Rami al-Jamarat : Les pèlerins ivoiriens face à la symbolique de la lapidation du diable

Chaque année, des millions de musulmans affluent à Mina, non loin de La Mecque, pour accomplir le Rami al-Jamarat, un des rituels les plus symboliques du Hajj. Cette année encore, parmi eux, des milliers de pèlerins venus de Côte d’Ivoire ont franchi les étapes de ce rite marquant, revivant avec émotion les traces du prophète Ibrahim (paix sur lui). Entre spiritualité, discipline et méditation, ils ont affronté ce moment avec la foi au cœur et la résistance à l’âme.

À Mina, vaste plaine à quelques kilomètres de La Mecque, les pèlerins ivoiriens ont accompli avec ferveur et discipline le rite du Rami al-Jamarat, l’un des moments les plus symboliques et intenses du Hajj. Ce geste, souvent qualifié de “lapidation du diable”, est en réalité une mise en scène spirituelle du combat contre les tentations, que les pèlerins ont exécuté dans un esprit de foi, d’ordre et de conscience.

Une immersion spirituelle forte pour les Ivoiriens

Inspiré de l’épisode du Prophète Ibrahim (paix sur lui), qui repoussa le diable en lui lançant des pierres à trois reprises, le Rami al-Jamarat est bien plus qu’un simple rituel : c’est un acte de soumission à Dieu et de rejet symbolique du mal.

Cette année, les pèlerins ivoiriens – jeunes, vieux, hommes et femmes – ont vécu ce moment avec solennité, encadrés par des guides religieux issus du Commissariat du Hadj. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils posaient les pieds à Mina. Ils y ont vu un terrain d’épreuve, mais aussi d’élévation spirituelle.

Une organisation millimétrée malgré la foule

Pour éviter les incidents liés aux grandes affluences, les groupes ivoiriens ont été répartis en vagues bien encadrées, avec des horaires fixés à l’avance. Les organisateurs ivoiriens ont su adapter les recommandations des autorités saoudiennes aux réalités du terrain. Les responsables de groupes ont insisté sur :

  • Le respect des horaires autorisés pour la lapidation ;
  • Le calme dans les mouvements et la priorité aux personnes vulnérables.

Cette vigilance a permis d’éviter toute situation dramatique. Aucune perte ni incident grave n’a été signalé parmi les groupes ivoiriens, selon plusieurs sources du Commissariat.

Un enseignement spirituel au-delà du geste

Lors des sessions d’enseignement religieux organisées sur les lieux de repos, les imams encadreurs ivoiriens ont rappelé à leurs fidèles la véritable portée de ce rite. « Ce n’est pas le diable physique que nous lapidons, mais les mauvaises pensées, les désirs incontrôlés, les tentations du quotidien », a expliqué par un encadreur de la commission religieuse et un autre a renchéri : « Chacun de nous a son Shaytan à combattre : colère, jalousie, paresse dans la prière… Ce geste est un symbole de notre engagement à résister. »

Les pèlerins ont ainsi été invités à méditer chaque jet de pierre comme une purification intérieure. Beaucoup  ont récité de longues invocations entre les stèles, la voix tremblante, les mains levées au ciel.

Un modèle de discipline reconnu

La Côte-d’Ivoire saluée par la discipline remarquable des délégations , à l’image des années précédentes. Cette performance est le fruit d’une préparation sérieuse, menée dès Abidjan à travers des séances de formation spirituelle et logistique. Des guides expérimentés, des points de repère clairs, et une pédagogie accessible ont permis d’éviter la panique ou les erreurs dans l’accomplissement du rite.

Un engagement renouvelé

Pour les pèlerins ivoiriens, le Rami al-Jamarat restera un moment fondateur, une leçon de persévérance, d’endurance et de conscience. C’est l’un des rares instants du Hajj où chaque jet, chaque pas, chaque prière, est porté par une intention personnelle forte, entre la peur de l’échec et l’espoir du pardon.

De retour à leurs tentes à Mina, les pèlerins ivoiriens se sont confiés les uns aux autres, reconnaissants pour cette épreuve surmontée. Certains y ont vu un signe de renouveau spirituel ; d’autres, un point de départ vers une nouvelle vie.

DIANÉ MOUSSA