
- Comprendre la stratégie ukrainienne pour le marché halal.
- Découvrir l’importance de la certification halal pour l’exportation.
- Explorer les opportunités économiques en Asie du Sud-Est.
Alors qu’en France, le halal continue de susciter des débats sans fin, souvent présenté comme un marqueur idéologique voire assimilé à une forme d’islamisme, la perception est très différente ailleurs en Europe et dans le monde. Dans de nombreux pays, le halal est avant tout envisagé comme une norme commerciale, un outil d’accès aux marchés internationaux et un label de qualité, déconnecté des polémiques identitaires. L’exemple ukrainien en offre une illustration parlante.
L’Ukraine poursuit en effet ses efforts pour diversifier ses débouchés commerciaux et renforcer son secteur agroalimentaire. Parmi les priorités actuelles figure le développement des exportations de produits halal, un marché en pleine expansion à l’échelle mondiale. Les autorités ukrainiennes travaillent à l’élargissement des accréditations en matière de certification halal afin de permettre aux producteurs nationaux d’accéder à de nouveaux pays, notamment en Asie du Sud-Est. Cette stratégie a été présentée par Serhiy Tkachuk, responsable de la State Service for Food Safety and Consumer Protection, lors d’une réunion avec des représentants d’organismes spécialisés dans la certification halal. Cette institution publique est chargée de garantir la sécurité sanitaire des aliments et la protection des consommateurs en Ukraine. Elle supervise également les normes de qualité, les certifications officielles et les conditions d’exportation des produits agroalimentaires.
Dans de nombreuses régions du monde, la certification halal est aujourd’hui indispensable pour commercialiser des produits alimentaires. C’est notamment le cas au Moyen-Orient, en Afrique et dans une grande partie de l’Asie. Sans ce certificat, l’accès à ces marchés est impossible, quels que soient la qualité ou la compétitivité des produits proposés.
La certification halal, un enjeu clé pour l’export
Le certificat halal atteste que les produits respectent les règles et traditions islamiques à toutes les étapes de leur fabrication. Cela concerne aussi bien la sélection des ingrédients que les méthodes d’abattage, les procédés de transformation ou encore les conditions de stockage et de transport. Il peut être délivré par une autorité officielle du pays importateur ou par des organismes de certification accrédités à l’étranger.
Les producteurs ukrainiens disposent déjà de certaines possibilités pour obtenir une certification halal et exporter vers plusieurs pays où les normes de ce label sont appliquées. Toutefois, ces opportunités restent limitées. Les autorités souhaitent désormais élargir cette reconnaissance afin de lever les obstacles administratifs et d’ouvrir de nouveaux débouchés.
L’Asie du Sud-Est dans le viseur
Selon Serhiy Tkachuk, l’Ukraine entend étendre la géographie de ses exportations halal et obtenir de nouvelles accréditations reconnues à l’international. Parmi les marchés ciblés figurent Singapour, Indonésie et Vietnam. L’Indonésie, qui abrite la plus grande population musulmane au monde, impose des règles strictes en matière de certification halal. Singapour, plateforme commerciale régionale majeure, accorde une importance particulière à la conformité aux normes internationales. Le Vietnam, bien que majoritairement non musulman, s’intéresse lui aussi de plus en plus aux standards halal, notamment dans une logique d’exportation.
Au-delà de sa dimension religieuse, le halal est aujourd’hui largement perçu comme un label de qualité, de traçabilité et de sécurité sanitaire. Pour l’Ukraine, investir ce marché représente une opportunité stratégique de diversification économique et d’intégration durable dans les échanges commerciaux internationaux.
Oumma avec Islam Info
