
Niakara, 22 janvier 2026 – Les feux de brousse continuent de faire des ravages en Côte d’Ivoire. Entre 2019 et 2025, près de 200 000 hectares de forêts ont été détruits à l’échelle nationale, accompagnés de pertes humaines et matérielles considérables. Le bilan fait également état de plus de 5 000 hectares de cultures vivrières et pérennes ravagées, de 94 habitations incendiées, de huit villages réduits en cendres et de 16 décès, a révélé mercredi 21 janvier 2026 à Niakara le directeur régional des Eaux et Forêts du Gbêkê (Bouaké) et du Hambol (Katiola), le colonel Banga Anvoh.
Ces chiffres alarmants ont été communiqués à l’occasion du lancement officiel de la campagne de lutte contre les feux de brousse dans la localité. Pour le colonel Banga Anvoh, ils traduisent l’ampleur d’un phénomène devenu l’une des principales menaces environnementales du pays. « Les feux de brousse constituent aujourd’hui la troisième cause de dégradation de la forêt ivoirienne, après l’agriculture extensive et l’exploitation forestière abusive », a-t-il souligné.
Chaque année, a-t-il déploré, ces incendies incontrôlés sèment la désolation, entraînant la destruction de vastes superficies forestières, de cultures, d’habitations et causant des pertes en vies humaines. Un fléau d’autant plus préoccupant que ses causes sont largement connues et évitables.
Selon le directeur régional, les feux de brousse résultent principalement de la mise à feu prématurée des parcelles agricoles, des activités de chasse, de la récolte du miel à l’aide du feu, de la production de charbon de bois en saison sèche, ainsi que des feux de cuisson abandonnés dans les champs ou encore des mégots de cigarettes jetés en brousse. Il a rappelé à cet effet que le code forestier définit le feu de brousse comme « un incendie incontrôlé d’origine diverse survenant dans le domaine forestier ».
Face à cette situation, le colonel Banga Anvoh a insisté sur la prévention, qu’il considère comme l’arme la plus efficace pour protéger durablement l’environnement et les biens. « Le feu, une fois déclenché, devient difficile à maîtriser », a-t-il averti, appelant les populations à faire preuve de responsabilité, en particulier durant la période de sécheresse.
Il a également exhorté à la création et à la redynamisation des comités villageois de lutte contre les feux de brousse, chargés de sensibiliser les communautés et de veiller au respect des bonnes pratiques environnementales dans les régions du Gbêkê et du Hambol. Les services des Eaux et Forêts, a-t-il assuré, restent mobilisés pour accompagner et encadrer ces initiatives locales.
Placée sous le thème « La lutte contre les feux de brousse, un combat pour tous », la campagne 2026 a été officiellement lancée lors d’une cérémonie présidée par le préfet de Niakara, Maténin Ouattara, en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, des élus locaux ainsi que des forces vives de la région et du département de Niakara.
AIP avec Islam Info
