de l’Islam. Son accomplissement constitue l’aboutissement de la pratique religieuse du musulman. C’est une grâce immense accordée par Allah à Ses serviteurs. Mais au-delà de l’accomplissement du rite, la véritable question est celle de la préservation des acquis spirituels obtenus durant ce voyage exceptionnel.
Le Hadj est souvent une opportunité unique dans une vie. C’est un voyage entièrement consacré à Allah, où les distinctions sociales, les privilèges et les statuts disparaissent devant la grandeur du Créateur. Après avoir atteint ce sommet spirituel, le plus grand défi consiste à conserver les bénédictions et les transformations obtenues.
Comment un pèlerin peut-il préserver les acquis de son Hadj ?
La première attitude consiste à rester constamment entre la crainte et l’espérance. L’espérance d’avoir accompli une œuvre immense dont la récompense est le Paradis, mais aussi la crainte de ne pas avoir été à la hauteur des exigences spirituelles de ce pilier.
Cette posture nourrit l’humilité et pousse le croyant à poursuivre ses efforts. Le pèlerin doit également se rappeler les valeurs acquises durant son séjour : l’humilité, la patience, la tolérance, la solidarité, la courtoisie et le dépassement de soi.
À plusieurs moments du Hadj, le fidèle se détache totalement du monde matériel pour se consacrer exclusivement à son Seigneur. Ces instants de forte élévation spirituelle doivent continuer à inspirer sa vie quotidienne après son retour.
Quels sont les signes d’un Hadj accepté ?
Le principal signe est le changement positif du comportement. Si après le Hadj, le fidèle devient plus assidu à la prière, plus généreux, plus patient, plus respectueux et plus proche d’Allah, alors cela constitue un indicateur encourageant.
Le Hadj doit transformer le rapport du croyant avec Allah, avec ses semblables, avec lui-même et même avec son environnement. Une amélioration visible dans ces différents domaines est un signe fort de réussite spirituelle.
Pourquoi est-il parfois difficile de conserver cette dynamique après le retour ?
Parce que certains considèrent le Hadj comme une obligation accomplie une fois pour toutes. Pourtant, le Hadj n’est pas une fin, mais le début d’une nouvelle relation avec Allah.
Le maintien des acquis exige des efforts constants : la prière accomplie avec sérieux, le jeûne surérogatoire, la lecture du Coran, les invocations et les bonnes œuvres. Chaque acte d’adoration renforce le lien avec Allah et protège le croyant contre les pièges de Satan.
Quel rôle la famille et la communauté doivent-elles jouer dans cet accompagnement ?
Un rôle essentiel. Malheureusement, certaines pratiques sociales entourant le retour du pèlerin peuvent parfois détourner l’attention de l’essentiel.
J’encourage les familles à privilégier la sobriété et la spiritualité. Il faut éviter les manifestations excessives et les célébrations extravagantes. Le pèlerin revient d’un acte d’adoration, non d’une consécration mondaine. L’accueil doit être marqué par l’humilité, la gratitude envers Allah et le rappel spirituel.
Quel conseil adressez-vous directement aux pèlerins de retour de La Mecque ?
Je leur recommande de renforcer davantage leur relation avec Allah. Rien n’est définitivement acquis. Obtenir une faveur divine est une chose ; la préserver en est une autre.
Le croyant doit rester vigilant face aux tentations et aux ruses de Satan. Il doit également veiller à deux principes fondamentaux : la conformité de ses actes aux enseignements d’Allah et du Prophète (paix et salut sur lui), ainsi que la sincérité.
La sincérité est capitale. Le pèlerin ne doit rechercher ni réputation, ni prestige, ni reconnaissance. Son unique objectif doit être la satisfaction d’Allah. C’est ainsi que les récompenses du Hadj continueront à porter leurs fruits jusqu’à sa rencontre avec son Seigneur.
Votre mot de fin à l’endroit des futurs pèlerins ?
J’insiste sur l’importance de la formation. Le Hadj est un voyage unique qui ne ressemble à aucun autre. Celui qui comprend son esprit et ses exigences religieuses accomplit son pèlerinage dans la sérénité et revient transformé.
Je prie Allah d’accepter le Hadj de tous les pèlerins de cette année, d’en faire une cause de bonheur ici-bas et dans l’au-delà, et d’accorder à tous les musulmans qui aspirent à accomplir ce pilier la grâce de visiter prochainement les Lieux Saints.
DIANE MOUSSA
