Discours du Président lors de l’intronisation de l’Imam El Hadj Bakary Chérif de la grande Mosquée d’Attécoubé le 25 octobre 2001( suite )

Dans le cas particulier de la mosquée, je viendrai ici avant la fin du mois de ramadan pour vérifier si l’Imam CHERIF travaille dans les conditions exigées par le CNI.
Mesdames et Messieurs ces dispositions sont un minimum afin de permettre au guide religieux d’accomplir sa mission. Mais en plus il doit avoir une totale confiance entre vous et l’imam et l’accord parfait sur les missions essentielles de l’islam. Vous devez suivre ses instructions religieuses et écouter ses recommandations. Dans votre rapport avec l’imam il y a d’abord et surtout, ce devoir de respect dont le fondement est d’abord ce lui du au respect de la parole d’ALLAH LE TOUT PUISSANT et la tradition de notre prophète vénéré. Le Conseil National Islamique n’a aucun doute sur la capacité des musulmans d’Attecoubé et leur Imam a travaillé la main dans la main pour la promotion de l’islam dans cette commune mais aussi en Cote d’Ivoire.
Mesdames et messieurs, l’imam que nous intronisons aujourd’hui occupe une place spéciale dans le cœur du président du CNI. Parce que le frère CHERIF est un homme de courage doublé d’une qualité rare chez la plupart d’entre nous et qui est celle de l’humilité et du sens du compromis et par-dessus tout du respect de la parole donnée. Cette cérémonie de ce matin en est la parfaite illustration. Car il y a à peine un an, sur la terre Sainte de l’Islam, ce même CHERIF en plein pèlerinage dans la vallée du Mont ARAFAT et devant des milliers de pèlerins avaient fait le serment de travailler à l’unité des musulmans de Cote d’Ivoire. Vous comprenez pourquoi, le conseil national islamique est particulièrement heureux ce matin en répondant à l’invitation de nos frères et sœurs d’Attecoubé pour s’associer à la cérémonie d’intronisation du président de la OUMMA comme imam de la grande mosquée d’Attecoubé.
Au delà de cette cérémonie le CNI veut ainsi démontrer sa disposition à préserver partout la recherche de l’unité non seulement au niveau de la communauté musulmane mais aussi au niveau de la société ivoirienne. C’est cet état d’esprit qui nous guide dans toutes les prises de position sur tous les débats nationaux. Et que certains appellent ici ou ailleurs l’amalgame entre la politique et la religion. En attendant de publier une étude du CNI actuellement en cours, nous mettons tous les ivoiriens au défit de nous dire quelle est la seule congrégation religieuse, le seul chef religieux de renom dans ce pays, qui ne sait pas prononcer de façon directe ou indirecte, en public ou en privé ou dans les temples et églises, sur les sept principales questions suivantes :
– l’ivoirité en général
– l’ivoirité en particulier de tel ou tel candidat
– l’immigration en Cote d’Ivoire
– le code électoral 95
– les conditions d’éligibilité aux présidentielles de l’an 2000
– le référendum sur la nouvelle loi fondamentale et
– les élections présidentielles d’octobre 2000

Mieux non seulement toutes les congrégations religieuses se sont bel et bien prononcées sur ces sept conditions fondamentales pour les ivoiriens, mais certaines tout au moins certains chefs religieux ont joué un rôle clef dans l’élaboration des réponses à ces questions. En attendant le jugement de l’histoire, mesdames et messieurs le CNI pour sa part est heureux de voir que sa réponse aux sept questions fondamentales est en parfaitement en phase avec non seulement une grande partie des ivoiriens aussi bien parmi les musulmans que les non musulmans mais aussi en phase totale avec les institutions aussi respectables que la CEAO, la CEDEAO, l’OUA, l’UNION EUROPEENNE, l’ONU et les Grandes Puissances. Sur ce chapitre, je voudrais d’ailleurs rappeler que les positions du CNI sur les débats nationaux étaient parfaitement en phase de 1994 jusqu’en fin premier trimestre 2000 avec certains partis politiques et ONG qui nous taxent aujourd’hui de faire l’amalgame tout en oubliant curieusement que leurs nouveaux amis parmi nos collègues étaient plutôt en phase avec les pouvoirs en place. En outre vous remarquerez au passage que dans la
galaxie des associations musulmanes, les positions sur les débats nationaux sont parfois opposées. Ainsi au contraire de certains, aucun responsable du CNI, ni du COSIM n’est membre d’un parti politique ou encore moins député. Nous n’avons jamais fait l’apologie d’un homme politique ou d’un parti politique. Aucun imam ne dirige ni un parti politique ni ne figure dans ses instances en Côte d’Ivoire. Et pourtant c’est un pasteur qui est le commissaire RDR d’ANYAMA, le Pasteur LEKA est Président d’un parti politique, Mel THEODORE le Président de l’UDCI et les candidats malheureux aux dernières élections présidentielles et le Président d’une Eglise et compte dans ses instances centrales de nombreux pasteurs. Dans les mosquées mais aussi dans .les temples et les églises les fidèles ont prié pour que la situation socio politique ne dérape pas. Dans tous les partis politiques il y a des musulmans et à tous les niveaux.
L’importance des hommes religieux notamment ceux de l’Eglise Catholique et Méthodiste a été parfaitement démontrée dans les évènements des 24, 25, 26, et 27 octobre 2000 par leur implication directe dans la lutte entre les protagonistes d’un jour. A suivre …

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