Hadja MARIAM DOUMBIA : « Ici, on apprend à prier, à penser, à parler… et surtout à devenir meilleur. »
À la mosquée Salam du Plateau, les vacances scolaires prennent une tout autre dimension. Grâce à un programme mêlant apprentissage religieux, culture générale et développement personnel, plus de 160 enfants sont encadrés dans un cadre à la fois spirituel et éducatif. Derrière cette initiative, des femmes engagées, des enseignants passionnés et une vision claire : éduquer l’enfant dans sa globalité, loin des dérives de la rue.

Veillez vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Hadja Mariam Doumbia, la secrétaire de l’organisation des femmes de la mosquée Salam du Plateau et c’est à nous que l’imam Djigiba, le recteur de la mosquée, nous a confié la tâche d’accompagner les oustazes dans l’accompagnement des enfants en fait pour les cours de vacances islamiques.
islamiques pour les enfants ?
L’idée naît d’une préoccupation partagée par de nombreux parents : l’avenir de leurs enfants. L’oisiveté étant un terreau fertile aux dérives, il devenait urgent d’offrir un cadre sécurisé, enrichissant et spirituel durant les vacances scolaires. C’est dans cet esprit que les cours ont été mis en place, pour que les enfants puissent apprendre leur religion dans un environnement sain, loin des tentations de la rue.
Quels sont les objectifs pédagogiques poursuivis ?
L’objectif premier est l’apprentissage correct de la prière, car selon les enseignements islamiques, c’est le premier acte sur lequel chaque croyant sera jugé. À cela s’ajoute l’apprentissage de la lecture du Coran, ainsi que l’éducation au comportement prophétique, afin que les enfants s’imprègnent de valeurs éthiques et spirituelles solides.

Comment sont structurés les niveaux et les profils des élèves ?
Les enfants sont répartis en trois grands niveaux : débutant, intermédiaire et avancé. Chaque niveau peut à son tour être subdivisé selon les compétences. Certains ne savent ni lire ni écrire, d’autres connaissent déjà quelques bases. Les cours islamiques se déroulent le matin, tandis que les cours culturels (anglais, informatique, développement personnel, etc.) se tiennent l’après-midi. Pour ces derniers, les groupes sont formés par tranches d’âge afin d’adapter les approches pédagogiques.
Quelle est l’ampleur de la participation cette année ?
Le programme a accueilli 160 enfants, bien au-delà des 100 initialement prévus. Face à la forte demande, deux nouvelles classes ont été ouvertes et de nouveaux encadreurs recrutés. Malgré l’espace limité, la dynamique d’inscription montre l’intérêt croissant des familles pour cette initiative.

Quel est le contenu typique d’une journée de cours ?
Les matinées sont consacrées aux sciences islamiques : prière, invocations, alphabet arabe, récitation du Coran et moralité. L’après-midi, place aux activités d’ouverture sur le monde : initiation à l’anglais, à l’informatique, développement personnel et même entrepreneuriat. Un vendredi sur deux, les enfants sont mis en situation pour créer une entreprise fictive, dans une approche ludique et éducative.
Quelles sont les méthodes pédagogiques utilisées ?
L’équipe enseignante est jeune et proche des enfants. Les méthodes sont interactives : puzzles éducatifs, tableaux magnétiques, ardoises effaçables… Le but est de rendre l’apprentissage à la fois accessible et ludique. La pédagogie est aussi centrée sur le respect mutuel et la bienveillance.
Comment les enfants réagissent-ils à cette initiative ?
La majorité est enthousiaste et assidue. Certains reviennent d’année en année. Plusieurs parents confient même que leurs enfants réclament le retour des cours dès la fin des vacances. L’atmosphère bienveillante, les activités variées et le cadre agréable favorisent leur attachement.

Les parents sont-ils impliqués ?
Les parents jouent un rôle actif. Une plateforme de communication leur est dédiée, où sont partagés photos, plannings, et comptes-rendus. Leur confiance et leurs encouragements renforcent la dynamique. Certains participent aussi matériellement, conscients des limites financières du programme.
Qu’en est-il de la discipline ?
Le cadre est strict mais bienveillant. Les premières semaines peuvent comporter quelques ajustements, mais les valeurs islamiques de respect et de maîtrise de soi sont constamment rappelées. Les enfants apprennent à gérer leurs émotions et à réparer leurs erreurs. Le dialogue prime sur la punition.
Des projets pour la suite ?
Oui. Un prolongement du programme est prévu chaque samedi, toute l’année, afin de consolider les acquis. Des rencontres culturelles – comme le jus littéraire pour enfants et le café littéraire pour parents – sont également en préparation. Pour les plus de 17 ans, un programme nommé After Isha sera lancé : rencontres spirituelles et conviviales autour d’un thé, animées par un imam.
Quel est le coût du programme ?
Les frais d’inscription sont de 35 000 FCFA. Ce montant inclut les cours, les repas, et une partie des activités. Toutefois, il ne couvre pas tous les frais réels. Des sorties récréatives sont proposées en supplément selon les destinations. Malgré les contraintes budgétaires, aucun enfant n’est exclu pour des raisons financières. Les organisateurs comptent aussi sur les dons et la solidarité des parents pour maintenir la qualité du programme.
Un dernier mot ?
L’appel est lancé à toutes les bonnes volontés. L’éducation de nos enfants est une responsabilité partagée. Ce programme ne peut tenir que grâce à l’implication collective. Ensemble, nous pouvons offrir à la jeunesse un avenir plus ancré dans les valeurs, la foi et le savoir.
DIANÉ MOUSSA
