SIXIÈME ÉDITION DE DON DE SANG

L’ONG CIAK SE MOBILISE CONTRE LA PÉNURIE DE SANG

Ce samedi 20 décembre 2025 À la mosquée Maoula, dans la zone industrielle de Koumassi, l’ONG CIAK, en partenariat avec le Centre National de Transfusion Sanguine, a organisé une grande journée de don de sang. Une initiative citoyenne et spirituelle face à la pénurie chronique de sang en Côte d’Ivoire.

Dans un contexte marqué par un déficit préoccupant en produits sanguins dans les hôpitaux ivoiriens, l’ONG CIAK a une fois de plus décidé d’agir. Très tôt dans la matinée, fidèles, membres de l’ONG et habitants du quartier ont répondu à l’appel à la solidarité, transformant la mosquée Maoula en un véritable espace de mobilisation pour la vie.

Mémé Diallo, directeur du centre médical CIAK, décrit la situation qui motive cet engagement.

« La pénurie de sang sur le plan national, ce n’est pas un truc caché », lance-t-il d’emblée. Pour lui, l’action est à la fois un impératif sanitaire et un devoir spirituel. « En islam, sauver une vie, c’est comme sauver l’humanité entière. C’est ce qui nous pousse. »

Il reconnaît cependant que le chemin est long. L’objectif ambitieux de 200 poches pour cette édition n’a pas été atteint, notamment à cause d’une diffusion d’information jugée insuffisante. Au terme de cette journée de mobilisation, trente-huit (38) poches de sang ont pu être collectées.
Son regard est déjà tourné vers l’avenir : « L’objectif est d’accroître la culture du don au sein de nos communautés. »

« Donnez un peu de ce qu’Allah vous a donné gratuitement » : le plaidoyer d’un donneur engagé

Parmi la file des donneurs, Brahima Fofana, fidèle de la mosquée et membre de l’équipe organisatrice, incarne cet idéal de partage. Pour lui, le constat est simple et terriblement concret.

« Quand vous allez dans nos hôpitaux, vous voyez que le besoin est une réalité. Le sang, Allah nous l’a donné gratuitement. Le donner, c’est sauver des vies. »

Son message, délibérément universel, transcende les frontières de la communauté immédiate. « Venez donner votre sang. Ce message est valable pour les musulmans ici, pour tous les habitants de ce pays, et même pour tous les citoyens du monde. »

L’événement, porté moralement par l’imam Ousmane Keïta, démontre la puissance mobilisatrice des institutions religieuses sur des enjeux de santé publique. Le soutien de partenaires privés, comme l’entreprise Carré d’Or qui a offert des kits aux donneurs, complète ce modèle de synergie réussie.

Cette journée a prouvé, une fois de plus, que la réponse à une crise nationale peut naître au cœur des quartiers, portée par la foi et la solidarité. Elle a aussi rappelé une vérité simple, résumée par un donneur : « Le sang est un liquide précieux. » Un liquide précieux, donné ce matin à Koumassi, sans contrepartie, pour des inconnus dans le besoin. Le plus beau des dons.

Conditions pour donner : être âgé de 18 à 60 ans, peser au moins 50 kg, être en bonne santé, ne pas être enceinte ou allaitante.

DIANE MOUSSA