De nombreuses évacuations à l’université polytechnique de Hong Kong

Une dizaine d’étudiants radicaux étaient toujours encerclés par la police dans l’université polytechnique de Hong Kong, ce mardi 19 novembre dans la matinée. C’est la troisième nuit qu’ils passent assiégés à l’intérieur.

Depuis ce week-end, la « PolyU » (surnom de l’université polytechnique de Hong Kong) est devenue le symbole de l’affrontement entre la police et les contestataires. La situation continue d’y être relativement confuse, explique notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. Le campus est toujours encerclé par des dizaines de camions de police. Plusieurs canons à eau font face et bloquent toutes les entrées de l’université.

Une dizaine de contestataires restants

Une dizaine d’irréductibles restent alors que de nombreux contestataires sortent au compte-gouttes. Ces étudiants ont des visages amaigris et parfois montrent des signes de peur. Ils craignent d’être arrêtés. Ils sont d’ailleurs tout de suite interpellés au check-point devant l’université, au barrage.

L’un d’entre eux, que notre envoyé spécial Stéphane Lagarde a joint cette nuit, expliquait qu’il n’avait pas pu manger depuis 24 heures. Il était resté sans eau. Il y avait une très grande tension qui régnait ce mardi matin et cette nuit dans l’université, notamment entre les plus radicaux d’entre eux et les étudiants plus modérés. Certains sont venus simplement apporter leur aide, ont fait de la cuisine, ont apporté des vivres dans cette université et se sont retrouvés coincés depuis dimanche 17 novembre.

Selon Carrie Lam, près de 600 manifestants, dont 200 âgés de moins de 18 ans, ont quitté l’université au terme de ces deux jours de siège de la police, sans victime pour l’instant, a fait remarquer la cheffe de l’exécutif. Contrairement aux manifestants adultes, ceux mineurs ont pu sortir sans être arrêtés grâce à la médiation de quelques personnalités modérées du camp pro-Pékin durant la nuit de lundi à mardi.

Mais il y a aussi eu une exfiltration spectaculaire, avec plusieurs dizaines de ces radicaux, qui ont pu descendre par une passerelle de béton qu’ils ont occupée par des cordes, prendre des motos et s’enfuir très vite de ce campus. Ils n’ont pas été arrêtés, mais la plupart sont interpellés ici au check-point. Après, on les voit disparaître dans les fourgons. On ne sait pas où ils vont, sûrement en garde à vue.

Carrie Lam tente l’apaisement, Pékin non

Petit signe d’espoir ce mardi matin, quand même, une déclaration de la cheffe de l’exécutif à Hong Kong, Carrie Lam, qui a indiqué s’être entendue avec le nouveau chef de la police, Christ Tang, qui a tout juste été nommé ce mardi, pour trouver une issue non violente à ce qu’elle a appelé « l’incident de PolyU ». Elle a utilisé un ton plus conciliant qu’à son habitude, en ajoutant que son gouvernement traiterait les blessés et les mineurs de manière humanitaire.

Pourtant, ce n’est pas vraiment le sens des signaux envoyés par Pékin, notamment par la voix de son ambassadeur à Londres, qui est déjà intervenu officiellement au sujet de Hong Kong par le passé. Le diplomate a notamment déclaré que si la situation devenait incontrôlable, le gouvernement central ne resterait pas à observer en se tournant les pouces. Il a précisé : « Nous avons suffisamment de détermination et de puissance pour mettre un mettre au désordre ».

rfi