Le saviez-vous ? Mimar Sinan, le plus grand architecte de tous les temps

L’histoire de l’Islam est remplie d’architectes de génie et les musulmans peuvent sans conteste s’approprier les plus grands monuments de la planète montrant par leurs structures la grandeur de l’Islam à travers le temps.
Le Dôme du Rocher à Jérusalem, l’Alhambra de Grenade en Espagne, la Mosquée Bleue à Istanbul en Turquie sont autant d’exemples de cette tradition architecturale.

Dans la lignée de ceux qui ont marqué leur époque, Mimar Sinan le plus grand architecte de l’empire ottoman est certainement l’un des plus influents de son temps.
Né dans un village d’Agirnas en Cappadoce le 15 avril 1489, Sinan qui est d’origine arménienne est le fils d’un charpentier Grec ou Arménien converti à l’Islam, et c’est auprès de son père qu’il va tout apprendre du métier qui fera de lui un être à part des années plus tard.

Après avoir été recruté dans le cadre du devsirme destiné aux jeunes gens chrétiens convertis à l’Islam, il prêtera comme ses camarades allégeance au Sultan Murat 1er. Après quelques temps passé dans la cavalerie, il intégrera le corps des techniciens pour finalement devenir ingénieur en génie militaire.
Il compte à son actif plusieurs ponts et fortifications et devient le plus grand bâtisseur de l’ère ottomane durant les règnes successifs des sultans Soliman le Magnifique, Selim II et Murat III.

L’un des premiers objectifs de Mimar Sinan fût d’édifier un monument pour l’Islam qui dépasserait en magnificence la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul construite en 537 par les Byzantins pour être par la suite convertie en mosquée après la conquête de la ville par Mehmed II en 1453.
Ce ne fût que le début d’une prolifération de constructions dont il a été le maître d’œuvre, la mosquée Khusruwiyah à Alep en Syrie, la mosquée de l’imam Abou Hanifa à Bagdad et la mosquée de Jalal ad-Din al-Rumi à Konya, tous ces projets lui ont permis de consolider sa formation en architecture et en ingénierie afin de construire les plus grands monuments à la gloire de l’Islam.

Si l’on s’en réfère à l’une de ses biographies, Sinan considérait la Mosquée Selimiye à Edirne comme son chef-d’œuvre avec ses quatre minarets atteignant chacun 80 mètres et son dôme encore plus impressionnant que celui de la basilique Sainte-Sophie. Destinée au fils du sultan Sulayman, Sélim II, celui-ci voulait qu’elle soit un lieu pour tous les musulmans qui y prieraient encore longtemps après sa mort.

Le style de Sinan, inspiré par le savoir des seldjoukides et des Byzantins, est particulier, les formes arrondies et harmonieuses de ses constructions jouent avec les volumes et les lumières pour en tirer le meilleur.
Il a marqué de son empreinte 107 mosquées, 52 salles de prières, 45 tombeaux, 74 collèges de théologie, 8 écoles coraniques, 6 écoles primaires, 3 hôpitaux, 22 hospices, 6 couvents de derviches, 31 caravansérails, 38 palais, 5 villas, 8 citernes, 56 hamams, 9 ponts et 7 aqueducs.

Décédé à Istanbul le 17 juillet 1588 à l’âge de 99 ans, il sera enterré dans un tombeau érigé tout près de la mosquée de Soliman. Ses œuvres figurent aujourd’hui parmi les plus grands symboles de l’Islam, plus de 400 ans après sa mort.

AJIB.FR