Mali : la justice présente son bilan 2025

Le ministère de la Justice du Mali a procédé, lundi 30 mars 2026 à Bamako, à la remise symbolique de son rapport annuel d’activités 2025. Ce document fait le point sur les performances du secteur judiciaire, les réformes engagées et les principaux indicateurs de l’année écoulée.

La cérémonie a été présidée par le Garde des Sceaux, Mamadou Kassogué, en présence des membres du cabinet, du secrétariat général et de plusieurs responsables des services centraux ainsi que des juridictions.

À l’ouverture, le secrétaire général du département, Dr Boubacar Sidiki Diarrah, a présenté ce rapport comme un outil de suivi, d’évaluation et de redevabilité, visant à améliorer la gouvernance du secteur judiciaire.

Au total, onze services centraux et quatre juridictions ont pris part à la restitution synthétique de leurs activités pour l’exercice 2025.

Cet exercice, désormais institutionnalisé au sein du ministère, s’inscrit dans la continuité des éditions précédentes, notamment celle de mars 2025 qui avait donné lieu à la présentation d’un rapport détaillé couvrant l’ensemble des pôles judiciaires du pays.

Le document intervient dans un contexte marqué par la mise en avant de plusieurs indicateurs de performance. Selon les données communiquées en février, le Pôle national économique et financier a permis des recouvrements directs et indirects estimés à près de 264 milliards de francs CFA en 2025. Par ailleurs, 119 jugements ont été rendus contre 69 en 2024, avec un taux de traitement des dossiers dans les cabinets d’instruction atteignant 116,53 %, en nette progression.

Sur le plan budgétaire, le ministère indique un budget global de 46,03 milliards de francs CFA, soit 1,43 % du budget de l’État, avec un taux de liquidation des crédits supérieur à 96 %.

Les ressources humaines constituent également un axe important du bilan. En 2025, 140 auditeurs de justice et 200 agents du secteur pénitentiaire et de l’éducation surveillée ont été recrutés. Entre 2022 et 2025, le nombre total d’auditeurs recrutés s’élève à 456, pour un effectif de magistrats estimé à 498.

Le rapport met aussi en avant plusieurs avancées institutionnelles, dont l’opérationnalisation de nouvelles structures comme l’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués, la Direction nationale de la protection judiciaire des enfants et la Direction générale de l’administration pénitentiaire.

Dans son intervention, le ministre Mamadou Kassogué a souligné que ce document constitue un outil d’orientation stratégique pour les services et les décideurs, s’inscrivant dans la dynamique des réformes engagées depuis plusieurs années.

Le rapport revient également sur des dossiers judiciaires majeurs, notamment celui de l’avion présidentiel et des équipements militaires. Cette affaire a conduit à des remboursements de plus de 20,9 milliards de francs CFA ainsi qu’à 10 milliards de francs CFA de dommages et intérêts.

Cette présentation intervient dans un contexte de poursuite des réformes judiciaires, marqué par une communication accrue du ministère sur ses activités, notamment en matière de lutte contre la corruption, de réforme pénitentiaire et de modernisation administrative.

Le rapport devrait servir de base à l’ajustement des politiques publiques du secteur judiciaire pour l’année 2026.

APA avec islaminfo

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