Dr fétégué mandjou : « Servir Dieu en servant les hommes : au Centre Ambassadeurs de l’Espoir, apprendre un métier devient aussi un acte de foi. »
Le Centre de Formation Professionnelle de l’ONG Ambassadeurs de l’Espoir : Quand la vision rencontre l’action
Samedi 9 août 2026 – Sous un soleil généreux, notre équipe se rend au Centre de Formation Professionnelle de l’ONG Ambassadeurs de l’Espoir, un complexe éducatif et technique situé au cœur d’Abidjan.
Derrière ses murs fraîchement peints se cache un projet ambitieux : offrir à la jeunesse ivoirienne, et plus particulièrement aux arabophones, des compétences concrètes pour une insertion professionnelle durable.
Nous sommes accueillis par Dr Touré Fétégué, président fondateur de l’ONG. Avec un large sourire, il nous conduit à travers les salles équipées, les ateliers de menuiserie, de BTP et d’électricité, où résonne déjà le bruit des outils.
Un projet mûrement réfléchi et enraciné dans une mission sociale
Installé dans son bureau, Dr Touré nous raconte la genèse de ce centre.
« Ce centre est le fruit de plusieurs années de réflexion. Au sein de l’ONG Ambassadeurs de l’Espoir, nous nous sommes fixé une mission : accompagner les jeunes vers l’autonomie grâce à un savoir-faire concret. Beaucoup sortent des écoles sans lien direct avec les réalités du marché de l’emploi. Nous voulons combler ce fossé. »

Ce projet ne s’est pas improvisé. Dès les premières réunions, l’ONG a travaillé à identifier les besoins les plus urgents du marché ivoirien.
Les constats étaient clairs : forte demande dans le BTP, absence de passerelle pour les arabophones vers les métiers techniques, et manque d’accompagnement post-formation.
Des formations pensées pour répondre au marché
En parcourant les ateliers, le président nous explique la logique derrière le choix des filières :
« Nous avons observé la réalité du terrain et consulté les professionnels du secteur. Le bâtiment, par exemple, est un domaine porteur : la Côte d’Ivoire connaît un boom dans les infrastructures. Former des jeunes dans la menuiserie, la maçonnerie ou l’électricité ouvre de nombreuses portes, que ce soit pour travailler dans le public, le privé ou en indépendant. »
Dans l’atelier de menuiserie, des établis sont alignés, et l’odeur du bois fraîchement coupé emplit la pièce. Les élèves, concentrés, apprennent à manier scies, rabots et perceuses.
À côté, un autre groupe s’initie aux techniques d’électricité, câblage en main, sous l’œil vigilant d’un formateur expérimenté.

Des débuts encourageants
Avant même l’ouverture officielle, l’ONG a organisé des formations accélérées gratuites.
« C’était notre test grandeur nature, explique Dr Touré. Beaucoup de participants ont pu, en quelques semaines, acquérir un savoir-faire et commencer à travailler. Certains sont même en train de s’installer à leur propre compte. »
Ces formations, bien que brèves, ont déjà changé des vies. Plusieurs bénéficiaires témoignent sur les réseaux sociaux de leur gratitude envers le centre.
Un centre accessible et inclusif
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le centre n’est pas réservé exclusivement aux arabophones ou aux anciens élèves d’écoles coraniques.
« Que vous soyez diplômé d’université, élève d’école franco-arabe ou simple passionné, vous avez votre place ici. Les compétences pratiques sont universelles. Un doctorat ne nourrit pas toujours son homme. Mais un savoir-faire concret peut nourrir une famille. »
L’objectif est double : renforcer l’employabilité tout en préservant la mission religieuse des étudiants issus du milieu islamique.

Foi et travail : un équilibre à trouver
En tant qu’ancien élève d’école islamique, Dr Touré livre un message appuyé :
« Nos parents nous ont envoyés dans les écoles coraniques pour que nous devenions imams ou prédicateurs. C’est notre mission première, et nous devons la préserver. Mais cela ne veut pas dire vivre uniquement des dons des fidèles.
Dans d’autres pays, j’ai vu des professeurs et des docteurs en sciences islamiques enseigner le matin, puis conduire un taxi ou gérer une boutique l’après-midi. Il faut avoir une activité génératrice de revenus, tout en restant au service de la religion. C’est cela, la vision globale de l’islam — al-shumûliyya. »
Des défis à relever
Si l’infrastructure et le matériel sont au rendez-vous, un défi majeur subsiste : faire connaître le centre.
« Beaucoup ignorent encore notre existence. Nous manquons de moyens de communication. Pourtant, chaque jeune qui franchit ces portes repart avec une compétence en plus. »
L’ONG appelle également à un soutien matériel et logistique.
Mettre à disposition des terrains, des machines ou du matériel de formation serait un geste concret pour amplifier l’impact.

Une vision pour l’avenir
Le président ne cache pas son ambition : ouvrir d’autres centres dans plusieurs villes du pays, diversifier les filières et toucher toutes les couches de la population.
« Nous voulons un modèle qui mette fin au chômage et redonne espoir aux familles. Imaginez un jeune qui sait fabriquer une porte, réparer une installation électrique ou monter une charpente. Il ne sera plus à la charge de sa famille, il pourra même la soutenir. »
L’ONG Ambassadeurs de l’Espoir exprime sa profonde gratitude à tous ses bienfaiteurs et partenaires. Par vos dons, votre soutien et vos prières, vous ne contribuez pas seulement à bâtir des ateliers et former des jeunes, mais aussi à construire des vies et à semer l’espoir dans des cœurs. Qu’Allah vous récompense ici-bas et dans l’au-delà.
DIANE MOUSSA
