ÉDUCATION NATIONALE / LES ACQUIS DE 2021 A 2026 : DES RESULTATS DE PLUS EN PLUS PROBANTS ET VISIBLES
Les différentes crises qu’a connues la Côte d’Ivoire pendant les dernières décennies ont impacté négativement l’école ivoirienne. Parmi les conséquences, l’on peut citer la destruction des infrastructures et la baisse drastique du niveau des élèves.
Tout était problématique, de l’état des infrastructures, à la disponibilité des intrants et ressources pédagogiques, en passant par la qualité des enseignements et apprentissages et à celle de l’environnement scolaire, le mal était profond. La tricherie, la fraude, les grèves intempestives, les cotisations abusives, les congés anticipés et les mouvements d’humeur au sein ou dans le voisinage des établissements scolaires s’étaient érigés en monstres incontrôlables.
Les premières années de la gouvernance à la sortie de la longue crise ont été mises à profit pour résoudre l’épineuse question de l’accès et l’équité. Les infrastructures scolaires étaient dans un état si déplorable que parler de qualité, au moment où ‘‘l’éléphant éducatif’’ traversait une période difficile était surréaliste.
L’Etat décide donc d’amorcer des changements. La loi sur la scolarisation obligatoire est adoptée en 2015. L’on assiste alors à une intensification des réalisations d’infrastructures scolaires pour faire face aux besoins accrus de scolarisation des enfants et jeunes de Côte d’Ivoire. Ainsi, de 2011 à ce jour (2026), le pays passera du simple au double, ou parfois au triple en termes de structures scolaires.
Les chiffres sont en effet, forts éloquents, le pays passe d’un patrimoine de 294 collèges et Lycées publics de l’indépendance à 2011 à 902 en 2024 et de 8 établissements d’excellence à 24 dont 15 lycées d’excellence de jeunes filles avec internat sortis de terre (7 lycées ont ouvert leurs portes au cours de cette année scolaire 2025-2026). Celui de Sinématiali, le dernier en date, a été inauguré le 31 mai 2025 par la Première Dame, Madame Dominique OUATTARA.
Il importe également de noter que le taux brut de scolarisation au primaire est passé de 83,8% en 2021 à 105,9% en 2025. Quant à celui du premier cycle, il est passé de 38,7 % en 2011 à 82,3% en 2025.
Une fois le défi de l’accès adressé avec pugnacité, nonobstant les défis résiduels, parce qu’il faut encore des infrastructures de qualité, la Côte d’Ivoire fait le choix de l’introspection courageuse et décide de passer à un autre cap, à savoir résoudre l’épineuse problématique de la qualité. Un nouveau challenge s’installe ainsi et s’ouvre avec l’organisation des Etats Généraux de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (EGENA). C’est de ces assises nationales qu’a découlé la boussole et la feuille de route du Ministère en charge de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.
L’ORGANISATION DES EGENA, UN PROCESSUS PARTICIPATIF, INCLUSIF ET DEMOCRATIQUE
Les Etats Généraux de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (EGENA) ont été organisés pour résoudre les grandes questions de l’école ivoirienne et en particulier, la problématique de la crise de performance, mise en évidence par le rapport 2019 du Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs (PASEC). Il indiquait en effet que 67% des élèves de CP2 de Côte d’Ivoire avaient une performance inférieure au seuil « suffisant » de compétences en français, tandis que, 60% des élèves du CM2 se situaient en deçà du seuil « suffisant » de compétences en français et 83% en mathématiques.
Il s’est agi donc pour le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA), sous le leadership du Professeur Mariatou KONÉ et avec l’égide du Président de la République, Son Excellence Alassane OUATTARA, de co-construire un pacte social durable en faveur d’une École ivoirienne centrée sur la réussite des élèves et l’appropriation des valeurs de la République.
Les EGENA ont permis de recueillir des contributions issues du dialogue avec les acteurs sociaux, techniques et politiques des régions, des districts, des plateformes digitales et aussi celles des livres blancs produits par des institutions et personnes morales. Ce processus a permis d’identifier des recommandations endossées par le Gouvernement. Ces recommandations ont été classées en 42 leviers transformateurs pour sortir notre école de son marasme et la réconcilier définitivement avec la qualité et l’excellence.
La mise en œuvre des EGENA à court, moyen et long terme a été budgétisée à 865 753 881 546 milliards. Plus de la moitié de ces fonds a pu être mobilisé sous le leadership du Professeur Mariatou KONÉ auprès des partenaires techniques et financiers, bilatéraux-France Etats Unis, Italie, Chine- et multilatéraux-UNESCO, UNICEF, Banque mondiale, BAD, etc. Ces appuis considérables ont permis de mettre en place des programmes et divers projets pour soutenir les réformes envisagées.
Les recommandations des EGENA ont été bâties autour de 6 axes majeurs, à savoir, l’enracinement, l’ouverture et la résilience, l’équité et l’égalité des chances, la qualité pour tous, la promotion de l’individu et de la société, le leadership efficace et la nouvelle conduite du changement, l’école apaisée, apolitique et incarnant les ambitions de développement de la Nation.
Fort de ces projections majeures ainsi définies, le Ministère, s’est plus que jamais, engagé dans la dynamique de mise en œuvre des leviers transformateurs issues des recommandations de ces assises nationales.
DES RÉFORMES URGENTES
Le retour de la dictée classique et les coefficients différenciés faisaient partie des réformes d’urgence mises en œuvre pour pallier la crise de performance dans la langue d’apprentissage et en mathématique, tout en valorisant l’effort individuel.
L’on se souviendra qu’après la Côte d’Ivoire, la France avait également réintroduit la dictée classique dans ses programmes scolaires.
La preuve de la pertinence de ces deux réformes s’est confirmée par la prestation historique de l’élève ivoirien Krekoum Loevan qui a remporté la 24è session du concours international de la dictée Paul Gérin-Lajoie au Canada en 2024 et aux olympiades panafricaines des mathématiques au Botswana où les éléphants mathématiciens ont décroché trois médailles d’or, deux médailles de bronze et occupé la troisième place, après la Tunisie (2è) et l’Afrique du Sud (1er), sur 21 pays ayant participé.
LA QUALITE DE L’ENSEIGNEMENT
L’amélioration des pratiques pédagogiques de classe
En vue d’améliorer la qualité de l’enseignement, le Programme National d’Amélioration des Premiers Apprentissages Scolaires (PNAPAS) a été mis en place.
Le PNAPAS comprend un ensemble de méthodes pédagogiques pour aider les enseignants à améliorer leur pratique d’enseignement et faciliter l’apprentissage (en lecture, écriture et mathématiques) chez les élèves du cycle primaire.
A ce jour, plus de 100.000 acteurs (enseignants du public comme du privé, encadreurs pédagogiques, directeurs d’école etc.) ont été formés.
Dans le cadre du PNAPAS, des manuels ont été remis gratuitement aux élèves.
La réforme curriculaire et l’instauration du continuum dans l’enseignement des sciences.
La réforme des curricula vise à adapter les programmes scolaires aux compétences du 21è siècle et aux besoins du marché de l’emploi. La présente révision intervient après celle de 1995, soit 31 ans plus tard. Elle intègre l’enseignement de l’anglais au primaire, l’enseignement de l’histoire générale de l’Afrique (fruit des travaux des savants africains), l’initiation aux TICS dès le pré-primaire, l’entrepreneuriat, etc. Il s’agit de rendre la formation moins théorique.
Par ailleurs en collaboration avec le Ministère en charge de l’enseignement technique, des passerelles ont été créées pour offrir dès la classe de 3è, l’opportunité aux apprenants de s’orienter soit dans le cycle général ou dans les filières techniques ou professionnelles.
Les prémices de l’initiation à la vie entrepreneuriale sont déjà visibles avec l’organisation des journées carrières qui visent à susciter chez les élèves, l’enthousiasme et des vocations, à travers les visites de stands et les échanges avec les professionnels des métiers.
La réforme curriculaire est pour cette année scolaire (2025-2026), dans sa phase pilote, au sein des 41 Directions Régionales de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (DRENA) et plus précisément : dans 54 établissements secondaires (classes de 6è) et 53 écoles primaires (CP1 et CP2) et pré-primaires.
La régionalisation du concours d’entrée dans les CAFOP.
Cette réforme permettra de réduire les disparités entre les régions, car elle oblige le candidat admis (l’enseignant du préscolaire et du primaire), recruté dans une région donnée et choisie volontairement par lui-même, d’y demeurer en fonction pendant au moins dix (10) années consécutives avant toute mutation hors de la région initiale. Toutefois, trois (03) années après sa première prise de service dans l’IEPP, l’Instituteur pourra participer, s’il le désire, à l’Inéat (Mouvement dans les IEPP, au sein du District ou de la Région).
Le concours de recrutement de 5000 enseignants a déjà été organisé sur cette base.
La digitalisation du système éducatif national
La poursuite de l’excellence et de la qualité à tous les niveaux du système éducatif ne peut faire l’économie de la digitalisation. C’est dans ce cadre que la stratégie de digitalisation de l’éducation a été élaborée avec pour objectif d’améliorer la performance et les procédures de l’administration scolaire, les pratiques professionnelles des enseignants et l’apprentissage des élèves.
C’est dans cette dynamique qu’a été mis en place, la plate-forme de gouvernance éducative dénommée Système d’Information et de Gestion de l’Education (SIGE), un outil de gestion et de gouvernance scolaire qui profite aussi bien à l’Administration scolaire qu’aux parents d’élèves, pour le suivi des performances et progressions de leurs enfants.
Le SIGE est déployé dans sa phase pilote dans les régions de San Pedro et de Bouaké. Il permet de faciliter la gouvernance du système éducatif, de disposer en temps réel de données fiables et de répondre aux besoins d’informations des parents, des décideurs, des acteurs, des partenaires et des citoyens
La plateforme « mon école à la maison » qui agit comme une véritable banque virtuelle de ressources a été également renforcée avec des ressources pédagogiques diversifiées, des exercices et bien d’autres supports pour la qualité et l’amélioration des apprentissages.
L’OBSERVATION DE LA REGULARITE DES RÉALISATIONS ET DES RÉHABILITATIONS INFRASTRUCTURELLES.
Plusieurs établissements ont été inaugurés de 2021 à 2025. Pour cette année seulement, 15 lycées d’excellence de jeunes filles avec internat sont sortis de terre dont celui de Sinématiali qui a été inauguré le 31 mai 2025 par la première dame, Madame Dominique OUATTARA.
Le Ministère s’est aussi engagé dans un vaste processus de réhabilitation des établissements scolaires. C’est dans ce cadre que le Professeur Mariatou KONÉ a procédé au lancement des travaux de réhabilitation, de construction et d’équipement du Lycée Scientifique de Yamoussoukro le 29 septembre 2025. Cette initiative intervient 50 ans après la création de cet établissement.
En effet, le Lycée scientifique connaîtra une extension considérable. Il a vocation à devenir un laboratoire ultra moderne, d’invention et de recherche technologique en Afrique. Deux nouveaux centres et bâtiments y seront construits pour accueillir les classes préparatoires aux grandes écoles actuellement logées à l’INPHB. Ces infrastructures permettront d’accueillir près de 1000 étudiants et abriteront le Centre National de Matériel Scientifique (CNMS), appelé à devenir le Centre National de Développement Scientifique (CNDS).
Une vision claire impulsée, pour faire de cet établissement d’excellence, un véritable havre incubateur d’innovation et de recherche scientifique.
L’INTENSIFICATION DES ACTIONS SOCIALES
Le Gouvernement consolide sa mission régalienne de rendre l’école accessible à tous les enfants de la Côte d’Ivoire. Il veille à ce que la distribution gratuite des kits scolaires pour l’ensemble des élèves du primaire soit effective.
Par ailleurs, au niveau du secondaire, l’Etat de Côte d’Ivoire a déroulé le programme de la Bourse Nationale des Manuels Scolaires, BONAMAS, qui permet aux élèves de bénéficier de 8 manuels en prêt-location, à un coût forfaitaire de 10.000 FCFA au lieu de 48 000 FCFA au moins à l’achat.
Avec la réforme des Comités de Gestion des Établissements Scolaires et Publics (COGES) qui a abouti à la suppression des cotisations exceptionnelles, l’Etat a apporté une subvention à hauteur de 18. 418.430.190 Frs Cfa, ce qui permet d’alléger les charges et de soulager considérablement les parents d’élèves.
Au regard de la création de nouveaux COGES, le Professeur Mariatou KONÉ est parvenu à obtenir une subvention supplémentaire auprès de l’Etat et avec l’aval du Président de la République, Son Excellence Alassane OUATTARA, de près de 2 milliards de Francs Cfa en 2025 et reconduite pour l’exercice 2026.
L’AMÉLIORATION DE LA GOUVERNANCE DU SYSTÈME.
Les EGENA ont réalisé un diagnostic global du système éducatif national où toutes les faiblesses ont été identifiées et des pistes de solutions ont été proposées pour y remédier.
La gestion administrative, pédagogique, financière et environnementale dans toute sa rigueur a été au cœur des échanges comme levier essentiel du bon fonctionnement de l’institution scolaire et de transformation de notre système éducatif. Aussi, pour donner sens et vie aux recommandations arrêtées, les contrevenants aux instructions et directives ministérielles font-ils l’objet de mesures disciplinaires afin que nul n’outrepasse ses droits et obligations. C’est le cas de certains DRENA, IEPP, directeurs d’école, enseignants qui, ayant levé des cotisations indues, vendu des manuels, t-shirts… ou fait preuve de toute autre faute professionnelle grave, ont été relevés de leurs fonctions. Il en va de même pour les élèves pris en flagrant délit de fraude et de violence qui se voient interdits de passer les examens scolaires pour une durée allant de 1 à 5 ans.
La mobilisation de ressources conséquentes et la mise en place des projets et programmes
La mise en œuvre des recommandations des EGENA endossées par le Gouvernement nécessite des financements conséquents.
C’est ainsi que la Ministre Mariatou KONE engagera ses efforts pour une mobilisation de ressources auprès des partenaires bilatéraux, multilatéraux et aussi du secteur privé. Le Partenariat Mondial de l’Education (GPE) s’investira aux côtés de l’Etat pour financer la transformation du système éducatif.
Afin d’assurer une gestion et une utilisation rationnelles et efficaces de ces fonds, des projets et programmes se mettent en place ou sont rendus effectifs : le Programme de Renforcement de l’Education de Base (PRSEB), le Programme d’Appui à la Transformation de l’Education de Base (PATEB), le Projet d’Appui à la Reforme Educative (PAREC / C2D3), Child Learning Education Facility (CLEF).
Les interventions de ces projets couvrent tous les domaines de la politique éducative : la gouvernance, l’accès, la qualité des enseignements et apprentissages et l’alphabétisation.
Le renforcement de la coordination de la réforme
Parallèlement à la mobilisation conséquente des ressources, le Professeur Mariatou KONE a procédé au renforcement et à la coordination des réformes par la création de la Cellule d’Appui à la Coordination de la Réforme Educative (CAC-RE).
La CAC appuie techniquement le Cabinet du Ministre dans sa mission de coordination de la politique éducative et particulièrement, dans le suivi du fonctionnement des projets et programmes, des partenariats et des décisions susceptibles d’impulser la mise en œuvre de la réforme éducative, notamment celles issues des EGENA.
Sa mise en place a été très salutaire dans la gestion globale du système éducatif et la conduite du dialogue avec les partenaires techniques.
L’instauration des Contrat d’Objectif et de Performance (COP).
Le Contrat d’Objectif et de Performance (COP) est entré dans sa phase active avec la signature par les Directions Régionales de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (DRENA) au cours de la grande réunion de rentrée scolaire 2024-2025. Chaque direction régionale a signé un Contrat avec la Ministre.
Pour la présente année scolaire 2025-2026, il y a eu la signature des Contrats entre les Directeurs Régionaux et des établissements secondaires et 10 Inspections d’Enseignement Préscolaire et Primaire.
L’introduction des COP dans la gouvernance du système éducatif répond à la nécessité d’instaurer la culture de la bonne gouvernance, de la redevabilité, de l’efficacité dans la gestion du système éducatif. Une enveloppe de 3 milliards 40 millions a été dégagée cette année 2025-2026 pour l’exécution des Plans de Travail Annuels Budgétisés (PTAB) des différents signataires du COP.
C’est nul doute, l’un des meilleurs outils de bonne gouvernance généré par les EGENA et qui s’inscrit dans le cadre de la redevabilité et la gestion axée sur les résultats (GAR).
La mise en place du laboratoire de l’éducation
Dans le but de l’amélioration de la gouvernance du système, le Ministère a procédé au lancement du laboratoire de l’éducation (EDLAB), ce qui permet à l’éducation nationale de développer la recherche en éducation, de disposer de données probantes pouvant orienter ou éclairer les prises de décisions stratégiques et constituer des sources d’informations sûres et crédibles pour une éducation inclusive, équitable et compétitive.
LA PACIFICATION DE L’ESPACE SCOLAIRE.
La gouvernance du Professeur Mariatou KONÉ à la tête du département de l’éducation nationale et de l’alphabétisation a été marquée de même par le dialogue social. Le MENA et les organisations syndicales réunies au sein d’un cadre permanent d’échanges, ont mutualisé les efforts pour le bon déroulement des dernières années scolaires et le respect du quantum horaire en dépit de quelques perturbations enregistrées et finalement canalisées.
Le phénomène des congés anticipés fait désormais partie du passé, et l’on se souvient du passage des élèves récalcitrants au camp de Bimbresso pour leur redressement civique et citoyen.
Le 39è levier transformateur des EGENA a recommandé l’organisation des élections professionnelles en vue d’un meilleur encadrement et d’une restructuration du cadre partenarial avec les syndicats. Plus concrètement, il s’agit d’un vote professionnel pour réduire drastiquement le nombre des syndicats (une centaine et un exemple atypique au monde) afin d’avoir un nombre d’interlocuteurs fiables et fédérateurs. Ailleurs où cela est structuré, l’on n’y trouve pas au-delà de 3 syndicats forts comme interlocuteurs. Le dialogue direct initié par la Ministre Mariatou KONÉ avait permis en amont, de trouver des solutions consensuelles autour de la quasi-totalité des revendications sectorielles, la plus grande revendication restante étant la prime des enseignants, ce qui avait été reclassé à un niveau holistique pour prendre en compte les autres ministères ne bénéficiant de prime, le décideur attendant de s’assurer de la soutenabilité financière certainement pour enclencher le processus. Certainement. Gardons l’espoir.
En plus des organisations syndicales et des associations de parents d’élèves, elle a aussi procédé à la mise en place du Réseau des Organisations de la Société Civile (ROECI), qui entend également prendre une part active dans la promotion d’une école de qualité dans un environnement apaisé.
LA RÉFORME DE LA CARTE SCOLAIRE ET DES COGES.
Avec la réforme de la carte scolaire, les normes actuelles qui président à la validation des ouvertures des salles de classe, imposent désormais la prise en compte systématique de l’intégration d’une classe de pré-primaire, soit un total de 7 classes, de la maternelle au CM2. Elles prennent également en compte d’autres spécificités, à savoir notamment, des espaces dédiés aux filles (girls rooms pour les questions de l’hygiène de la femme), des toilettes séparées, etc.
Après la suppression des cotisations exceptionnelles prélevées par les COGES, en plus de la subvention de l’Etat, ceux-ci ont été soumis à des règles de gestion plus strictes et transparentes, au respect de l’ouverture des comptes bancaires COGES à la Banque des Dépôts du Trésor, au devoir de redevabilité pour l’ensemble des acteurs bénéficiant des fonds COGES, au renforcement de capacités des acteurs etc.
LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS OPÉRATIONNELLES
De 2021 à 2015, ce sont 392 véhicules et 2052 motos qui ont été offerts, sans oublier les équipements en informatique et bureautique. Des membres du Cabinet, aux Directeurs centraux et régionaux, en passant par les Directeurs de Cafop, les Directeurs des Centres d’Information et d’Orientation, les Chefs d’Antennes de la Pédagogie et de la Formation Continue, tous sont dotés aujourd’hui de matériels roulants flambant neufs pour un meilleur accomplissement de leurs tâches et missions respectives.
Jamais, les acteurs du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation n’ont fait l’objet d’un niveau aussi élevé de dotation en matière de matériel roulant et bureautique pour le travail.
LES RÉFORMES DU SECTEUR PRIVÉ
Désormais, les enseignants du privé sont tenus de s’inscrire tous sur une plateforme dédiée, avec les diplômes universitaires requis. Ils suivent une formation pédagogique avant de recevoir une autorisation d’enseigner. Les Fondateurs ne sont autorisés qu’à ne recruter que les enseignants disposant de cette autorisation.
En dehors de l’aspect ressource humaine, les réformes ont aussi porté sur les critères d’octroi des agréments de création, d’ouverture et d’homologation des écoles privées, de même que le renforcement des outils de contrôle de la présence des élèves affectés de l’Etat, avec le contrôle biométrique.
En sus, désormais, les établissements privés sont évalués et l’agrément n’est plus indéterminé et systématique, sinon tributaire des performances des établissements.
L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES NATIONALES
Les EGENA ont aussi invité le pays à définir une politique linguistique éducative, fondée sur le multilinguisme et la promotion de la diversité culturelle et des valeurs sociales. Dans ce cadre, le Ministère a travaillé à la consolidation des acquis de l’expérimentation des langues nationales comme canal de transmission du savoir, d’autant plus qu’il est prouvé que parler les langues maternelles aide à un meilleur apprentissage.
Dix (10) langues nationales sont actuellement enseignées dans une trentaine d’écoles et, à terme, ce projet permettra de valoriser, de sauvegarder et de perpétuer nos langues nationales. Il s’agit des langues Agni, Akyé ; Abidji, Baoulé, Sénoufo, Koulango, Yacouba, Toura, Dioula et Bété.
LES RÉFORMES DANS LE DOMAINE DE L’ALPHABÉTISATION
Les acquis dans le domaine de l’alphabétisation prennent en compte la gouvernance et les réformes introduites.
Au niveau de la gouvernance, le Ministère a procédé à la réalisation d’une enquête spécifique sur l’alphabétisation et l’éducation non formelle (ESACI 2025), afin de pallier l’absence de données fiables et actualisées et mieux cerner les différents besoins sur la question. Le rapport fera l’objet de communication officielle.
Le Ministère a aussi procédé à la réalisation de l’enquête RAMAA, (Recherche-action sur la mesure des apprentissages des bénéficiaires des programmes d’alphabétisation) qui évalue les performances des bénéficiaires de 15 ans et plus en fin de formation en littératie, numératie et autres domaines de connaissances pour mesurer l’impact des programmes d’alphabétisation et renforcer les capacités nationales (rapport disponible).
Dans le cadre du renforcement de la coordination, il a été procédé à la mise en place d’un comité de collaboration des acteurs d’alphabétisation (CICA-AENF) qui regroupe les différents acteurs étatiques et non étatiques pour la synergie d’actions, le dialogue et le partage d’expériences pour dynamiser l’alphabétisation.
En outre, sur la base des résultats des différentes enquêtes, une nouvelle stratégie d’alphabétisation a été élaborée. La Stratégie Nationale d’Alphabétisation (SNA) en Côte d’Ivoire pour 2026-2030 qui vise à réduire le taux d’analphabétisme à 30%, consolidant les acquis du Programme Social du Gouvernement (PSGOUV), a suivi une démarche participative, inclusive, marquée par la participation de l’ensemble des partenaires impliqués dans la mise en œuvre des projets/programmes d’AENF (Alphabétisation, Éducation non Formelle), étatiques et non étatiques ainsi que les Partenaires techniques et financiers.
Du point de vue des réformes urgentes, la Ministre Mariatou KONÉ a pris des décisions fermes pour améliorer l’accès et l’équité, à travers l’arrêté relatif au programme : « une école-un centre », qui vise l’ouverture de centres d’alphabétisation étatiques dans chaque école publique après les cours. Cent vingt (120) centres ont ouvert cette année 2025-2026 pour la phase pilote.
Dans le but du renforcement du dispositif de contrôle de la qualité des enseignements apprentissages, l’évaluation certificative a été organisée pour la première fois en matière d’alphabétisation pour certifier les acquis des apprenants en fin de cycle et valoriser les apprentissages.
La phase pilote (2024-2025) a couvert 15 DRENA et ciblé 2050 apprenants dont 1000 apprenants des projets/programmes des différents promoteurs et 1 050 apprenants du programme d’alphabétisation familiale et nutrition mis en œuvre par le MENA.
Aussi, de milliers d’enfants ont été intégrés dans les écoles formelles des DRENA à travers les classes passerelles, qui constituent une offre alternative d’éducation pour les enfants de 09 à 14 ans, déscolarisés précoces ou n’ayant eu accès à l’école, en vue de leur insertion ou réintégration dans le système formel, ceci étant un mécanisme de prévention de l’analphabétisme.
D’ailleurs, selon les résultats de l’enquête 2025 sur l’alphabétisation et l’éducation non formelle en Côte d’Ivoire, réalisée par l’ANSAT sous l’égide du MENA, le taux d’alphabétisation s’est amélioré, notamment chez les jeunes de 15 à 24 ans, avec une nette progression, passant de 62,7% en 2021 à 72,8% en 2025.
L’AMÉLIORATION DES PERFORMANCES SCOLAIRES.
L’impact des différentes réformes se note déjà au niveau des résultats des examens de fin d’année, en sus des prix glanés par les élèves ivoiriens dans les compétitions internationales.
Les examens à grand tirage de 2025 ont tous affiché un tableau de nette évolution. Pour le CEPE, on note un pourcentage national de 86.58% contre 83.46% en 2024, soit une hausse de 3.12. Les résultats du BEPC quant à eux ont affiché un taux de réussite de 51.41%, contre 40.18% en 2024, soit une hausse de 11.23, là où les résultats du baccalauréat ont donné 40.15% contre 34,17% en 2024, soit une hausse de 5.98.
Il est à rappeler que la chute des taux d’admission avait été drastique en 2021, avec l’intensification de la lutte contre le phénomène de la tricherie, notamment, à travers l’extension de la vidéo surveillance, la traque des groupes whatsApp dédiés à la tricherie, la détection des téléphones avec du matériel sophistiqué, sur toute l’étendue du territoire.
Ainsi, le nombre de fraudes constatées au BEPC et au BAC est passé de 16428 en 2020, à 2425 cas en 2025 pour l’ensemble de ces examens, renforçant ainsi, la valeur des diplômes nationaux et consolidant leur crédibilité sur la scène internationale.
La lutte contre les grossesses en cours de scolarité, la multiplication des espaces filles ou girls rooms au sein des établissements scolaires ont aussi facilité le maintien de la jeune fille à l’école et agi sur le rendement scolaire.
L’Etat de Côte d’Ivoire s’est résolument engagé, à travers le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA), dans une dynamique irréversible de quête de qualité de son système éducatif.
L’AMELIORATION DE L’ACCES A UNE EDUCATION DE QUALITE
L’accès des enfants et jeunes en situation de handicap à l’éducation
La promotion de l’école inclusive est demeurée une priorité pour la Ministre Mariatou KONE, avec la prise en charge des enfants en situation de handicap, l’élaboration de manuels spécifiques.
Aujourd’hui, des élèves porteurs de handicap de différents types (malvoyance, surdité, autisme, handicap moteur, etc.) sont recensés dans plusieurs écoles primaires et secondaires ordinaires. Ainsi, pour créer de meilleures conditions d’apprentissage, le MENA a formé à ce jour, 262 instituteurs et 215 professeurs des lycées et collèges en langue des signes, en braille et en pédagogie inclusive, ce qui facilite l’intégration d’enfants malentendants (sourds) et malvoyants (aveugles) dans des écoles publiques ordinaires.
L’ouverture des classes passerelles
Dans le but de lutter contre la déscolarisation dans les régions de production cacaoyère, le Ministère a intensifié l’ouverture de classes passerelles permettant de préparer les enfants et jeunes (d’un âge compris entre 9 et 13 ans) pour leur intégration ou réintégration dans le système formel d’intégration. Cette initiative est menée avec l’appui du projet CLEF.
L’ouverture des classes virtuelles dans les collèges et lycées
La pénurie d’enseignants notamment dans les matières scientifiques est une réalité. En vue de pallier cette insuffisance, le Ministère a engagé des travaux pour l’ouverture de cours à distance au travers des classes virtuelles.
La phase pilote de cette initiative démarrera en février 2026.
RÉFORMES DU SYSTÈME ÉDUCATIF NATIONAL, TOME 6 ET FIN
L’amélioration de l’accès à l’école
L’école a été davantage rapprochée des populations, notamment celles du milieu rural. Sur la période 2021-2025, nous avons enregistré l’ouverture de 11.941 nouvelles salles de classe au préscolaire et au primaire et de 391 collèges au secondaire, majoritairement des collèges de proximité. Les inégalités entre régions en matière d’infrastructures scolaires ont été réduites. La carte scolaire a été renforcée dans les régions moins nanties grâce à une politique de ciblage des localités basée sur les besoins réels.
La scolarisation de la jeune fille a connu une nette progression aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. La parité en matière de scolarisation s’est inversée en faveur des filles au préscolaire, au primaire et au secondaire premier cycle. L’affectation des élèves a été concédée aux parents d’élèves à travers l’affectation en ligne en classe de sixième et l’orientation en classe de seconde. Chaque parent d’élève est libre de choisir l’établissement qu’il souhaite pour son enfant, aussi bien au public qu’au privé.
Mais il y a toujours des efforts à fournir, au regard de la démographie galopante.
RAYONNEMENT INTERNATIONAL
Les réformes structurantes qui découlent de l’opérationnalisation des Recommandations des Etats Généraux de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (EGENA) organisées pour pallier la problématique de la crise de performance, reposent essentiellement sur des outils mis en place.
Sur le plan international, la Côte d’Ivoire a consolidé son rayonnement en occupant la place de la présidence actuelle de la Conférence des Ministres de l’Education Nationale des Etats et Gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN). L’expérience des EGENA est vendue aujourd’hui à travers le monde entier, lors des grands sommets internationaux et l’UNESCO invite sans cesse les Etats africains à s’en inspirer pour avoir accès à certains financements du Pacte de Partenariat Mondial de l’Éducation.
LA NOUVELLE LOI SUR L’ÉDUCATION
Sur recommandation des EGENA, le Ministère s’est engagé dans un processus d’écriture de la nouvelle loi sur l’éducation, la loi en vigueur qui date de 2005, étant aujourd’hui vidée de sa substance, dépassée par les nouveaux développements de l’actualité éducative.
Ce projet de la nouvelle loi sur l’éducation est quasiment à son terme et sa finalisation constitue le 3è levier transformateur recommandé par les EGENA. La nouvelle loi intègre les fondements et fonctions de la nouvelle école ivoirienne, les nouvelles orientations, les contingences actuelles et l’évolution de l’institution scolaire, en tenant toujours compte de la vision actuelle de la Côte d’Ivoire.
La formation du nouveau Gouvernement le vendredi 23 janvier 2026 intervient à un moment où la dynamique de la mise en œuvre des recommandations des Etats Généraux de l’Education Nationale était fortement amorcée, un message suffisamment clair des attentes partagées des populations et des politiques, offrir le meilleur système éducatif à nos enfants et aux générations futures.
Il revient à présent à l’actuel Ministre, Monsieur KOFFI N’GUESSAN de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique, d’apporter sa touche particulière, pour maintenir cette dynamique et réconcilier définitivement l’école ivoirienne avec la culture de la qualité, de l’excellence et de la performance, leviers de développement durable de la Côte d’Ivoire. Il aura certainement besoin du concours de tous les ivoiriens, car l’éducation demeure notre passion partagée et il s’agit de l’avenir de nos enfants.
D’hier à aujourd’hui, les chantiers défrichés sont colossaux et immenses. Les points mentionnés ici ne sont que des illustrations non exhaustives.
Tout se décline et se dessine à l’aune d’une vision qui aspire et espère en une grande Côte d’Ivoire, où chaque ivoirien et chaque ivoirienne doit prendre absolument conscience de sa part de responsabilité et de labeur dans la construction d’un système éducatif performant, excellent et de qualité.
Tout n’est pas parfait, mais beaucoup a été fait
Le Ministère de l’Éducation Nationale demeure certainement l’un des plus complexes et contraignants, parce qu’il traite de la première matière de tout développement, l’éducation.
Vive la Côte d’Ivoire
Vive le développement, avec l’éducation comme levier transformateur
N.B: À concerver dans vos archives pour la postérité
Hadj DIABATÉ Fousséni: Radio Albayane
