À Attoban, dans la commune de Cocody, face au commissariat 30ème arrondissement, un conflit foncier ancien refait surface et met en péril l’avenir de la mosquée ALIF, l’un des repères spirituels majeurs de la communauté musulmane du quartier. Le terrain de la mosquée, reconnus depuis plusieurs décennies comme patrimoine communautaire, sont aujourd’hui revendiqués par un opérateur privé au nom de ALI SABRAOUI, suscitant inquiétude, colère et incompréhension.

Depuis 1989, les terrains jouxtant la mosquée ALIF d’Attoban sont identifiés sur les plans comme espaces réservés à l’extension de la mosquée communautaire. Ces parcelles, d’une superficie totale estimée à 3 700 m², ont toujours été considérées comme un bien collectif destiné à accompagner la croissance de la population musulmane du quartier.

« Ce terrain, c’est la mosquée. Depuis 1989, sur les plans, c’est écrit noir sur blanc », témoigne M. Simon, acteur et témoin direct de cette longue affaire.

Une vente controversée en 2002, sans l’accord de la communauté L’année 2002 marque un tournant.
Un ressortissant libanais, Ali Zabraoui, manifeste à plusieurs reprises son intention d’acheter le terrain, bien qu’il soit présenté comme un terrain communautaire à problème, donc non destiné à la vente.
Après plusieurs tentatives, une transaction est conclue à hauteur de 50 millions de FCFA, sur la base de documents établis au nom d’une tierce personne, présentée comme héritière légitime et affirme que : « Les Imams de la mosquée savent que la mosquée sera détruite » Or les fidèles de la mosquée ne savent rien de cette information.

La communauté musulmane de la mosquée ALIF n’est ni consultée ni officiellement informée. « On n’a jamais été associés à cette vente. On a appris les choses après coup », déplore un membre du comité.
Face à cette situation, les fidèles et riverains s’organisent. Plusieurs mosquées provisoires sont érigées sur le site pour marquer le caractère sacré du terrain et rappeler sa vocation religieuse.
Des arbres sont plantés, des espaces aménagés. Mais ces initiatives se heurtent à des interventions musclées : arbres coupés, constructions détruites, tentatives répétées d’occupation du site. Malgré cela, une petite mosquée d’environ 200 m² est finalement concédée à la communauté musulmane , tandis que le reste du terrain est exploitable Longtemps absent, l’acquéreur refait aujourd’hui surface à travers des représentants et des travailleurs.

Des délais de déguerpissement, évoqués sans communication officielle, font planer une menace directe sur les espaces restants. « Ils parlent de casser la mosquée d’ici la semaine prochaine, de lever les clôtures. Mais les fidèles ne sont pas informés », confie un fidèle local. Selon plusieurs sources, la majorité des fidèles de la mosquée ALIF d’Attoban ignore encore l’ampleur du litige. Si certains responsables seraient partiellement informés, aucune communication claire n’a été faite à l’ensemble de la communauté.

Le Libanais affirme, de son côté, que les membres de la mosquée sont au courant de tout et que les démarches auraient été menées en toute transparence.
Une affirmation vigoureusement contestée par de nombreux fidèles. Au cœur du conflit, une opposition frontale :
• d’un côté, des titres fonciers brandis comme preuves irréfutables ;
• de l’autre, la mémoire collective, les plans initiaux et la vocation religieuse du terrain.
« Le terrain est reconnu comme terrain appartenant à la communauté musulmane de la Rivièra, », dit M. Simon.
Aujourd’hui, la communauté musulmane d’Attoban craint de voir la mosquée ALIF privée de ses terrains compromettant son avenir, son agrandissement et sa capacité d’accueil. Un appel solennel est lancé :
• aux autorités administratives et foncières,
• aux leaders religieux,
• aux juristes spécialisés en droit foncier,
• aux institutions musulmanes nationales,
• et à toute la solidarité de la Oumma.
« Ce combat dépasse une simple affaire de terrain. Il s’agit de préserver un héritage spirituel et communautaire. »
La communauté demande l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente et le retour intégral du terrain à la mosquée ALIF d’Attoban, conformément à leur destination initiale.
Inch’Allah, la vérité et la justice prévaudront.
DIANE MOUSSA
