Nous sommes passés à plus de deux milliards

Fonds national catholique

Mgr Ignace Bessi DOGBO, président des évêques catholiques :

“ Nous avons commencé les premiers investissements ’’

A trois semaines de la Pentecôte, le président des évêques catholiques a commencé la sensibilisation pour la collecte dans les paroisses.

Aujourd’hui, à combien peut-on estimer la somme que vous avez réunie de­puis que le fonds existe ?

Depuis six ou sept années que le fonds a été mis en place, nous sommes passés à plus de deux milliards. Le fonds est bloqué. Nous avons quand même récol­té quelque chose, parce que nous sommes partis de rien. Il y a eu aussi la pan­démie. L’année

dernière, nous n’avons rien pu faire à cause de la Covid-19. Nous avons aussi commencé les premiers investissements de­puis quatre mois. Le fonds a trois corbeilles. Une corbeille pour l’investissement, une corbeille pour le fonctionne­ment, et une corbeille pour la réserve, au cas où une urgence survenait. Le fonds d’investissement a commen­cé à travailler.

C’est quoi ce premier investissement ?

Une opération immobilière. Nous construisons des mai­sons à mettre en location. Pour renflouer la caisse. C’est un ensemble de 32 apparte­ments, sur un espace situé derrière le siège de la Confé­rence à la Riviera 3. Cet in­vestissement va permettre de renflouer dans deux ans les caisses du Fonds national ca­tholique.

ce fonds pourra- t-il soutenir l’école catholique ?

Le fonds, c’est pour l’autono­mie, la vie de l’Église, dans la solidarité. Donc, tout ce qui fait partie de la vie de l’Église intéresse le fonds. Mais pour le moment, nous le conso­lidons. Il n’y a pas de raison que si le fonds est là, et qu’il y a des problèmes à l’école catholique, le fonds ne fasse rien. C’est Impensable que le fonds soit là et qu’un diocèse ait la toiture de son église en­dommagée et que le fonds ne fasse rien. Nécessairement, le fonds aura à intervenir dans tous les domaines de la vie de l’Église.

A la Pentecôte, vous allez encore faire la sensibilisation ?

 Le message est lancé maintenant. Nous faisons la sen­sibilisation maintenant et à la Pentecôte, ce sera Ia concrétisation, la réalisation. Chacun viendra ce jour-là avec ce qu’il aura amassé, ce qu’il aura préparé, comme le dit l’Apôtre PAUL. Lorsqu’il or­ganisait une collecte pour la Jérusalem, pour les pauvres, de Jérusalem, où il y avait la famine, il a fait faire une collecte. Il disait : n’attendez pas le jour où je serai parmi vous pour donner. Mais préparez-vous maintenant. Que chaque premier jour de la semaine, chacun mette de côté ce qu’il prévoit pour cette collecte. Je pense que c’est maintenant qu’il faut se préparer ; que chacun puisse mettre de côté, jusqu’au jour de la Pentecôte pour déposer son obole à la caisse commune. La quête spéciale dédiée au Fonds national catholique a lieu chaque année durant la, messe de la Pentecôte dans toutes les paroisses. Cette année, c’est le 23 mai pro­chain. Vous avez déjà com­mencé à faire la sensibilisa­tion.

Que représente ce fonds pour l’Église catholique ?

 Pour moi, le fonds, c’est l’Eglise qui vit ce qu’elle est. L’Eglise est née après la Pen­tecôte. lorsque les apôtres prêchaient le Christ ressus­cité. les croyants se sont mis ensemble, et se sont préoccupés de ce que dans la communauté personne ne soit nécessiteux. Chacun amenait ce qu’il avait, on le mettait au pied des apôtres et on le redistribuait selon les besoins. L’objectif était que la communion d’un seul cœur et d’une seule âme se traduise dans les réalités concrètes de la vie. Pour que les membres de cette communauté se sentent unis. Manger et boire nous permet de vivre sur le plan physiologique.

C’est im­portant Si on n’arrive pas à mettre ensemble le manger et le boire, il est difficile de vivre la communion au niveau de l’âme, du cœur et de l’esprit. Les deux sont liés, la com­munion spirituelle et la com­munion matérielle. C’est fon­damental pour l’Église et ce n’est pas une invention des catholiques.

Ce principe existe-t-il au niveau de Rome ?

L’Église a toujours vécu ainsi. Au niveau de Rome, il s’est constitué un fonds. Tous les catholiques du monde en­tier, à une date donnée, font une collecte qu’ils envoient à Rome, et cela revient sous des formes différentes pour soutenir la mission. C’est dans ce cadre que l’Église en Côte d’ivoire, après 100 ans d’évangélisation, a dé­cidé à l’issue d’un congrès à Yamoussoukro, de consti­tuer cette caisse. L’important, c’est que cela, nous permet d’être Église. Être Église en­semble, et être Église dans la solidarité. De telle sorte que les diocèses moins nantis profitent des diocèses plus nantis pour faire avancer la mission. Imaginez-vous que la première année du Fonds national catholique, il y a six ou sept ans, quand nous avons fait la sensibilisation, un chrétien a dit qu’il sou­tenait le fonds : parce que dans son village, la toiture de l’église s’est envolée, du fait de la tornade et depuis ils n’ont pas les moyens pour la remettre en place.

Le fonds va donc agir aussi dans ce domaine ?

 Le fonds va aider à construire des chapelles, des églises, dans des paroisses plus pauvres. Cela permettra de vivre la mission dans un es­prit de solidarité et de com­munion. Par le fonds, c’est l’Église qui vit ce qu’elle est, l’Église qui met ensemble ses moyens pour avancer.

INTERVIEW REALISEE PAR MARIE ADELE DJIDJE

 

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