La baisse de foi, si on en parlait ?

ttention ! Cet article est très certainement l’un des plus longs que j’ai écrit sur le blog. Je vais aborder un sujet qui me touche beaucoup et pour lequel je me sens impuissante. C’est un peu comme si je jetais une bouteille à la mer en espérant qu’il en découle quelque chose de positif avec l’aide d’Allah.

Prenez-vous un petit thé ou café et asseyez-vous pour lire tranquillement, parce qu’on est toutes (et tous) concernés…

Il y a quelques jours, j’ai envoyé un mail à mes abonnées pour prendre de leurs nouvelles. Ça faisait un moment que je n’avais rien envoyé, et je tenais quand même à leur dire que je ne les oubliait pas.

J’avais constaté pas mal de choses qui m’attristaient sur les réseaux sociaux, et je me sentais un peu spectatrice d’une communauté qui part à la dérive, et qui s’est laissée aveuglée par ce bas-monde jusqu’à ce que ça se répercute sur sa pratique religieuse.

J’ai donc tout simplement demandé à mes abonnées comment se portait leur foi ? Et qu’est-ce qu’elles aimeraient améliorer dans leur relation avec Allah ?

Parce que constater que ça va mal, c’est bien (enfin non justement), mais réfléchir à des solutions c’est quand même plus constructif. Et pour ça, il faut déjà comprendre d’où vient le problème.

Honnêtement je ne m’attendais pas à être aussi chamboulée par une newsletter ! Habituellement quand j’en envoie, je reçois une vingtaine de messages, 40 max selon les sujets.

Sauf que cette fois-ci j’ai reçu environ 200 messages ! 😱

Très franchement j’aurais préféré ne pas les recevoir, parce que ça montre bien que beaucoup de nos sœurs traversent une période difficile et qu’elles n’ont personne à qui parler.

Sur ces 200 messages, à peine une dizaine m’ont répondu que leur foi se portait bien et qu’elles se sentaient épanouies dans leur religion Allahouma barik. Pour les 190 autres, c’est clairement pas le top en ce moment. 😟 Qu’Allah les facilite et les apaise.

J’ai pris le temps de lire attentivement chacun des messages que j’ai reçu (même si je n’ai malheureusement pas pu répondre à tout le monde. Allah est témoin que j’aurais vraiment aimé pouvoir prendre le temps de discuter avec chacune d’entre elles. )

Pourquoi je parle de tout ça ici ? Tout simplement parce qu’à travers ces messages, j’ai pu mettre le doigt sur certaines choses qui font que nos sœurs se retrouvent dans cet état de mal-être et ne parviennent plus à ressentir le bonheur d’être musulmane.

Religieusement parlant, les causes de la baisse de foi sont connues et il existe de très nombreux prêches ou livres à ce sujet. L’ignorance, l’insouciance, le délaissement du Coran, l’abandon de la prière, la désobéissance et les pêchés, l’âme instigatrice au mal, le diable, la tentation de la vie d’ici-bas, ou encore les mauvaises fréquentations… Toutes ces causes sont celles qui détruisent actuellement notre communauté de l’intérieur. Et je vous recommande vivement de vous instruire sur le sujet pour vous en prémunir.

Un très bon livre à lire sur ce thème : “Comment augmenter sa foi et éviter qu’elle diminue” de Sheikh Abdar Razzaq Ibn Abdal Mouhsin El Badr.

Ce que je veux mettre en avant ici, c’est la manière dont toutes ces causes se traduisent dans notre quotidien. Parce qu’il n’y a pas que les 200 personnes qui m’ont répondu qui sont concernées par le sujet. Et parce que mettre en lumière des problèmes concrets, ça permet de réfléchir à des solutions tout aussi concrètes bi idni Llah.

La solitude, pas toujours un bienfait ?

L’une des raisons qui revient le plus souvent quand nos sœurs évoquent leur baisse de foi, c’est la solitude. En effet il y a une différence entre la solitude choisie qui présente d’immenses bienfaits, et la solitude subie.

Beaucoup de femmes se retrouvent ainsi isolées, parce qu’elles sont converties, parce qu’elles ont un entourage qui ne pratique pas ou peu, parce qu’elles vivent loin de leurs proches, ou dans des régions où il y a très peu de musulmans, ou parce qu’elles n’ont tout simplement pas l’occasion de rencontrer des sœurs.

Ces dernières années on a vu se développer de façon exponentielle les salons entre sœurs. Actuellement la nouvelle tendance est aux séminaires et aux formations. Malheureusement tout cela ne résout en rien (ou presque) le problème de la solitude, d’autant plus que rares sont les événements qui ne contiennent pas de choses douteuses.

Ce dont nous avons besoin, c’est de conférences, de cercles d’apprentissage, de rencontres simples et désintéressées, en petit comité, et tournées exclusivement vers la satisfaction d’Allah.

travail musulmane

Travail / études, faisons la part des choses

Nous vivons dans une société qui définit l’autre par sa réussite professionnelle, son diplôme ou le montant de ses revenus. Depuis tous jeunes, nos parents nous ont inculqué cette idée que pour réussir sa vie, il faut faire des études, avoir un bon travail et gagner de l’argent. Beaucoup de femmes ont donc suivi cette voie toute tracée sans vraiment prendre le temps de réfléchir aux conséquences que cela pourrait avoir sur leur foi. D’autres sont également obligées de travailler par nécessité, devant assumer seules la charge du foyer.

Sauf qu’au bout de quelques années à retirer son voile pour travaillerrattraper toutes ses prières en rentrant à la maison, travailler dans la mixité, participer ou du moins entendre des conversations impudiques, de la médisance, du mensonge, de l’hypocrisie… tout ça finit par sérieusement impacter sur la foi. Même si c’est involontaire, même si la situation est subie, les conséquences sont là malheureusement.

Alors que faire ? Faut-il tout arrêter du jour au lendemain ? Plaquer son travail ? Oublier ses ambitions ? Renoncer à ses études ?

Je ne me permettrais jamais de vous inciter à cela car chacune a des raisons personnelles de s’engager dans telle ou telle voie professionnelle. Je vous invite simplement à vous questionner. Etes-vous obligées de rester dans un travail ou d’études qui ne vous permet pas de vivre sereinement votre foi ? Avez-vous activement cherché d’autres alternatives qui vous conviendraient mieux ? Avez-vous tout mis en oeuvre pour essayer d’améliorer votre situation ?

A chacune d’apporter ses propres réponses. Le seul conseil que je puisse donner c’est d’avoir la certitude qu’en délaissant une chose pour Allah, il vous la remplacera par meilleure.

Les enfants, ce cadeau si éprouvant

En tant que maman de 3 enfants, je sais combien il y a des périodes difficiles et éprouvantes durant lesquelles on a du mal à se maintenir à flot. Certaines vivent des grossesses très difficiles. Vient ensuite toute la période des lochies durant laquelle on ne prie pas, on ne jeûne pas (certaines ne lisent pas le Coran non plus). Puis on vit les premières années de l’enfant qui demandent une attention permanente et engendrent beaucoup de fatigue… Quand on prend ces paramètres en compte, il est évident que c’est tout à fait normal de ralentir le rythme !

L’essentiel est de se rappeler que tout ce que l’on fait et tout ce que l’on supporte pour nos enfants comptera dans notre balance au jour du jugement si on y met la bonne intention.

C’est vrai que ça peut parfois être frustrant, mais c’est important de relativiser et de se rendre compte de l’honneur qu’Allah nous a accordé en étant mères. En s’occupant de nos enfants et de notre foyer, on remplit une obligation religieuse. Il ne faut surtout pas comme quelque chose qui nous éloigne d’Allah. C’est en fait tout le contraire !

Toutefois quelques petites astuces peuvent permettre de maintenir une certaine régularité dans les actes d’adoration, même s’ils sont moindres.

  • Profiter de l’allaitement et des moments où l’enfant a besoin de câlins pour lire ou écouter le Coran.
  • Ecouter des rappels en cuisinant ou en faisant le ménage.
  • Porter bébé dans les bras ou sur son dos lorsqu’il pleure pendant la Salat afin de prier dans le calme.
  • Pour les plus grands, les faire participer aux prières et à la lecture du Coran, et mettre en place un temps calme pour l’apprentissage.

Lorsque le mari n’est pas à la hauteur

Certaines femmes se retrouvent aussi confrontées à un mari qui ne pratique pas ou qui ne partage pas la même vision de la religion. Ceci est une véritable épreuve, pour laquelle elles doivent faire preuve d’une grande patience et multiplier les invocations et les tentatives pour ramener leur conjoint vers le droit chemin.

J’aurais aimé avoir des solutions “miracles” à proposer, mais je ne peux que conseiller qu’elles mettent tout en oeuvre pour discuter avec leur époux. Et qu’elles n’hésitent pas à faire intervenir des personnes de confiance qui pourront jouer le rôle de médiateur si besoin.

Un autre conseil est de se remémorer le magnifique exemple d’Assiya, femme de pharaon. Allah l’a éprouvé en lui donnant l’un des pires époux que l’on puisse avoir. Et sa patience et sa fermeté dans la religion lui ont valu de compter parmi les meilleures femmes du Paradis.

Les problèmes psychologiques

En 5 ans de blogging, j’ai pu recevoir de nombreux appels à l’aide de femmes présentant des problèmes qui relèvent du domaine psychologique. Contrairement à certains préjugés, ce ne sont pas des maladies qui touchent uniquement les non-musulmans. La communauté est toute aussi concernée que les autres.

Dépressionangoisse, culpabilité par rapport à des erreurs du passé, manque d’estime de soi… Tous ces troubles sont bien réels et il n’y a aucune honte à avoir. Par ignorance ils sont souvent considérés comme de la possession, de la sorcellerie, ou tout simplement un manque de foi. Mais il est temps de reconnaître qu’ils constituent des maladies psychologiques qui méritent d’être prises en charge par des spécialistes.

Si vous êtes dans cette situation, n’hésitez pas à contacter des psychologues compétentes pour vous faire accompagner. Je partage avec vous 2 professionnelles de confiance : Emilie Antoine qui propose des consultations en ligne, et “P.E.P.S.I” (Permanence Psychologique Selon la Perspective Islamique) qui offre une permanence gratuite et anonyme.

Le manque d’organisation et la perte de temps

Après la solitude c’est la cause qui revient le plus souvent. On vit dans une société dans laquelle on est tellement sollicités du matin au soir que l’on ne parvient plus à trouver du temps pour les actes d’adoration. Pourtant on a tout le matériel à disposition pour aller plus vite dans tout, mais c’est l’effet inverse qui se produit.

Au final on ne s’en rend plus compte, mais on s’est nous même créé des occupations qui nous volent notre tempsRéseaux sociaux, télévision, ménage, repassage, cuisine, courses tous les jours ou presque… (Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire le ménage^^, mais simplement qu’il ne faut pas tomber dans l’excès).

Toutes ces petites choses mises bout à bout accaparent le peu de temps libre dont on dispose en dehors de nos obligations personnelles ou professionnelles.

Si c’est un phénomène récurrent, c’est peut-être l’un des plus simples à solutionner. Une bonne organisation ça se travaille ! Avec des bonnes méthodes, de la patience, et de la volonté, il est tout à fait possible de revoir ses priorités, de faire un grand tri entre ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas, et ainsi de retrouver du temps pour la religion.

social media

Les réseaux sociaux, le mal du siècle ?

Pour celles qui me suivent sur Facebook ou Instagram, j’ai fait de nombreux posts à ce sujet ces derniers temps. J’avoue que je vois les choses empirer de jour en jour et j’ai envie de tirer la sonnette d’alarme.

Si les réseaux contiennent du bien avec les rappels, l’accès à l’information et à l’apprentissage, le développement des entreprises musulmanes, … Il y aussi beaucoup (trop) de mauvaises choses. La montée en flèche de fausses croyances, l’impudeur, la quête de richesse et de notoriété, le voyeurisme, la médisance et j’en passe… Qu’Allah nous réforme.

De façon insidieuse, tout cela joue énormément sur la foi parce que ça nous fait perdre de vue l’essentiel. Les réseaux sociaux nous conduisent à développer un amour inconditionnel pour ce bas-monde. Ils nous amènent également à commettre des péchés par le regard, les oreilles ou la langue. (Enfin plutôt les doigts qui ont remplacé la parole dans le virtuel.)

Alors bien évidemment, ce serait difficile de tout arrêter du jour au lendemain. Il faut l’admettre, ça fait maintenant partie de nos vies. Mais il devient urgent de s’imposer des limites pour ne pas devenir esclave de nos écrans.

A chacune de réfléchir à ce qu’elle pourrait mettre en place pour diminuer son utilisation des réseaux sociaux. Ça peut-être limiter à un ou deux moments dans la journée, supprimer les notifications, prévoir des journées “off”. Les possibilités sont multiples.

Pour ma part j’ai lancé l’idée du “Jumu’a déconnecté” et j’invite toutes les personnes qui me lisent à participer. Le principe est simple : Pas de réseaux sociaux le vendredi, du matin au soir, afin de consacrer du temps aux actes d’adoration et de retrouver la saveur de ce jour si spécial en Islam.

Il existe certainement d’autres causes et bien plus encore de solutions. N’hésitez pas à me faire part de vos idées en commentaires. 👇🏽

Avenuedesoeurs.com