Marmite du Cœur Côte-d’Ivoire : de 2500 plats à 20 000 plats, l’élan solidaire de Ndiaye Absa épouse Koné

En trois ans, l’initiatrice de Marmite du Cœur Côte d’Ivoire a transformé une passion pour la cuisine en un mouvement social qui nourrit sans distinction religieuse et ambitionne de s’étendre à tout le pays.

Partie d’une simple collecte entre proches pour répondre aux demandes de personnes en difficulté, Marmite du Cœur est aujourd’hui à sa troisième édition officielle. Présente à Abobo et désormais à Grand-Bassam, l’initiative vise 20 000 plats en 2026. Transparence, solidarité interreligieuse et expansion nationale : Ndiaye Absa épouse Koné trace les contours d’un engagement social qui ne cesse de grandir.

Disait : « Notre ambition pour 2026 est de réaliser 20 000 plats et d’étendre l’initiative sur tout le territoire ivoirien »

Madame, quelle est l’origine sociale qui vous a motivée à créer Marmite du Cœur ?

L’initiative est née d’un constat simple : beaucoup de personnes sont dans le besoin, notamment pendant les périodes de forte solidarité comme le mois de Ramadan. Étant passionnée de cuisine, je partageais régulièrement mes réalisations sur ma page. De nombreuses personnes me sollicitaient pour avoir à manger.

Face à ces demandes répétées, j’ai décidé d’organiser une collecte afin de préparer des plats à distribuer aux plus démunis. C’est ainsi qu’est née Marmite du Cœur.

Par la suite, j’ai constitué une équipe pour structurer l’initiative et nous avons entamé des démarches administratives pour institutionnaliser nos activités en vue de devenir une ONG.

À quelle édition êtes-vous aujourd’hui ?

Nous sommes à la troisième année officielle, c’est-à-dire depuis que nous avons commencé à comptabiliser les chiffres des plats distribués. L’initiative existait auparavant, mais cette troisième édition marque la structuration formelle de nos actions.

Comment l’initiative a-t-elle évolué depuis ses débuts ?

Nous avons commencé modestement avec trois marmites, soit environ 360 plats. À l’époque, nous cuisinions uniquement deux dimanches pendant le mois de Ramadan, avec une moyenne de 300 à 400 plats distribués par journée.

Au fil du temps, grâce à la visibilité sur les réseaux sociaux et au bouche-à-oreille, les demandes ont augmenté. Nous avons alors intensifié les collectes et élargi la distribution. C’est progressivement que Marmite du Cœur a connu sa croissance.

Pourquoi avoir ciblé Abobo et Grand-Bassam cette année ?

Abobo a toujours été une commune prioritaire pour nous. Lors de nos précédentes distributions, nous avons constaté une forte demande que nous ne pouvions pas entièrement satisfaire. C’est pourquoi nous continuons d’inclure cette commune dans notre programme.

Concernant Grand-Bassam, nous avons voulu sortir d’Abidjan afin d’acquérir de l’expérience en vue d’une expansion future. L’objectif est, à terme, d’étendre Marmite du Cœur à d’autres villes de Côte d’Ivoire.

Comment garantissez-vous la transparence et l’équité dans la distribution ?

Nos distributions se font sans aucune distinction religieuse. Nous servons tout le monde. D’ailleurs, nous avons déjà organisé des distributions dans des églises.

Les collectes ne concernent pas uniquement la communauté musulmane. Des personnes de différentes confessions contribuent. Cette diversité nous engage à maintenir une gestion équitable et transparente.

Pourquoi associer l’action sociale à des périodes religieuses comme le Ramadan ou Noël ?

Marmite du Cœur ne se limite pas au mois de Ramadan. Nous organisons également des activités pendant la fête de Noël. Durant le Ramadan, nous marquons aussi des moments importants comme la Nuit du Destin.

Ces périodes sont des moments de forte solidarité, mais notre action sociale dépasse le cadre strictement religieux.

Qu’est-ce qui vous motive à continuer malgré les difficultés ?

Le sourire des bénéficiaires est notre plus grande motivation. Lorsque les personnes ouvrent leurs plats et découvrent le contenu, leur joie nous encourage à poursuivre.

Il y a aussi des personnes qui n’ont rien pour rompre leur jeûne, parfois même sur la route. Savoir que nous pouvons leur apporter un soulagement nous donne la force de continuer.

Quels sont vos principaux défis logistiques ?

Le principal défi reste financier. Nous nous fixons des objectifs ambitieux alors que, souvent, la caisse est vide au départ. Tout commence par du porte-à-porte et du bouche-à-oreille.

Cependant, la confiance acquise au fil des années nous aide énormément. Les personnes qui ont vu nos actions précédentes contribuent de nouveau chaque année.

Disposez-vous de partenaires institutionnels ?

Pour l’instant, nous n’avons pas de partenaires institutionnels formels. Nous fonctionnons principalement sur fonds propres, avec le soutien d’amis, de proches et de différentes communautés, qu’elles soient musulmanes ou chrétiennes.

Nous souhaitons toutefois collaborer avec des institutions afin de partager notre expérience et renforcer notre impact.

Quelle est votre vision à court et à long terme ?

À long terme, nous voulons étendre Marmite du Cœur à plusieurs villes et villages de Côte d’Ivoire. L’objectif est de faire connaître l’initiative sur l’ensemble du territoire, et pas seulement à Abidjan.

Nous souhaitons également organiser des actions en dehors du Ramadan, notamment pendant les fêtes de fin d’année.

Quel message adressez-vous aux autorités et aux potentiels donateurs ?

Aux autorités, nous demandons un accompagnement logistique. Lorsque nous sollicitons un espace pour organiser une distribution, nous espérons simplement une facilitation administrative. Nous ne venons pas nécessairement demander un appui financier, mais un soutien organisationnel.

Aux donateurs, nous disons que Marmite du Cœur est une initiative sincère qui vise à aider réellement les personnes en difficulté. La confiance est essentielle et nous nous engageons à agir dans la transparence.

Mot de fin

Pour 2026, notre objectif est d’atteindre 20 000 plats, soit 5 000 plats par site.

Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à nous accompagner afin que nous puissions satisfaire le plus grand nombre.

DIANE MOUSSA 

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