Groupes minutés, carte Nusuk obligatoire, rappel des rites : dans la nuit sainte, un encadreur religieux venu de Bouaké transforme le « petit Hajj » en une mécanique de ferveur et d’ordre.

À peine posés sur la terre sainte, les pèlerins des différents vols sont pris en charge par une mécanique d’encadrement rôdée. Depuis la terre sainte l’imam Idriss Sidibé, encadreur religieux désigné pour le Tawaf, pilote avec une autorité douce l’accomplissement du « petit Hajj ». « Le Tawaf est l’élément clé de la Omra et du Hajj. Sans lui, il n’y a ni Omra ni Hajj », rappelle-t-il, rappelant que tous les pèlerins du contingent étatique, valides comme affaiblis, doivent être guidés dans un même élan sacré.

La séquence rituelle est déroulée avec pédagogie : sept circumambulations autour de la Kaaba, deux rak’ats à hauteur du Maqam Ibrahim, une eau de Zamzam bue avec ferveur, puis les sept allers-retours entre Safa et Marwa. Pour les hommes, la tête sera ensuite rasée ou les cheveux raccourcis ; pour les femmes, une mèche coupée suffira. « C’est cela, la Omra. Nous avons pris l’intention depuis Médine, en état de sacralisation, et nous allons maintenant l’honorer », disait l’imam.
Avant de se diriger vers le Haram, l’imam Sidibé livre ses recommandations essentielles : refaire ses ablutions, se vêtir de l’ihram en toute pureté, et surtout, ne pas oublier la carte Nusuk, désormais obligatoire pour tous les sites cultuels. La logistique est tout aussi millimétrée par les jeunes pèlerins, la commission sécurité, sociale et médicale : un premier groupe descendra de l’hôtel à 21h50 pour un départ groupé à 22h, un second suivra à 22h 30 « Nous avons une fenêtre précise, de 21h à 23h30, pour faire entrer tout le monde dans l’enceinte sacrée et éviter l’éparpillement. Pas une minute à perdre », insiste-t-il.

Alors que la nuit enveloppe déjà La Mecque, les pèlerins ivoiriens, le cœur battant au rythme de la Talbiyah, s’apprêtent à vivre leur premier face-à-face avec la Maison d’Allah. Grâce à une cellule d’organisation dédiée et à la vigilance de l’imam Sidibé Idriss, le Tawaf se fera dans la piété, l’ordre et l’émotion. Rendez-vous au Haram.
DIANE MOUSSA
