Mali : l’UA relance le dialogue diplomatique à Bamako

Le nouveau Haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a entamé à Bamako une mission visant à renforcer les contacts entre l’organisation continentale et les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

Le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta, a reçu jeudi à Bamako le nouveau Haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, le Dr Mamadou Tangara, dans le cadre d’une mission destinée à consolider le dialogue entre l’organisation continentale et les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

L’audience, tenue au palais de Koulouba, s’est déroulée en présence du ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et de la conseillère diplomatique du chef de l’État, Fatou Binta Diop.

À l’issue de la rencontre, le diplomate gambien, récemment nommé chef du Bureau de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), a indiqué être venu établir un premier contact avec les autorités maliennes afin de définir les priorités de sa mission. Ancien ministre des Affaires étrangères de la Gambie, il a exprimé sa volonté de travailler avec les gouvernements du Mali et des pays sahéliens pour mettre en place un cadre de coopération adapté aux défis sécuritaires régionaux.

Les échanges ont notamment porté sur l’évolution de la Confédération des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ainsi que sur la tournée envisagée du président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, dans plusieurs pays sahéliens pour évaluer la situation sécuritaire.

La visite de M. Tangara intervient dans un contexte marqué par les efforts diplomatiques engagés par l’Union africaine pour renouer le dialogue avec les États de l’AES, suspendus des instances décisionnelles de l’organisation après les changements politiques survenus entre 2020 et 2021. Malgré cette suspension, des mécanismes de concertation sont maintenus à travers les représentants spéciaux de l’UA, dont la MISAHEL, chargée d’accompagner les initiatives de stabilisation dans la région.

Cette démarche s’inscrit également dans une stratégie plus large impulsée par la présidence angolaise de l’Union africaine. En juillet 2025, l’organisation avait désigné le président burundais Évariste Ndayishimiye comme Envoyé spécial pour le Sahel, avec pour mission d’intensifier les contacts avec les autorités de transition, les acteurs régionaux et les partenaires internationaux afin de favoriser le dialogue et promouvoir des solutions durables à la crise sécuritaire.

Dans ce cadre, le président de l’UA, João Lourenço, s’était entretenu avec le général Abdourahamane Tiani du Niger, après une mission de son ministre des Affaires étrangères, Tete António, qui avait effectué une tournée dans les capitales du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qualifiant la situation sécuritaire dans la région de « véritable urgence continentale ».

La nomination de Mamadou Tangara, basé à Bamako, apparaît ainsi comme une étape opérationnelle dans cette offensive diplomatique africaine visant à réduire les tensions institutionnelles avec l’AES, dont les États membres ont renforcé leur coopération sécuritaire et politique après les sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Les autorités maliennes ont, pour leur part, réaffirmé leur disponibilité à poursuivre les échanges avec les partenaires africains, alors que la sécurité et la stabilité du Sahel demeurent parmi les priorités majeures du continent.

APA avec islaminfo