C’est avec émotion, gratitude et soulagement que les fidèles de la mosquée Alif d’Attoban ont retrouvé leur lieu de culte, après avoir vécu des moments de grande inquiétude, marqués par une menace imminente de démolition attribuée à l’opérateur économique Aly Sabraoui.
Grâce à une décision ferme du Ministère de la Construction, ordonnant la cessation immédiate des travaux dans l’attente d’une clarification complète du dossier, les bulldozers se sont tus, mettant fin, au moins provisoirement, à une situation qui faisait craindre le pire pour ce lieu de culte historique, implanté sur le site depuis 1989.

Sur place, l’émotion est palpable.
Un fidèle, visiblement bouleversé, confie :
« Nous avons cru perdre notre mosquée. La retrouver aujourd’hui debout est une grâce immense. Nous remercions Dieu et toutes les bonnes volontés qui se sont levées pour défendre ce lieu sacré. »

Cette suspension des travaux intervient dans un contexte de forte mobilisation nationale, dépassant les clivages religieux et communautaires. Imams, prêtres, pasteurs, riverains et acteurs de la société civile ont exprimé leur indignation face à la perspective de voir un terrain affecté au culte devenir un objet de spéculation foncière, malgré son statut historique reconnu.

Mais si l’arrêt des travaux est accueilli comme une première victoire morale, la vigilance reste de mise.
La Communauté Musulmane de la Riviera (CMR), déterminée à faire toute la lumière sur cette affaire, a décidé de porter le combat sur le terrain juridique. Avec l’appui de son avocat, Me Doumbia Issiaka, elle entend obtenir que la vérité éclate, tant sur les conditions d’attribution de l’Arrêté de Concession Définitive (ACD) que sur les responsabilités éventuelles dans cette affaire.
Dans le même temps, le président de la CMR a saisi le Cheickoul Aïma, plus haute autorité de l’islam en Côte d’Ivoire, afin qu’il use de son autorité morale pour contribuer à une issue juste et apaisée, dans le respect du droit, des valeurs religieuses et de la paix sociale.

L’affaire de la mosquée Alif d’Attoban dépasse désormais un simple différend foncier. Elle interroge la protection des lieux de culte, le respect des décisions de l’État et la capacité des institutions à préserver le vivre-ensemble dans un contexte de forte pression immobilière.

Pour les fidèles, une chose est certaine :
– la mosquée est encore debout,
– la mobilisation continue,
– et le combat pour la vérité et la justice ne fait que commencer.
DIANE MOUSSA
