Le gouvernement malien a récemment acté son entrée majoritaire au capital d’une société dédiée à la production d’explosifs à usage civil. Cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre des réformes engagées dans le secteur minier depuis l’adoption du nouveau Code minier.
Dans un communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres tenu récemment au Palais de Koulouba, les autorités ont annoncé l’adoption de textes autorisant la participation de l’État à hauteur de 51 % dans le capital de la Société Industrielle du Centre du Mali FARATCHI-CO-SA. Cette entreprise est créée en partenariat avec la société chinoise Auxin, à la suite d’un pacte d’actionnaires signé en novembre 2024.
Selon les termes du communiqué, cette initiative vise à renforcer la gestion des explosifs à usage civil, à développer une industrie locale et à améliorer les mécanismes de surveillance et de sécurité liés à leur utilisation, notamment dans les activités minières.
Les explosifs civils sont utilisés principalement dans l’exploitation aurifère industrielle, les carrières et certains travaux de génie civil. Le Mali, l’un des principaux producteurs d’or du continent africain, dépend historiquement des importations pour l’approvisionnement de ce type de produits sensibles.
Cette évolution intervient dans un environnement réglementaire progressivement durci depuis 2022. Dans le contexte de la lutte contre le terrorisme et de la prolifération d’engins explosifs improvisés, les autorités maliennes ont renforcé les textes encadrant les substances dangereuses, notamment à travers des arrêtés interministériels portant sur l’autorisation préalable, la traçabilité, le stockage sécurisé et le transport des explosifs civils. Ces dispositions, complétées par des mesures de contrôle renforcé aux frontières et sur les sites d’exploitation, visent à limiter les risques de détournement vers des usages illicites. Elles ont toutefois modifié les conditions d’exercice des entreprises du secteur, désormais soumises à des obligations accrues de déclaration, de suivi des stocks et de coopération avec les services de sécurité.
D’après les données commerciales disponibles, le pays avait importé pour environ 5,2 millions de dollars de produits liés aux explosifs et articles pyrotechniques au cours du deuxième trimestre 2023. Ces importations concernaient essentiellement des usages industriels autorisés, dans un contexte marqué par un renforcement progressif des règles de contrôle.
La création d’une unité de production locale vise ainsi à plus étroitement l’accès à ces produits. Aucune donnée officielle n’a toutefois été communiquée à ce stade sur la capacité annuelle de production, les volumes physiques attendus ou le calendrier opérationnel de l’usine.
Cette décision intervient dans un contexte de réformes plus larges du secteur extractif. En 2023, le Mali a adopté un nouveau Code minier ainsi qu’une loi sur le contenu local, avec pour objectif d’accroître les retombées économiques nationales, de renforcer la participation de l’État et de structurer les chaînes de valeur liées aux ressources naturelles.
La participation majoritaire de l’État dans FARATCHI-CO-SA s’inscrit dans cette dynamique, alors que les autorités cherchent à mieux intégrer les activités minières à l’économie nationale tout en renforçant les dispositifs de sécurité autour de produits classés sensibles.
APA avec islaminfo
