Pour la 2ᵉ édition de son panel médical, ces femmes mobilise experts et fidèles autour de la prévention, du dépistage précoce et de l’impact des maladies prostatiques sur la vie du couple.
le samedi 9 novembre, à l’auditorium de la mosquée dans le cadre de Novembre Bleu, mois dédié à la sensibilisation sur les maladies de la prostate, les femmes de la Mosquée Salam du Plateau a organisé un panel d’experts médicaux autour du thème :
« Le traitement des maladies de la prostate et leur impact sur la sexualité du couple ».
La rencontre s’est tenue en présence de spécialistes de l’urologie et de plusieurs fidèles venus s’informer.

Les urologues rappellent : “La prostate peut être une maladie, mais elle se soigne très bien”
Dr Cissé Losseni, chirurgien urologue ancien praticien au CIHU de Treichville et aujourd’hui en exercice dans une clinique privée, le Dr Cissé a tenu à dédramatiser les affections prostatiques :
« Dire “j’ai la prostate”, cela ne veut rien dire. La prostate est à l’homme ce que l’utérus est à la femme. Mais elle peut être sujette à diverses maladies, notamment la prostatite, l’adénome et le cancer. »
Il a insisté sur l’importance d’être à l’écoute de son corps :
« Toutes les maladies de la prostate peuvent être soignées, même le cancer. Mais cela dépend de la rapidité avec laquelle elles sont consultées. Dépouillons-nous de la pudeur et allons voir un médecin au moindre signe. »
Dr Doumbia Abou Dramane : “Le cancer de la prostate dépisté tôt se guérit totalement”
Chef du service d’urologie du CHR de Korhogo , le Dr Doumbia a rappelé les principes fondamentaux du dépistage :
« Quand on dit “la prostate”, on n’a rien dit. Ce sont les maladies prostatiques qui nous intéressent. Et la plupart d’entre elles, y compris le cancer, se guérissent lorsqu’elles sont diagnostiquées tôt. »
Il explique que le dépistage précoce est la clé :
•À partir de 45 ans (ou plus tôt en cas d’antécédent familial),
•Faire un dosage PSA (Antigène Spécifique de la Prostate),
•Compléter par un toucher rectal.

Le spécialiste met en garde contre le dépistage tardif :
« Un cancer découvert tardivement ne relève plus d’un traitement curatif mais palliatif. Nous voulons éviter cela. »
Sensibilisation : “Les hommes doivent apprendre à consulter tôt”
Adjouman Bokoum, animateur de l’émission Santé sur Al Bayane :
En tant que participant, il a salué la clarté des interventions :
« Les femmes ont Octobre Rose. Les hommes, eux, tardent souvent à consulter. Pourtant, lorsqu’on va à l’hôpital tôt, on peut tout éviter. Chaque homme devrait avoir un médecin référent. »
Il encourage toutes les mosquées et organisations communautaires à s’impliquer dans la sensibilisation.

Mme Kanaté, présidente de l’Organisation des Femmes de la Mosquée Salam du plateau : “Notre objectif est la prévention”
L’initiative revient aux femmes de la Mosquée Salam, soucieuses de la santé masculine :
« Nous avons organisé cet événement afin que nos frères puissent s’informer, s’éduquer et comprendre la nécessité de la prévention. Nous sommes à la deuxième édition, et nous espérons accueillir encore plus de monde l’année prochaine. »
Elle rappelle que la sensibilisation concerne tous les âges, jeunes comme adultes.
Ce panel s’inscrit ainsi dans une démarche citoyenne, spirituelle et sanitaire, en participant activement à la promotion de la santé masculine au sein de la communauté.
DIANÉ MOUSSA
