De l’agora à Médine – Les premiers vols 1 et 2 du contingent ont quitté Abidjan avec 425 pèlerins à bord, toutes tournées vers les lieux saints de l’islam. Entre émotions brutes, défis logistiques et gratitude infinie, récit d’un départ placé sous le signe de la foi.
C’est un homme à la fois fatigué et serein qui s’exprime. Imam Namory Keïta, chef de vol et responsable du groupe numéro un du pèlerinage de Côte d’Ivoire, ne cache pas les petites difficultés des débuts. « Quelques difficultés, vous savez, c’est le premier vol, il faut planter les choses. On dira que c’est le vol cobaye, mais tout s’est bien déroulé par la grâce de Dieu. »

Avant d’embarquer, les fidèles se sont rassemblés à Goura Port-Boué. Une étape clé, maîtrisée avec « beaucoup de précision » selon l’imam. Résultat : 425 pèlerins – 153 hommes, 272 femmes – ont pris leur envol dans des conditions rodées, notamment un hébergement à Médine réglé « depuis Abidjan ».
Prochaine étape : l’arrivée dans la ville du Prophète, où trois jours de prières, de visites des lieux historiques et d’invocation devant la tombe de Mahomet (paix soit sur lui) attendent les fidèles.

Amadou, venu des États-Unis : « C’est ma troisième tentative »
Dans le flot des pèlerins, une voix américaine. Amadou Kourouma, résident de New York, a traversé l’Atlantique pour rejoindre le convoi ivoirien.
« C’est ma première fois. Ma joie est immense. C’est la troisième fois que je tente, et c’est cette année que Dieu m’a donné la chance. » Ce pèlerinage, il l’offre à ses deux parents, quittés avec un pincement au cœur. « J’ai un peu pleuré avec mon père depuis mardi. Il a 105 ans. Il me demandait si j’allais venir le trouver. J’ai dit : “tout est dans la main de Dieu”. »

Mais ce qui frappe Amadou, c’est aussi l’organisation ivoirienne. « Nous qui vivons là-bas, quand on rentre et qu’on voit l’ampleur, on ne peut que dire : l’amour de Dieu. J’ai déjà dit à mes amis aux États-Unis : l’année prochaine, ne restez pas, venez en Côte d’Ivoire pour participer à l’organisation. Pour moi, c’est à 100 %. »
Lady momie : « Cette année, j’étais prête »
Lady momie, elle, n’a qu’un mot : joie. « Je viens faire les cinq prières de l’islam . Je suis tellement heureuse. Franchement, j’ai toujours prié pour ça. Alhamdoulilahi rabbil ‘alamin. »
Une première fois réussie, dont elle veut déjà prolonger l’élan : « Je pense que l’année prochaine, je serai parmi les Hadja, inchallah. » Avant de dédier son pèlerinage à son père et à tous ceux qui l’ont soutenue.
L’imam Keïta veut rassurer : « L’équipe d’encadrement de Côte d’Ivoire est avertie, très performante. Et nos pèlerins sont en majorité formés. » De quoi envisager la suite , Médine, puis La Mecque avec optimisme.
Reste une certitude, partagée par tous : ce premier vol, aussi « cobaye » soit-il, a pris son envol. Et les prières, déjà, accompagnent chaque pas vers les lieux saints.
DIANE MOUSSA
