Hajj 1447-2026 : Imam Soudaiss appelle à une spiritualité exemplaire et à une discipline sans faille

Le président des Affaires religieuses des deux Mosquées sacrées insiste sur la sincérité de la foi, le respect des règles et la coopération avec les autorités pour un pèlerinage « agréé » et sécurisé

À l’approche du Hajj 1447-2026, le Cheikh Dr Abderrahman As-Sudais a lancé un avertissement solennel et un appel à la sagesse : les dix premiers jours de Dhul Hijjah sont une grâce divine à ne pas gâcher par l’indiscipline. Le haut responsable religieux saoudien a salué les efforts colossaux du Roi Salman et du Prince héritier, tout en exhortant les fidèles à éviter prières dans les passages et comportements inappropriés. Un message clair : pour que le pèlerinage soit accepté, il doit être vécu dans la sérénité, la sécurité et le strict respect de la tradition prophétique.

Mecque (Hajj Media) – Alors que les premiers croissants de Dhul Hijjah s’apprêtent à illuminer le ciel du Hedjaz, le Cheikh Dr Abderrahman As-Sudais, président des Affaires religieuses des deux Mosquées sacrées, a brisé le silence médiatique par une déclaration aussi fervente que ferme. Devant les milliers de pèlerins déjà rassemblés ou en route vers les lieux saints, il a martelé une vérité trop souvent oubliée : le Hajj ne se résume pas à des gestes rituels, mais exige une âme purifiée, une obéissance rigoureuse aux consignes et une coopération sans faille avec les autorités.

« Saisissez ces dix jours bénis »

Dans un message empreint de gravité spirituelle, As-Sudais a d’abord rappelé l’importance exceptionnelle des dix premiers jours du mois sacré de Dhul Hijjah – cette période que le Coran lui-même sanctifie et que le Prophète (ﷺ) qualifiait de « meilleurs jours du monde ». « C’est une fenêtre ouverte sur la miséricorde divine, a-t-il insisté. Ne la refermez pas par négligence ou par désobéissance. »

Mais l’appel à la piété s’est immédiatement doublé d’un appel à la discipline. Le haut dignitaire a exigé que chaque pèlerin respecte « les règlements et instructions en vigueur », afin d’accomplir les rites « dans la sérénité et la sécurité ». Une formule qui, sous sa plume, résonne comme un précepte fondamental : point de spiritualité authentique sans respect de l’ordre public et des vies humaines.

Hajj « agréé » : les trois piliers selon Al-Sudais

Pour que le pèlerinage soit « agréé » – c’est-à-dire accepté par le Très-Haut et porteur de récompense éternelle –, le Cheikh a posé trois conditions non négociables :

1. La sincérité absolue de la foi (al-ikhlâṣ) : agir uniquement par amour d’Allah, non par ostentation ou routine sociale.
2. L’unicité divine (at-tawḥīd) : purifier l’intention de toute association idolâtre.
3. Le suivi strict de la tradition du Prophète Mouhammad sws : accomplir les rites exactement comme il les a enseignés, sans innovation ni excès.

« Évitez tout comportement inapproprié, a-t-il averti. Les bousculades, les cris, les prières improvisées au milieu des passages piétons ou sur les routes : tout cela nuit au Hajj et le vide de sa substance. »

As-Sudais n’a pas manqué de saluer « les efforts colossaux » du Roi Salman bin Abdulaziz et du Prince héritier Mohammed ben Salman. Selon lui, la transformation récente des lieux saints – en matière de sécurité, de santé publique et d’organisation des flux – a déjà sauvé d’innombrables vies et permis une expérience spirituelle plus apaisée. « Grâce à une approche intégrée, les autorités ont fait du Hajj un modèle mondial de gestion des foules, a-t-il déclaré. Que Dieu récompense nos dirigeants pour leur service sans relâche. »

Il a également rendu un vibrant hommage aux forces de sécurité, aux équipes médicales, aux bénévoles et à tous ceux qui, dans l’ombre, œuvrent « pour que le pèlerin se concentre sur l’essentiel : rencontrer son Seigneur ».

Le message le plus percutant de cette allocution reste sans doute l’appel direct aux fidèles à coopérer activement avec les autorités. « Ne priez pas dans les passages ni sur les routes, a-t-il ordonné. Respectez les plans de gestion des foules. Contribuez à la sécurité générale. »

Cette mise en garde vise à prévenir les accidents tragiques qui ont endeuillé certains pèlerinages par le passé. As-Sudais a rappelé que la préservation de la vie humaine est une obligation religieuse supérieure à bien des rites secondaires. « La tolérance, la patience et les bonnes mœurs entre pèlerins sont autant d’actes d’adoration. Ne transformez pas le Hajj en champ de dispute. »

Alors que des millions de musulmans s’apprêtent à répondre à l’appel d’Ibrahim, l’avertissement d’As-Sudais résonne comme une ligne rouge : le Hajj ne sera « agréé » qu’à la double condition d’une ferveur intérieure sincère et d’une obéissance extérieure rigoureuse. Entre la grâce des dix premiers jours de Dhul Hijjah et la rigueur des consignes sécuritaires, les pèlerins de 1447 n’auront droit à aucun compromis. Car, selon le Cheikh, « la véritable dévotion se prouve aussi par la discipline et le respect d’autrui ».

 

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