Le Cameroun parmi les pays d’accueil des déportés des USA ?

Les Etats-Unis font face à une surveillance accrue, suite à des informations faisant état d’expulsions secrètes de migrants camerounais, soulevant des questions quant au secret qui entoure le programme d’expulsion de Washington pour les demandeurs d’asile déboutés.

Selon des informations en provenance des Etats-Unis, consultées à APA mardi, les migrants ont été expulsés des Etats-Unis en janvier, menottés, et déposés dans un centre de détention géré par l’Etat au Cameroun. Ils ne seraient autorisés à partir que s’ils acceptaient de retourner dans leur pays d’origine.

Aucune communication officielle n’a été faite par les autorités camerounaises et américaines concernant cet accord.

D’après le New York Times, plusieurs des personnes expulsées bénéficiaient d’ordonnances judiciaires américaines les protégeant de l’expulsion, mais ont malgré tout été renvoyées.

Ces révélations mettent en lumière le recours croissant des Etats-Unis aux expulsions vers des « pays tiers », une pratique autrefois rare, désormais de plus en plus fréquente dans le cadre de la politique migratoire renforcée du président Donald Trump. Un récent rapport de contrôle du Sénat a révélé que Washington a déjà versé au moins $32 millions à des pays disposés à accueillir des migrants expulsés – une solution de contournement permettant aux Etats-Unis d’éviter de
renvoyer directement les demandeurs d’asile vers des pays où ils risquent la torture, l’emprisonnement, voire la mort.

Les organisations de défense des droits humains affirment que ce système exploite des zones grises juridiques : si la loi américaine interdit de renvoyer les demandeurs d’asile vers des lieux dangereux, elle n’interdit pas explicitement de les envoyer dans des pays tiers sans lien avec leur situation.

On ignore si ces pays respectent les demandes d’asile ou s’ils exercent simplement des pressions sur les migrants pour qu’ils retournent dans les pays qu’ils ont fui.

Le Cameroun n’est pas le seul pays utilisé.

L’Eswatini, la Guinée équatoriale et le Ghana ont également servi de points de transit pour des migrants discrètement renvoyés dans leur pays d’origine, malgré le fait que certains d’entre eux bénéficient d’une protection juridique aux États-Unis.

Ces révélations surviennent alors que la politique d’immigration du second mandat de Trump s’intensifie, avec des rafles à grande échelle et des expulsions massives qui suscitent des critiques, même de la part de certains de ses alliés traditionnels.

Les analystes avertissent que le recours aux expulsions vers des pays tiers annonce un démantèlement plus général des protections établies de longue date en matière d’asile.

APA avec islaminfo