Hadj 2025 : un vieux planteur ivoirien raconte son incroyable appel divin

« Je n’ai jamais rêvé de venir à La Mecque par manque de moyen … Et pourtant, Allah m’y a appelé »

Interview exclusive avec M. Koulibaly kélémory, 73 ans, planteur de café cacao, aujourd’hui pèlerin à La Mecque Hadj 2025.

Ce témoignage bouleversant du vieux Koulibaly kélémory rappelle que le Hadj n’est pas qu’un voyage physique : c’est un appel divin, un miracle qui traverse les âges, les classes sociales et les moyens financiers. Un appel du cœur, auquel seul Allah répond à Sa manière…

Assalamu alaikum wa rahmatullahi wa barakatuh.

 Wa alaikumussalam wa rahmatullah.

Veuillez vous présenter à nos lecteurs.

Je suis Koulibaly kélémory, âgé de 73 ans, originaire de Lakota mais actuellement résident à Korhogo. Je suis planteur .

Dites-nous, comment avez-vous appris que vous alliez faire le Hadj ?

C’est un appel que je n’oublierai jamais. Je me trouvais à Lakota quand j’ai reçu un coup de fil m’invitant à me rendre à Abidjan. Dès que je suis arrivé, ma nièce – la fille de ma petite sœur – m’a annoncé que j’allais partir pour le Hadj. J’étais sous le choc, complètement étonné . Je ne comprenais plus rien. Je ne m’y attendais pas du tout… Jamais je n’ai imaginé poser un jour les pieds sur cette terre sainte.

Comment votre nièce a-t-elle réussi à organiser cela ?

Par la grâce d’Allah. Elle, avec l’aide de ma sœur – sa mère – ont tout pris en charge. Elles m’ont offert ce voyage, ce rêve que je n’avais même jamais osé imaginer . Je ne pensais pas que quelqu’un sur cette terre aurait les moyens et la volonté de me faire ce cadeau inestimable.

Quelle a été votre réaction au moment de cette annonce ?

J’étais ému. Très ému. J’ai dit : “Alhamdulillah, que Dieu vous récompense.” J’ai prié pour elles, surtout pour ma nièce qui souffre de ne pas avoir encore d’enfants. Je prie nuit et jour qu’Allah lui accorde cette bénédiction.

Comment s’est passé le voyage depuis Abidjan ?

Mon beau-fils m’a conduit lui-même en camion pour les visites médicale et autres jusqu’au point de rassemblement. De là, tout s’est bien enchaîné. Aucun souci jusqu’à l’arrivée à Médine. L’accueil était bon, l’encadrement excellent.

Et votre séjour à Médine ?

Médine, c’était comme un rêve éveillé. Quand je suis entré dans la mosquée du Prophète (paix et salut sur lui), j’étais bouleversé. J’ai prié là-bas plusieurs fois. Et quand j’ai fait la ziyara à la tombe du Prophète, j’ai demandé à Allah de bénir toute ma famille, de nous accorder Sa miséricorde dans cette vie et dans l’au-delà.

Que dire de La Mecque, de votre premier regard sur la Kaaba ?

Ah… La Kaaba ! Ce fut une montée d’émotion. Je tremblais. Je voulais absolument la toucher. Grâce à l’aide d’un frère, qui m’a pris comme un enfant dans ses bras au milieu de la foule, j’ai pu toucher la Kaaba et la Maqam Ibrahim. C’était comme si je touchais le paradis de mes mains. À 73 ans, Allah m’a honoré.

Et les étapes notre pré visite ? Mina, Arafat ?

Je n’avais jamais rien vu de tel. cette ferveur… j’étais émerveillé. J’ai compris que l’islam est vivant. À Arafat,  encore, j’ai prié qu’Allah me donne la chance d’être au jour J . J’ai demandé à Dieu de pardonner mes fautes et de protéger mon pays, la Côte d’Ivoire.

Et l’organisation, l’encadrement et du Commissariat du Hadj ?

Rien à dire. Nous avons été bien encadrés. Depuis Abidjan, en passant par Médine jusqu’à La Mecque, tout s’est bien déroulé. Nous mangeons bien, nous dormons bien, nous sommes à l’aise. Je remercie vraiment l’État, le Commissariat, Allah les récompense.

Quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui vous ont offert ce voyage ?

Je les remercie du fond du cœur. Qu’Allah leur donne une longue vie, la santé, la baraka. Et surtout, que ma nièce ait des enfants. Elle mérite cela. Ce qu’elle a fait pour moi, seul Allah peut la récompenser.

Un dernier mot pour les Ivoiriens et les musulmans en général ?

Je remercie le Président de la République. Que Dieu garde la Côte d’Ivoire dans la paix. Que chaque musulman puisse un jour vivre ce que je vis aujourd’hui. Et qu’Allah accepte notre pèlerinage.

je suis maintenant le doyen. Je vis dans la cour familiale. Je ne travaille plus. Je suis un ancien planteur… mais aujourd’hui, je suis un pèlerin d’Allah. C’est le plus grand titre que j’aurai jamais.

Propos recueillis par DIANÉ MOUSSA envoyé spécial d’Islam Info à la Mecque 🕋