Y a-t-il collusion entre le comité actuel de gestion de la mosquée Alif et Aly Shabraoui ?

Tout porte à croire que le comité actuel de gestion de la mosquée Alif d’Attoban, installé après le décès de son premier président, le Sénateur-Maire Ndahou Arouna, entretient désormais des relations pour le moins complaisantes avec Aly Shabraoui. Une situation qui interroge, choque et révolte une large frange de la communauté musulmane.

Il convient de rappeler que le premier président de la mosquée Alif avait été officiellement installé par le délégué de la Communauté musulmane de la Riviera (CMR), propriétaire légitime du terrain de la mosquée d’Attoban. Cette précision est fondamentale pour comprendre l’origine du conflit.

La CMR, une mission historique depuis 1987

Dès 1987, à la suite d’une étude approfondie sur le patrimoine foncier religieux dans la commune de Cocody, la CMR s’était assigné une mission claire : corriger le déséquilibre criant entre les lieux de culte chrétiens et musulmans.
L’étude révélait en effet un seul lieu de culte musulman contre plus d’une vingtaine de lieux de culte chrétiens dans plusieurs quartiers de Cocody. Une situation incompatible avec les exigences de la cohésion sociale, du vivre-ensemble et de l’équité religieuse.

C’est dans cette dynamique que la CMR a contribué à la création de plusieurs communautés musulmanes, notamment à Aghien, Riviera Golf, Riviera 3, Angré, au CHU de Treichville, au CHU de Yopougon, au CHU de Cocody, entre autres.
Le terrain de la mosquée d’Attoban a été acquis dans ce cadre précis, conformément à la vision et à la mission de la CMR.

Comme à son habitude, la CMR a ensuite procédé à l’installation d’un comité de gestion et d’un comité imamal. Ce fut également le cas à Attoban.

Le tournant après la mort du premier président

Peu de temps après le décès du premier président, un tournant décisif s’opère. L’imam officiant aurait été approché par Aly Sabraoui, qui l’aurait subtilement convaincu qu’il serait désormais le « propriétaire légal » du terrain et le seul interlocuteur capable de « régler leurs affaires ».

À partir de ce moment, l’imam, pourtant installé par la CMR, coupe tout lien fonctionnel avec ses premiers bienfaiteurs.
Pour de nombreux observateurs, il s’agit là de la première victoire stratégique de Shabraoui, acquise après l’obtention de son ACD.

Le refus des fidèles et des sages

Cependant, la majorité silencieuse des fidèles et les sachants de la mosquée refusent ce forcing. Ils dénoncent un chantage inacceptable, consistant à promettre à la communauté un terrain de 200 m² sur une superficie totale de 3 488 m².

Les sages de la mosquée Alif parlent ouvertement de « foutaise » et d’« arrogance ». Leur incompréhension est d’autant plus grande qu’ils peinent à accepter qu’un musulman aussi fortuné puisse s’acharner à vouloir arracher un lieu de culte, le seul du quartier du commissariat du 30ᵉ arrondissement, un quartier huppé abritant de nombreux cadres musulmans, prêts à financer eux-mêmes leur mosquée.

Fait notable, même des non-musulmans du voisinage se disent indignés et prêts à témoigner sur l’antériorité de la présence continue et paisible des musulmans sur la parcelle.

Une stratégie offensive assumée

Malgré les appels à la raison, y compris l’intervention de l’imam chitte de la grande mosquée de Marcory, sollicité jadis par feu l’imam Koudouss pour convaincre Shabraoui de renoncer, ce dernier a poursuivi sa stratégie offensive avec constance et malice.

 



Sur les conseils d’un proche, il rencontre le délégué de la CMR à l’immeuble SCIAM, dans une tentative de compromis. Il lui est alors demandé de formaliser ses propositions par écrit à l’attention du PCA de la CMR, l’ambassadeur Thiam Mokodou.
Shabraoui n’écrira jamais, misant exclusivement sur son ACD et sur des relations dites « haut placées ».

L’antériorité, l’arme fatale du dossier CMR

Malheureusement pour lui, Shabraoui n’a jamais réussi à effacer le nom de la Communauté musulmane de la Riviera ni de l’extrait topographique du lotissement, ni des registres de l’Agence foncière.

L’attestation d’achat du terrain délivrée par la Direction des ventes immobilières du Bureau technique des Grands Travaux (DCGTX) demeure la preuve irréfutable de la légitimité de la CMR.
L’antériorité flagrante du dossier de la CMR constitue ainsi l’arme de destruction massive du dossier Shabraoui.

Il s’agit ici d’un combat entre la légitimité et une légalité contestée.
La légalité est une construction humaine, donc perfectible.
La légitimité, elle, est morale, historique et éthique. C’est le fondement même du vivre-ensemble.

Islam Info pris pour cible

Incapable de convaincre l’opinion publique, Shabraoui multiplie les attaques contre Islam Info sur les réseaux sociaux. Un journal qui vient de célébrer ses 20 ans d’existence, jamais sanctionné par les organes de régulation de la presse ivoirienne, reconnu pour son professionnalisme, et dont le fondateur a été récemment décoré Officier dans l’Ordre du Mérite de la Communication.

Il convient de préciser que Shabraoui n’est pas en conflit avec Islam Info, ni même avec le comité actuel de gestion, qui n’est pas à l’origine de l’acquisition du terrain.
Le véritable conflit l’oppose à la CMR, qui a acquis le terrain en 1989, soit plus de dix ans avant l’apparition de sa prétendue “vendeuse”, inconnue des fichiers du BNET, comme l’avait déjà révélé le démarcheur Tito, tristement célèbre dans les milieux du foncier à Abidjan.

Malgré toutes ses manœuvres, Shabraoui n’a jamais réussi à faire disparaître la CMR des registres officiels de l’Agence foncière, démembrement du ministère de la Construction.
Son seul « exploit » aura été, selon l’expression populaire, de transformer un 6 en 9, s’arrogeant une légalité administrative qui ne saurait effacer une légitimité historique et morale.

Les responsables actuels du comité de gestion et de l’imamat sont aujourd’hui face à leur responsabilité historique :
défendre la légitimité ou s’abriter derrière une légalité douteuse, comme le soulignent de nombreux juristes.

Car sans légitimité, ce n’est plus la société, mais la jungle.

 

Abou khal fatim