HADJ 2026 « À partir de chaque site, nous devenons les tuteurs principaux du pèlerin » affirme le président.

 COMMISSION HÉBERGEMENT

Imam Yancouba Diarrassouba, président de la commission hébergement, dévoile les coulisses d’une mission stratégique au cœur du Hadj 2026

À Médine, à La Mecque, à Mina ou encore à Arafat, la commission hébergement joue un rôle central dans le bon déroulement du Hadj ivoirien. Accueil, orientation, sécurité, installation, gestion des urgences… derrière chaque pèlerin convenablement logé se cache une organisation millimétrée.

Dans cet entretien accordé à Islam Info, le président de la commission hébergement, Ibn Yacoub Girachba, explique les défis, les stratégies et les efforts déployés pour offrir aux pèlerins ivoiriens des conditions de séjour dignes et sécurisées en terre sainte.

Quel est le rôle stratégique de la commission hébergement dans l’organisation du Hadj ?

La commission hébergement occupe une place essentielle dans l’organisation du Hadj. Dès l’arrivée des pèlerins en Arabie Saoudite, après leur prise en charge par la commission transport, c’est notre équipe qui devient leur principal point de repère.

Quand le pèlerin arrive à l’hôtel, nous devenons en quelque sorte ses tuteurs. Nous devons lui souhaiter la bienvenue, le rassurer, lui offrir de bonnes conditions d’installation et surtout lui permettre de se sentir “chez lui” malgré l’éloignement.

Notre mission consiste à attribuer les chambres, orienter les pèlerins, assurer leur confort et leur sécurité tout au long du séjour. Le logement est une étape fondamentale, car un pèlerin bien reposé et bien installé accomplit ses rites dans de meilleures conditions spirituelles et physiques.

Comment gérez-vous l’accueil et l’installation des pèlerins dans les différents sites du Hadj ?

L’organisation commence dès l’aéroport. Après les formalités saoudiennes et la récupération des documents de circulation, notamment le Nusuk, les pèlerins sont conduits vers leurs hôtels.

Cette année, les logements ont été préparés depuis Abidjan. Chaque pèlerin voyage avec un ticket de pré-logement comportant son nom et le numéro de sa chambre. Une fois à l’hôtel, nos équipes les orientent selon les étages et les chambres attribués.

À chaque palier, des agents de la commission sont mobilisés pour accueillir les pèlerins dès la sortie des ascenseurs et les conduire directement à leurs chambres. Après vérification, le ticket provisoire est remplacé par un ticket définitif de logement.

Tout est organisé pour éviter les désorientations et faciliter l’installation rapide des pèlerins.

Quels sont les principaux défis liés à l’hébergement des pèlerins à Mina, Arafat et Mouzdalifa ?

Le plus grand défi reste le circuit cultuel, notamment Arafat, qui constitue l’étape centrale du Hadj.

On peut tout manquer durant le Hadj, mais si l’on manque Arafat, le pèlerinage est invalide. C’est pourquoi toute notre organisation tourne autour de cette étape cruciale.

À Mina, nos équipes travaillent depuis les premières heures de la journée pour redimensionner les espaces, configurer les tentes et organiser les installations selon les différents vols ivoiriens.

Nous avons également adopté une stratégie originale de dénomination des tentes avec des noms de villes ivoiriennes comme Bondoukou, Bouaké, Adiaké ou encore Bengourou afin de permettre aux pèlerins de mieux s’orienter et de se sentir proches de leur pays.

Le défi est immense, mais grâce à l’anticipation et à la coordination des équipes, nous arrivons à gérer efficacement les mouvements des milliers de pèlerins.

Comment la commission veille-t-elle au confort et à la sécurité des pèlerins ?

Notre mission ne se limite pas à attribuer une chambre. Nous accompagnons réellement le pèlerin.

Certains pèlerins viennent de zones reculées et ne maîtrisent pas forcément les équipements modernes. Nos équipes prennent donc le temps de leur expliquer le fonctionnement de la climatisation, de l’eau chaude, des installations sanitaires et des différents équipements disponibles dans les chambres.

Nous travaillons également en synergie avec la commission sécurité pour l’identification des bagages et la sécurisation des effets personnels.

Le pèlerin est pris en charge à 100 %, depuis son arrivée jusqu’à son installation complète.

Que faites-vous face aux situations d’urgence ou aux difficultés d’installation des pèlerins ?

Les difficultés existent forcément dans une organisation de cette ampleur, mais nous gardons toujours notre sérénité.

Le pèlerin arrive souvent fatigué, dépaysé et parfois stressé. Notre rôle est donc de le rassurer et de l’accompagner.

La force du commissariat au Hadj réside dans le travail collectif. La commission sociale, la commission médicale, la sécurité, le transport et l’hébergement travaillent ensemble en parfaite synergie pour résoudre les problèmes rapidement et garantir la stabilité des pèlerins.

C’est cette solidarité opérationnelle qui permet de surmonter les difficultés rencontrées sur le terrain.

Peut-on déjà parler d’un bilan partiel satisfaisant ?

Oui, le bilan provisoire est globalement satisfaisant.

Les quinze vols spéciaux sont arrivés presque au complet avec une moyenne de 425 pèlerins par vol, à l’exception de quelques cas mineurs. Les vols réguliers ainsi que les pèlerins venus du Canada et d’Europe ont également été pris en charge convenablement.

Même lorsqu’un seul pèlerin arrivait isolément, toutes les équipes étaient mobilisées pour l’accueillir dignement à l’aéroport puis l’installer à l’hôtel.

Tous les pèlerins passés par Médine ont été logés dans de bonnes conditions.

Pourquoi la commission hébergement est-elle considérée comme une commission majeure du Hadj ?

Lorsqu’un voyageur arrive dans une ville étrangère, sa première préoccupation est de trouver un endroit sûr où déposer ses bagages et se reposer.

Le logement constitue donc la base de toute stabilité. La commission hébergement offre aux pèlerins un cadre sécurisé, confortable et reposant après des heures de voyage et avant les grands rites spirituels.

C’est une responsabilité majeure, car un pèlerin bien hébergé peut mieux accomplir son Hadj.

Aujourd’hui, les efforts consentis par les autorités ivoiriennes permettent aux pèlerins de bénéficier d’hôtels de qualité, aussi bien à Médine qu’à La Mecque. Nous saluons les autorités pour les moyens mis à disposition afin d’améliorer continuellement les conditions du pèlerinage.

Quel message adressez-vous aux pèlerins ?

J’invite tous les pèlerins à faire preuve de patience, de sagesse et de tolérance.

Le véritable pèlerin est celui qui reste calme, discipliné et concentré sur l’adoration d’Allah. Le Hadj demande beaucoup d’endurance et de maîtrise de soi.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire bénéficie d’un grand respect dans l’organisation du Hadj grâce à la qualité du logement, de la restauration et du transport mis à la disposition des pèlerins.

À Mina et Arafat, là où certains mettent plusieurs heures pour se déplacer, nos dispositifs permettent souvent de réduire considérablement les temps de transport.

La barre est aujourd’hui très haute. Nous demandons donc aux pèlerins d’accompagner tous ces efforts par un comportement exemplaire afin que le Hadj ivoirien continue d’être une référence.

DIANE MOUSSA