Au Maoulid 2026, l’Imam Mamadou Sanogo appelle à replacer la Zakat au cœur de la fraternité et de la solidarité.
Abidjan, 24 août 2026. — Et si la véritable fraternité ne se mesurait pas seulement aux paroles, mais à ce que nous sommes prêts à donner aux plus vulnérables ? C’est l’une des fortes interpellations ressorties de la conférence du Maoulid 1448 H, tenue à la Grande Mosquée de la Riviera Golf autour du thème : « La célébration du Maoulid : une opportunité de renforcement de la fraternité et de la solidarité ».
Excellence Monsieur le Président de la République, je vous prie de bien vouloir accepter mes salutations déférentes.
Auguste assemblée,
Mesdames et messieurs,
je fais miennes toutes les formules protocolaires de préséance observées avant moi et j’adresse à toutes et à tous, mes salutations respectueuses.
INTRODUCTION
Mesdames et messieurs
La communauté musulmane d’ici et d’ailleurs, célèbre chaque année, durant le mois de Rabî al-Awwal, troisième mois du calendrier hégirien, la naissance du Prophète Mohammad PSL. Cette commémoration offre un moment privilégié à chacun et à chacune de se ressourcer au plan spirituel. Une injonction divine nous indique le devoir qui est le nôtre envers le Messager d’Allah :
« قُلْ إِن كُنتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ ۗ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَّحِيمٌ »
« Dis : Si vous aimez Allah, suivez-moi. Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. » (S3, V31)
Cette année, le Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques (COSIM) nous invite à réfléchir sur le thème : « La Célébration du Maoulid : une opportunité de renforcement de la fraternité et de la solidarité ».
Quels constats faisons-nous aujourd’hui de la fraternité et de la solidarité en Côte d’Ivoire et ailleurs ?
Aujourd’hui, la fraternité et la solidarité souffrent de l’individualisme grandissant. Les tensions identitaires et parfois nationalistes, ainsi que la crise de confiance entre personnes de la même famille ou d’une même société, constituent des obstacles qui affaiblissent les liens sociaux et l’entraide au quotidien.
Sur les hautes orientations du Cheikhoul Aima Ousmane DIAKITÉ, Guide de la Communauté musulmane de Côte d’Ivoire, nous aurons l’honneur et la responsabilité d’aborder cette problématique autour de trois axes. A savoir :
-AXE 1 : APERÇUS ET DEFINITIONS DES ASPECTS DE LA FRATERNITE ET DE LA SOLIDARITE
-AXE 2 : LES FONDEMENTS ISLAMIQUES DE LA FRATERNITE ET DE LA SOLIDARITE
-AXE 3 : LES MECANISMES POUR LE RENFORCEMENT DE LA FRATERNITE SOLIDAIRE : Cas de la zakat
-CONCLUSION
AXE 1 : APERÇUS ET DEFINITIONS DES ASPECTS DE LA FRATERNITE ET DE LA SOLIDARITE
Auguste assemblée
La fraternité désigne le lien moral, social ou spirituel qui unit les êtres humains. A ce titre, ils se considèrent comme membres d’une même famille.
Quant à la solidarité, c’est un principe moral et social. Elle incite les personnes à s’entraider et à se sentir responsables les uns envers les autres.
La fraternité et la solidarité s’appréhendent et se manifestent à divers niveaux :
1. La fraternité par lien de sang (Fraternité biologique)
Elle est la forme la plus directe et se fonde sur un lien de filiation. La famille biologique constitue la première école de la fraternité. Le verset 1 de la sourate 4 An-Nisa (Les Femmes) illustre parfaitement le lien de parenté et du sang (Ar-Rahim), enjoignant les croyants à le respecter :
﴿يَاأَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُوا رَبَّكُمُ الَّذِي خَلَقَكُمْ مِنْ نَفْسٍ وَاحِدَةٍ وَخَلَقَ مِنْهَا زَوْجَهَا وَبَثَّ مِنْهُمَا رِجَالًا كَثِيرًا وَنِسَاءً وَاتَّقُوا اللَّهَ الَّذِي تَسَاءَلُونَ بِهِ وَالْأَرْحَامَ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلَيْكُمْ رَقِيبًا﴾
« Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement »
Elle implique des devoirs naturels de solidarité en termes de protection, d’assistance, d’entraide et d’affection au sein du cercle familial, restreint ou élargi.
2. La fraternité religieuse (par la foi)
C’est la communauté de personnes qui partagent les mêmes croyances et valeurs spirituelles. Elles deviennent ainsi des frères et sœurs en la foi, liés par un engagement commun envers Dieu. La fraternité religieuse en Islam est mentionnée, entre autres, dans la sourate 49 Al-Hujurat (Les Appartements) au verset 10 et je cite :
﴿إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ فَأَصْلِحُوا بَيْنَ أَخَوَيْكُمْ وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْتُرْحَمُونَ﴾
« Les croyants ne sont que des frères. Établissez la paix entre vos frères et craignez Allah, afin que vous obteniez la miséricorde ». Fin de citation
Au nom de ce partage d’idéal religieux, se manifeste un devoir de solidarité dépassant le cadre familial pour inclure la communauté de foi.
3. Le lien de fraternité et de solidarité par l’appartenance à la même nation (Fraternité nationale)
Elle illustre le précepte divin : « Et Nous vous avons constitués en peuples et en tribus afin que vous vous entreconnaissiez… » (S49 / Les Appartements, V13).
En Côte d’Ivoire, Al Hamdoulillah, nous sommes plus de soixante ethnies. Nous sommes tous frères et sœurs, réunis sous le même drapeau national. Cette diversité culturelle est une richesse qui encourage l’échange, l’apprentissage mutuel et la cohésion nationale.
La fraternité citoyenne impose l’amour du pays, le respect des lois républicaines, le civisme et la solidarité nationale pour construire ensemble une société paisible.
Cela se manifeste dans les actions de bénévolat, les initiatives de quartier, la protection des personnes vulnérables, et dans les systèmes d’entraide républicains tels que la sécurité sociale et les services publics.
4. La fraternité universelle, le lien d’Adam (le lien d’humanité)
Au-delà de la fraternité filiale, religieuse, nationale et, nous sommes frères et sœurs en humanité.
L’origine commune de toute l’humanité nous est rappelée par le verset 1 de la Sourate 4 où Dieu nous dit : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être… »
La mise en pratique de ce verset implique quechaque personne humaine, quelle que soit sa couleur, sa culture ou sa classe sociale, fait partie de la même famille humaine. Cette reconnaissance exige le respect total de la dignité humaine, la justice, la bienveillance pour tous et la protection de la vie de chaque personne.
L’on note qu’à l’échelle internationale, la fraternité apparaît dès le premier article de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10 décembre 1948 à Paris, par les 58 États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale. Il est inscrit dans cette déclaration que les êtres humains « doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité », suivant l’orientation d’Allah telle que cité plus haut dans le verset 1 de la Sourate 4.
L’ONU a également institué le 4 février comme « Journée internationale de la fraternité humaine ». Une célébration pour promouvoir le dialogue et la solidarité entre les citoyens, les cultures et les religions.
Cela implique : l’aide humanitaire d’urgence lors de catastrophes naturelles ou de conflits, la coopération au développement pour combattre la pauvreté, et la mobilisation collective face aux grands enjeux tels que les crises sanitaires, le changement climatique et la protection des droits humains. Tout cela nous amène à prendre conscience que le bien‑être et l’avenir de chaque nation sont liés à ceux du monde entier.
Mesdames et Messieurs
Après avoir examiné le premier axe de notre réflexion, intéressons-nous maintenant au second axe, qui porte sur :
LES FONDEMENTS ISLAMIQUES DE LA FRATERNITE ET DE LA SOLIDARITE
La fraternité : une obligation religieuse
Le Prophète a déclaré : « Aucun de vous ne sera pleinement croyant tant qu’il n’aime pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. » (Sahih al-Bukhârî et Sahih Muslim)
Il nous enseigne également que : « Les croyants, dans leur amour, leur miséricorde et leur compassion mutuels, sont semblables à un seul corps : lorsqu’un membre souffre, tout le corps partage son insomnie et sa fièvre. » (Sahih Muslim)
Ce qui implique que lorsqu’une seule personne souffre de la faim, toute la communauté devrait se sentir concernée.
Chers frères et sœurs,
L’un des plus grands chantiers sociaux sur lequel le Messager de l’Islam AS a travaillé, fut le fait d’unir des peuples qui se faisaient la guerre depuis des générations.
A son arrivée à Médine, l’Envoyé d’Allah a trouvé que les deux grandes tribus autochtones, appelées les « Aws » et les « Khazraj », vivaient dans une rivalité permanente. Grâce au message de l’Islam, ils sont devenus des frères.
A Medine, le Messager d’Allah (saw) a brisé les barrières de race, de classe sociale et d’origine instaurant un lien de fraternité entre les Mouhâjiroûn et les Ansâr.
Il les a associés, les uns aux autres, conférant à la communauté une force sociale. Les Compagnons ont appris que le partage et la responsabilité collective constituent le fondement de la solidarité. Partant de là, le croyant regardait son frère comme un prolongement de lui-même, et non comme un adversaire ou un étranger.
Ce projet social et sociétal a permis le partage de logements, de terres et de biens créant une solidarité concrète. Le Prophète PSL a édifié une civilisation où la fraternité était un principe, la solidarité une pratique et la miséricorde une méthode.
Ainsi naitra la Constitution de Médine qui est le premier pacte citoyen écrit. Cette constitution a garanti la liberté de culte, la protection mutuelle et la justice pour toutes les tribus, qu’elles soient musulmanes, juives ou polythéistes. La Constitution de Médine crée une seule communauté nationale, la Ummah au sens politique du terme.
Bilal ibn Rabah (Abyssin), Salman al-Farisi (Perse) et Suhayb ar-Rumi (Romain) ont été élevés au rang de figures majeures et de frères de sang, par les compagnons de la tribu des Quraysh, sous les orientations de l’illustre homme envoyé par Allah pour guider l’humanité toute entière, Mouhammad PSL .
L’on note que dans son discours d’adieu, le Prophète (saws) a affirmé que les supériorités raciales ou sociales ne doivent pas exister pour une fraternité et une solidarité plus fluide.
« Un Arabe n’a pas de supériorité sur un non-Arabe, ni un non-Arabe sur un Arabe, si ce n’est par la piété. »
Chers frères, chères sœurs,
La véritable preuve de notre amour pour le Messager d’Allah PSL est de suivre son enseignement et d’adopter son comportement.
L’hommage le plus beau que nous puissions rendre au Messager d’Allah PSL, n’est pas seulement de parler de lui, mais de vivre comme il nous a enseigné.
Si la commémoration du Maoulid nous incite à rapprocher nos cœurs, renforcer nos liens de fraternité, porter secours et assistance aux pauvres et surtout à réconcilier les familles, alors cette commémoration aura porté des fruits conformément aux nobles objectifs de l’Islam.
Préservation des liens de sang (Silat ar-Rahim) :
Le Prophète (saws) a dit que « la rupture des liens de parenté empêche l’entrée au Paradis » (rapporté par Al-Bukhari et Muslim).
Mesdames et Messieurs, chères sœurs, chers frères,
Pour finir, nous allons parler des MECANISMES POUR LE RENFORCEMENT DE LA FRATERNITE SOLIDAIRE.
Piliers fondamentaux pour la cohésion sociale, la fraternité et la solidarité se manifestent par des actions concrètes, morales, spirituelles et matérielles, telles que :
C’est pourquoi nous saluons les actions de solidarité du gouvernement à l’égard des populations venant des pays frères voisins du fait de l’instabilité sécuritaire qui y règne.
Mesdames et messieurs,
Un des mécanismes obligatoires et permanents de renforcement de la solidarité et de la fraternité est la Zakat.
La Zakat (aumône obligatoire), un des cinq piliers de l’islam, le 3eme dans l’ordre chronologique, consiste à ce que le musulman donne une part de sa richesse à Allah, au bénéfice des nécessiteux.
Montant général : En principe, elle représente 2,5 % de l’épargne et des biens ayant atteint le seuil minimal imposable (le Nisâb) sur une année.
Rendue obligatoire, au cours de la 2ème année de l’Hégire, le Coran mentionne à 32 reprises l’obligation de s’acquitter de la Zakat.
Allah (azwj) dit : “Et accomplissez la Salat et acquittez la Zakat”. “Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis”
Le premier calife de l’Islam, Abou Bakr As-Siddiq, a affirmé avec force que la zakat est un droit inaliénable sur les biens. Il a déclaré qu’il combattrait quiconque dissocierait l’obligation de la prière de celle de l’aumône légale, menant ainsi les guerres contre ceux qui refusaient de s’en acquitter après la mort du Prophète.
Sous le califat d’Omar ibn al-Khattâb (634-644), la gestion de la zakat a été transformée en un véritable système public de solidarité et de lutte contre la pauvreté. L’objectif était d’organiser la collecte et la distribution équitable des richesses pour subvenir aux besoins des plus démunis
Sous la gouvernance du Prophète Muhammad (PSL) à Médine, la Zakat a été institutionnalisée non comme un simple impôt, mais comme un système vivant de sécurité sociale et de redistribution. Le Messager (PSL) envoyait des agents assermentés pour prélever cette aumône légale sur les surplus de richesses des nantis de chaque région (comme le Yémen ou les tribus alliées) afin de la redistribuer immédiatement sur place aux plus vulnérables de la communauté
Nous ne pourrons jamais échapper à cette responsabilité financière en nous souciant uniquement à ce bas-monde. Dans le Saint-Coran, Allah le Très-Haut, le seul vrai Maître de l’univers et de tout ce qu’il contient, dit:
« لَن تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّىٰ تُنفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ ۚ وَمَا تُنفِقُوامِن شَيْءٍ فَإِنَّ اللَّهَ بِهِ عَلِيمٌ « .
« Vous n’atteindrez la (vraie) piété, que si vous faites largesses de ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesses, Allah le sait certainement bien » S3, V92
Chers frères, Chères sœurs
Pour le renforcement de la Fraternité, la Zakat vient jouer un rôle de premier plan. Elle efface l’orgueil des riches et la jalousie des pauvres.
La zakat fait du croyant eu élu d’Allah comme tous les autres piliers de l’Islam. Un hadith Qoudsi nous assure et je cite :
« مَنْ عَادَى لِي وَلِيًّا فَقَدْ آذَنْتُهُ بِالحَرْبِ، وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّعَبْدِي بِشَيْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ… »
« Quiconque s’en prend à l’un de Mes alliés, alors assurément Je lui déclare la guerre ! Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par un acte que J’aime plus que lorsqu’il accomplît ce que Je lui ai prescrit comme obligation … » fin de citation.
La Zakat, proprement acquittée, prépare une société stable où chacun prend soin de l’autre. C’est la solidarité qui se manifeste à grande échelle et la fraternité humaine qui s’enracine.
Il est nécessaire pour tout croyant, redevable à la Zakat, de s’inscrire dans cette droite ligne, à chaque fois que le ton est donné par la Fondation Zakat, Waqf et œuvres de bienfaisance, structure chargée de la collecte et de la redistribution de la Zakat, fondée depuis 2009 par les leaders religieux de notre communauté, à leur tête à l’époque Feu Cheick Boikary Fofana.
La dignité que nous aurons dans ce monde et l’honneur que nous atteindrons dans l’au-delà dépendent de l’acte cultuel de la Zakat, en plus des autres devoirs que nous accomplirons. Au Verset 85 de la sourate 2 Al Baqarat Allah fait une mise en garde à l’encontre de ceux qui ne retiennent de sa loi que ce qui sert leurs intérêts et en écartent ce qui s’y oppose.
« أَفَتُؤْمِنُونَ بِبَعْضِ الْكِتَابِ وَتَكْفُرُونَ بِبَعْضٍ ۚ فَمَا جَزَاءُ مَن يَفْعَلُ ذَٰلِكَ مِنكُمْ إِلَّا خِزْيٌ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا ۖ وَيَوْمَ الْقِيَامَةِ يُرَدُّونَ إِلَىٰ أَشَدِّ الْعَذَابِ ۗ وَمَا اللَّهُ بِغَافِلٍ عَمَّاتَعْمَلُون« ,
Cette forme d’interrogation faite par Allah s’appelle
« استفهام إنكاري وتوبيخي «
C’est une interrogation aux sens d’indignation et de condamnation pour le fait de croire en une partie des enseignements du Livre et d’en rejeter d’autre.
Conséquences pour ceux qui refusent de payer la Zakat
Le désir irrésistible des biens matériels et l’amour des richesses, l’avarice et l’avidité sont les signes de la pire forme de maladie spirituelle. Leurs effets négatifs détruisent la personnalité humaine. La zakat et la charité sont des moyens de sortir de ce cercle vicieux. Allah (swt) s’adressant au Prophète (saw) le guide en disant : « Prélevez de leurs biens une aumône afin de les purifier et de les sanctifier. Et priez pour eux. Vos prières sont pour eux une source de sécurité. Et Allah est Audient et Omniscient.« (Al-Coran, 9:103).
Cependant, pour celui qui ne tient pas compte de cet avertissement et ne paie pas la Zakat, Allah (swt) a révélé un châtiment et un tourment sévères comme un autre avertissement .
وَالَّذِينَ يَكْنِزُونَ الذَّهَبَ وَالْفِضَّةَ وَلَا يُنفِقُونَهَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَبَشِّرْهُم بِعَذَابٍ أَلِيمٍ (34) يَوْمَ يُحْمَىٰ عَلَيْهَا فِي نَارِ جَهَنَّمَ فَتُكْوَىٰ بِهَا جِبَاهُهُمْ وَجُنُوبُهُمْ وَظُهُورُهُمْ ۖ هَٰذَا مَاكَنَزْتُمْ لِأَنفُسِكُمْ فَذُوقُوا مَا كُنتُمْ تَكْنِزُونَ
« Ceux qui préfèrent garder leur or et argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce leur un châtiment douloureux, le jour où ces trésors seront portés à l’incandescence dans le feu de l’enfer et que leurs fronts en seront brulés ainsi que leurs flancs et leurs dos, on leur dira voici ce que vous avez préféré garder en trésors goutez ce que vous mettiez de côté» (S 9 , V34 & 35)
CONCLUSION
Avant de clore, interrogeons-nous. Que restera-t-il du Maoulid après l’extinction des lampions ? La fraternité aura-t-elle grandi et les familles réconciliées ?
Les divisions auront-elles diminué ? Les pauvres auront-ils été soulagés ?
Autrement dit, le Maoulid est-il seulement une célébration… ou peut-il devenir un puissant levier de transformation sociale ?
Vivement que la réponse soit affirmative.
L’anthropologue musulman, Ibn Khaldoun dit que : « L’homme est civil par nature ; il a besoin de ses semblables pour vivre et accomplir son destin sur terre ».
Le penseur et philosophe musulman, Al Imam Al-Farabi proclame que: « La cité vertueuse est semblable à un corps sain et parfait, dont tous les membres s’entraident pour maintenir la vie de l’ensemble. »
Renforcer la fraternité et la solidarité, tel qu’enseigné par l’islam n’est pas une option. C’est une obligation morale et sociétale. C’est une expression de foi, d’empathie et de responsabilité envers autrui et un chemin vers le vivre ensemble dans une parfaite harmonie.
Qu’Allah nous guide sans cesse sur cette voie.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
